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Réaménagement du marché de Belleville : nos propositions pour les élections municipales à Paris

Enfin ! Après des mois de travail, des multiples réunions et déplacements sur les marchés du nord-est parisien, voici notre diagnostic et nos propositions concernant le réaménagement et l’offre du marché de BELLEVILLE.

N’hésitez pas à nous donner votre avis à la fin de cet article et à vous associer à notre projet ! Vous pouvez également télécharger le document complet en bas.

Diagnostic

Lorsque l’on interroge les habitants sur ce qu’ils pensent du marché de Belleville, le constat n’est guère reluisant : « bas de gamme », « invendus de Rungis », « pas cher », « manque de diversité », « nuisances », « inconfortable », « bondé en fin de matinée »,  « dérégulé »  et « sale et très mal nettoyé ».

Le rôle du marché est-il de servir de débouché aux invendus de Rungis ou doit-il répondre aux attentes des habitants du quartier ? 

Le marché de Belleville, par son offre en produits alimentaires bas de gamme, très largement importée, et par son organisation, est à l’opposé du besoin de proximité et des préoccupations et de consommation responsable exprimées par les habitants du quartier.

Alors que la Mairie de Paris a fait du développement de l’offre bio une priorité et que le Maire du 11e arrondissement a créé un marché bio près de la Mairie, on ne compte aucune offre de ce type sur les 150 stands du marché de Belleville

Inauguration du marché BIO, près de la place Léon BLUM, par Anne Hidalgo et François Vauglin, maire du 11 : un deux poids deux mesures avec notre quartier. Inadmissible

La mauvaise qualité des produits et le manque de diversité ne répond pas aux attentes d’une majorité d’habitants.

Le quartier Belleville Saint-Maur compte 43% des cadres supérieurs. Or toutes les études sur leurs habitudes de consommation le montrent : ils ne sont pas sensibles au prix et sont bien plus attachés à des produits plus qualitatifs et diversifiés : tout le contraire de l’offre du marché de Belleville.

Bien que situé, comme le marché de Charonne, dans le 11e en bordure du 20e et situé dans un quartier dont la sociologie est proche, le marché de Belleville bénéficie pas des mêmes mesures de la part de la mairie du 11e.     

Si l’on trouve sur le marché de Charonne des traiteurs variés en nombre (10 en tout), il n’y en a  aucun à Belleville. Le même constat doit s’imposer s’agissant des bouchers-charcutiers traditionnels : si le marché de Charonne en compte 7 au total, il n’y en a aucun à Belleville.

Etal de fruits appétissants sur le marché de Charonne. Vous ne verrez jamais cela sur le marché de Belleville

Aucune complémentarité de l’offre commerciale du marché avec les commerces sédentaires du boulevard.

Ainsi, plusieurs boucheries ou rôtisseries confessionnelles sont présentes sur le marché, alors que juste à côté, huit commerces sédentaires de ce type pourraient accueillir les clients du marché et bénéficier ainsi de ce surplus de clientèle.

Inversement, aucun fromager n’est présent sur le marché, alors que le quartier Belleville Saint-Maur, qui rassemble 30.000 habitants, n’en compte aucun. C’est un cas unique dans le 11e arrondissement.

Les stands de textile et d’articles de bazar ne cessent de s’étendre et sont presque  majoritaires.

Si dans l’imaginaire collectif, le marché de Belleville est un marché de fruits et légumes, c’est de moins en moins le cas. Cette offre est aujourd’hui supplantée par les stands de textile et d’articles de bazar qui ne cessent de s’étendre et représentent près de la moitié de l’offre du marché. Là encore, en totale contradiction avec le Règlement des marchés parisiens.

« Priorité aux produits frais et bio » dit la Mairie ? Oui partout … sauf sur le marché de Belleville


Se tenant exclusivement en semaine, le marché ne profite, de fait, qu’aux personnes inactives (retraités, personnes au foyer, sans emploi, etc…).

Or le quartier est composé très majoritairement de personnes qui travaillent, paient leurs impôts. Comment leur expliquer qu’ils ne peuvent pas bénéficier d’un marché alimentaire répondant à leurs besoins et adapté à leurs horaires ?

Le marché draine en revanche une large clientèle issue de tout le Nord et l’Est parisien et la banlieue. Il suffit de prendre le métro et les bus les jours de marché pour s’en convaincre. C’est d’ailleurs la raison principale de sa saturation.

Or si le marché ne profite que très minoritairement aux habitants du quartier, ce sont bien ces derniers qui en subissent toutes les nuisances, notamment en termes de bruit et de propreté.

La Mairie de paris refuse d’appliquer le règlement des marchés parisiens au marché de Belleville  

La Mairie multiplie ces dernières années les interdits au nom du développement durable.

Les sacs plastiques sont interdits depuis quelques temps maintenant, mais chacun peut observer qu’ils restent autorisés à Belleville.

Que dire de la lutte contre la pollution ? Alors les véhicules dotés de la vignette « Critic’Air 4 » sont interdits de circulation à Paris, chacun pourra observer que de nombreux camions du marché hors d’usage circulent et stationnent sous les fenêtres des habitants du boulevard.     

Qui n’a pas été réveillé à 3 ou 4 H du matin par l’installation des palettes sur le terre-plein central ? On tolère des nuisances professionnelles au nom du marché, alors qu’on les combat ailleurs.

Enfin, contrairement à d’autres marchés, aucune organisation des invendus n’est organisée,  laissant place à un marché de la misère où des fruits pourris, jetés parfois à même le sol, sont collectés par les plus précaires.

Pendant ce temps, le marché du Père Lachaise, situé sur le boulevard de Ménilmontant, lui se meurt.

La question de l’avenir de ce marché est clairement posée.

L’implantation de ce marché « quasi fantôme » empêche tout réaménagement d’ampleur du terre-plein du boulevard Ménilmontant, puisqu’il faut laisser libre son emplacement et maintenir les places de stationnement pour les camions.

Ou bien ce marché renaît et trouve son utilité, ou bien sa suppression devra être envisagée, pour permettre la revalorisation du boulevard de Ménilmontant.

Quelles propositions ?

Plusieurs pistes d’évolution du marché de Belleville ont été mises à l’étude.

Le 1er scénario dit « Charonne » : consisterait, sans réduction de l’emprise actuelle du marché de Belleville, à organiser comme sur le marché de Charonne, une répartition du marché en deux secteurs :

-maintien de l’offre actuelle en frais 1er prix entre sur le terre-plein entre Couronnes et Belleville ;

-créer une offre plus diversifiée entre Couronnes et Ménilmontant comprenant des produits biologiques et circuits courts, traiteurs, des lieux de convivialité comme sur les autres marchés et un service de livraison comme à Charonne, en reprenant des emplacements aux très nombreux stands de textiles et bibelots.

Ce scenario permettrait d’aboutir à un marché de Belleville pour tous.  

Le 2ème scenario dit « Père Lachaise » consisterait à maintenir l’offre du marché de Belleville en l’état, moyennant quand même quelques ajustements (textile, bibelots, aération du marché) et à engager un travail de diversification du marché du père Lachaise, qui monterait en gamme et deviendrait un marché apaisé.

Cette option préserve la vocation exclusivement  « populaire » du marché de Belleville et permettrait de retrouver une vocation et une utilité au marché du père Lachaise.

Dans  les deux options, la question du maintien de l’organisation des deux marchés uniquement en semaine se pose.

Si l’on veut permettre à chacun, et notamment à ceux qui travaillent, de profiter enfin d’un marché de proximité, la seule solution serait de prévoir son organisation un jour de semaine et un jour de weekend.

Il faudra une volonté politique forte pour faire aboutir ce projet.

Ne nous y trompons pas. Il s’agit, quel que soit le scénario choisi, d’une réforme d’ampleur qui ne peut être actée que lors d’un programme électoral.

Nous venons de vivre une mandature de 6 ans où la marie de Paris a été incapable, faute de volonté politique, de faire appliquer son propre Règlement des marchés parisiens et le droit de circuler.

Une opposition de certains forains n’est pas à exclure.

Mais continuer de céder au chantage des forains  n’est plus admissible. Ils ne font aucun effort pour respecter le mobilier urbain et la propreté du terre-plein central ou pour trier leurs déchets. Des commerçants peuvent-ils pendre en otage un quartier tout entier ? Nous pensons que non.

Il leur appartiendra donc de s’adapter au nouveau cahier des charges du marché de Belleville et de proposer une nouvelle offre de  produits adaptée aux besoins de tous les habitants du quartier. Un accompagnement de la mairie et de la Chambre de commerce et d’industrie pourrait d’ailleurs être prévu.

L’offre des marchés du Nord-Est parisien doit être rééquilibrée   

Personne ne conteste qu’il y ait dans le Nord-Est parisien une demande pour des produits frais d’entrée de gamme. Mais les marchés de Barbès et Belleville ne peuvent assumer seuls ce rôle.

Les habitants du 10e, 19e et 20e arrondissement doivent pouvoir eux aussi bénéficier de cette offre bon marché de proximité, sans avoir à subir le trajet et l’épreuve d’un marché de Belleville saturé.

L’offre en produits premier prix devra donc être accrue en particulier sur les marchés du boulevard de La Villette et de la rue des Pyrénées. Certains forains marchés de Belleville pourraient être ainsi dirigés vers ces marchés.

En résumé :

Organiser le marché un jour de weekend pour permettre à celles et ceux qui travaillent de profiter du marché et de prendre le temps de faire leurs achats en famille

Développer une offre de fruits et légumes qualitative, biologique et/ou circuits courts,  en fromagerie, etc… en récupérant des emplacements sur les stands de textile, bibelots et produits d’épicerie manufacturée

Prévoir des emplacements pour des traiteurs variés, avec possibilité de restauration sur place, pour plus de convivialité

Interdire l’installation du marché à l’extrémité des terre-pleins, ainsi qu’en leur milieu, pour aérer le marché et dégager les passages piétons.

Mettre en place un service de livraison à domicile en vélo cargo

Vérifier que les forains disposent d’un véhicule répondant aux normes anti-pollution lors de leurs inscription, puis chaque année.

Prévoir la possibilité pour les commerçants sédentaires du boulevard de Belleville et du quartier d’occuper des stands

Organiser le tri des déchets et des invendus. Appliquer l’interdiction des sacs et pochette en plastique

Aller plus loin ?

L’une des critiques les plus fréquemment remontées par les habitants, en particulier les femmes, est l’impossibilité de circuler au sein du marché de Belleville, qui est aussi dense que celui de Barbès, alors qu’il se tient sur un terre-plein qui est plus étroit. La systématisation de la braderie à la fin du marché accentue encore le problème et engendre des cohues.

Une idée pourrait consister à ne conserver qu’un linéaire sur les deux du marché de Belleville pour doubler l’espace de circulation au sein du marché. Cette nouvelle organisation permettrait également de libérer l’emprise des places de stationnement le long du terre-plein côté 11E arrondissement : soit au profit d’un élargissement ultérieur du terre-plein, soit pour  permettre un réaménagement de la piste cyclable actuellement située le long du trottoir côté 11e.

Et vous qu’en pensez-vous ?

réaménagement du marché de Belleville
Envoi

Téléchargez la brochure complète avec le diagnostic et les propositions en cliquant ici

Les électeurs face au piège des promesses de piétonisation

Il ne se passe pas un jour sans que les candidats aux élections municipales n’annoncent des projets de piétonisation. Tantôt aux abords des écoles, tantôt des rues entières, tantôt des arrondissements entiers. Ainsi, si Anne Hidalgo est élue, les 4 anciens arrondissements du centre de PARIS et le Canal Saint-Martin seront rendus piétons, avec des conséquences sur le 11e arrondissement voisin, sur lesquelles nous reviendrons  

Le projet de piétonisation du Canal Saint de la Maire du 10e dans le cadre de sa campagne, aura des effets massifs sur la circulation dans le 11e arrondissement sans que ses habitants aient la possibilité de donner leur avis.

Alors, évidemment et spontanément on peut se dire « la piétonisation c’est super ! » Devant de telles promesses, chacun peut se projeter et espérer que cela soit piétonnisé devant chez lui lors de la prochaine mandature.

Mais soyons lucides. Il ne s’agit pas tant d’apaiser l’espace public ou de favoriser la place des piétons, que de lutter contre le trafic automobile. L’objectif premier est de « libérer Paris de la voiture » comme dirait David Belliard, candidat écologiste. Il suffit d’ailleurs de lire le rapport accablant de l’Inspection de la ville de Paris sur la gestion des terrasses, qui sont le problème numéro 1 dans notre quartier. Jamais l’espace public n’a été à ce point privatisé et sur-occupé.

La circulation ne va pas s’évaporer. Elle va se reporter sur les rues avoisinantes et parfois sur des rues moins adaptées pour accueillir un surcroit de trafic automobile, soit parce que la pollution y est déjà importante, soit parce qu’elles sont étroites. Ces projets de piétonisation ne feront pas que des gagnants, il y aura donc des perdants et des victimes.

On se rappelle d’ailleurs assez bien de l’opposition des habitants du quartier devant le projet de piétonisation partielle du boulevard de Belleville. Ce sont les secteurs les plus pauvres ou les plus pollués du quartier qui auraient été victimes du report. Ceux qui prennent le bus 89 auront pu également mesure l’impact de la piétonisation des berges de seine sur les quais hauts : des bouchons, toujours plus de bouchons. Parfois, un simple changement de sens de la circulation dans une rue suffit à pourrir la vie des riverains des rues avoisinantes comme ce fut le cas rue des Maronites, après la suppression d’un sens de circulation sur la rue de Ménilmontant.    

Les reports de circulation prévus s’agissant du transit en cas de piétonisation partielle du boulevard de Belleville

Penser que les futurs élus vont veiller à limiter les reports ou à les rendre soutenables est selon nous une vue de l’esprit. Ce n’est pas leur intérêt. En piétonnisant, on reporte augmente la circulation sur les riverains des rues avoisinantes, qui à leur  tour qui vont réclamer le départ des voitures, et ainsi de suite, par capillarité, jusqu’à éradication complète de la bagnole. En rendant la situation insupportable, on augmente le rejet social de la voiture et l’on gagne de nouveaux militants de la lutte contre les voitures. C’est un vieux principe : inoculer le mal est reste le meilleur moyen de développer des défenses naturelles.

Le Journal Le Parisien le montre très bien. La réduction de l’espace de la voiture ne signifie pas baisse de la pollution et moins de bouchons.  

Ces promesses de piétonisation posent également la question des critères d’identification des rares rues concernées. L’expérience nous montre que ce sont surtout les habitants les plus influents auprès de la Mairie, les plus mobilisés qui remportent la mise dans les projets d’aménagement, au détriment des sans-voix et des moins informés.

Rien n’indique donc que ces choix seront justes, ne serait-ce que socialement, ni même concertés. Mais les élus concernés auront beau jeu de dire « c’était dans notre programme », phrase très souvent entendue, oubliant au passage qu’ils s’étaient bien gardés de dire où et quelles en seraient les conséquences pour les autres rues des quartiers ou arrondissements voisins.

Un marché de dupe qui peut parfois se retourner contre les riverains des rues piétonnisées.

Y compris pour les rues piétonnisées, l’apaisement n’est pas toujours au rendez-vous. Il suffit de regarder ce qui se passe aux Halles ou rue Montorgueil faute de volonté de la ville de faire respecter leur caractère piétons.

Et s’il fallait choisir une rue dans le 11E arrondissement à piétonniser personne peut sérieusement penser que cela sera dans notre quartier. Piétonniser les rues Oberkampf, Saint-Maur ou Jean-Pierre Timbaud et ce sont aussi les clients des bars qui déferleront sur la chaussée au milieu de la nuit. Piétonniser la rue Faubourg du Temple et c’est la prostitution qui s’étendrait sur la chaussée. Piétonniser les rues de l’Orillon ou Louis Bonnet c’est offrir un cadre idéal et apaisé aux dealeurs.

Enfin, quand cela marche et que l’on parvient à apaiser la rue et y éviter que d’autres nuisances prennent le relais, on créera  un effet d’aubaine massif pour les propriétaires des immeubles de la rue concernée. On peut dès lors légitimement se demander au nom de quel principe et de quelle justice, on revaloriserait ainsi des biens immobiliers, déjà hors de prix, aux frais du contribuable. Est-ce d’ailleurs le rôle d’une collectivité territoriale de favoriser la spéculation ?

En conclusion, et on le voit, ce type de promesse est politiquement très habile, car chacun peut espérer le temps de la campagne que ce sera devant chez lui. En pratique, chacun aura moins de 1% de chance de voir ce rêve devenir réalité et au moins autant de chances d’en faire les frais.

Découvrez le questionnaire adressé aux candidats à la Mairie du 11e arrondissement

Notre quartier souffre d’un retard considérable d’entretien de voirie, de manque d’espaces verts. son tissu commercial rencontre de nombreuses problématiques comme les locaux vacants dans le cœur du quartier et la monoactvité de bars dans les rues Oberkampf, Timbaud et Saint-Maur.

A quelques semaines des élections, nous avons voulu savoir ce que proposaient les candidats pour notre quartier. Vous trouverez ci-après le message qui leur a été adressé et plus bas, un lien vers le questionnaire. Nous publierons les réponses reçues, ainsi que l’analyse que nous en faisons.

Mesdames et Messieurs les candidats et candidates,

Nous vous prions de bien vouloir trouver en pièce-jointe une questionnaire qui vous est adressé dans la perspective des prochaines échéances. Naturellement, vous êtes libres d’y apporter des compléments d’information sur d’autres propositions qui concerneraient le quartier ou de ne pas répondre à certaine d’entre-elles. Un retour est attendu pour le lundi 24 février 2020, 20h.

L’analyse qui en sera faire fera l’objet d’une publication sur notre site internet (22.000 vues annuelles) et d’une édition papier tirée à 5.000 exemplaires. Les réponses seront également toutes publiées.


S’il n’entre pas dans vos intentions d’y répondre, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous le faire savoir, pour ne pas pénaliser les autres candidats et le débat démocratique, en retardant inutilement l’exercice. Dans ce cas, le candidats/la candidate est réputé(e) être défavorable à ces propositions/ ne pas souhaiter les mettre en œuvre dans le cadre de son programme

En transparence avec vous, nous informons que les propositions qui vous sont soumises, ont fait l’objet d’une cotation réalisée à partir des votes des habitants du quartier. Le nombre de soutiens s’échelonne de 48 votes pour le projet le moins populaire à 1.673 pour le plus populaire.

Vous le savez, le taux d’abstention dans notre quartier est de 5 à 10 point inférieur à celui  constaté dans l’arrondissement. Nous nous fixons comme objectif de réduire cet écart d’un tiers à l’occasion de cette échéance. Vous avez, comme candidat(e), une responsabilité particulière pour raccrocher ses habitants de notre quartier aux institutions et les intéresser au débat démocratique.

Nous vous en fournissons ici l’occasion.

POUR TELECHARGER LE QUESTIONNAIRE CLIQUEZ ICI

Quels commerces pour le quartier Belleville Saint-Maur en 2020 ? découvrez nos propositions

Le quartier souffre historiquement d’un problème important de vacance commerciale  dans ses rues intérieures. Cela avait conduit la ville a créé la SEMAEST un organisme chargé de préempter les locaux vacants pour y installer des commerces depuis 2004.

En 2016, l’objectif a été élargi à la lutte contre la prolifération des bars, avec l’objectif d’y diversifier les commerces.

Un bilan marqué par l’abandon de notre quartier et l’aggravation des fractures commerciales.   

Après 15 ans, il y a dans le quartier deux fois moins de commerces pour 1.000 habitants qu’en moyenne,  dans le 11e arrondissement.

La situation de l’artisanat est catastrophique. Il est assez notable par exemple d’observer par exemple que sur les très nombreux lauréats du Concours « Fabriqué à Paris » en 2019, aucun n’est établi dans notre quartier.   

La mairie a aggravé la situation en accordant des autorisations visant à transformer des locaux d’activité en logements, intensifiant ainsi la désertification commerciales de nos rues. 

Contrairement aux engagements pris par le Maire du 11e arrondissement et la présidente de la SEMAEST aucun local n’a été préempté pour lutter contre la prolifération des bars. Les activités d’hôtellerie et de restauration sont surreprésentées : 27 %, contre 16 % à Paris.

Selon le bilan dressé en 2018 par le Conseil de quartier, le nombre d’acquisitions de locaux par la SEMAEST dans notre quartier est 5 fois inférieur à l’investissement dont elle fait montre dans le quartier Sedaine-Popincourt.

Cette asymétrie dans le traitement des quartiers du 11e arrondissement, qui ne peut qu’accélérer le décrochage de notre quartier vis-à-vis des quartiers, n’est pas admissible.

Nous ne pouvons pas non plus souscrire à la tentation de la SEMAEST de privilégier dans sa politique d’intervention, l’acquisition de locaux présentant les meilleurs potentiels de revente. Il nous semble, au contraire, qu’il faut intervenir sur les situations les plus difficiles, sauf à envisager un renforcement de la partition commerciale du quartier, qui serait intolérable.

Propositions :

La lutte contre le développement des bars passe par des préemptions mais également par une politique  cohérente

Nous demandons d’abord que la situation du quartier Belleville Saint-Maur fasse l’objet d’un traitement paritaire avec celle de quartier Sedaine-Popincourt et pour y parvenir, qu’un rattrapage en termes d’acquisitions de locaux soit engagé et opéré sans tarder.

La Mairie de Paris n’est par ailleurs pas démunie de moyens juridiques. Et le droit de préemption ne saurait constituer le seul mode de régulation des débits de boisson dans notre quartier.

La cohérence militerait ainsi pour que le refus de droit d’occupation du domaine public (terrasses) soit plus systématiquement envisagé et opposé pour dissuader l’installation des débits de boisson ou faciliter leur départ, dans les zones les plus concernées par cette problématique.

En effet, nombre de projets d’installation de débits de boisson dans le quartier n’auraient pu voir le jour, s’ils n’avaient fait l’objet d’une de la part des services de la mairie d’une très grande bienveillance. 

Par ailleurs, il doit être constaté que la Mairie n’utilise pas ses prérogatives en matière d’urbanisme commercial.

La multiplication des devantures de restaurants et débits de boisson, intégralement escamotables, génère une amplification du bruit à des niveaux sonores insoutenables pour les riverains, en particulier le soir et la nuit, en particulier rue Jean-Pierre Timbaud.

Une réflexion doit également s’ouvrir sur détournement des licences de restauration.

Alors que la loi prévoit que pour les restaurants, la boisson n’est que l’accessoire du repas, celle-ci tend, dans certains restaurants du quartier, à devenir la principale prestation et source de revenus, accompagnée dans le meilleur des cas, par une simple planche de fromages ou de charcuteries. Chacun connait les dérives engendrées par cette pratique, en termes d’ivresse sur la voie publique et de nuisances sonores.

L’expérience récente montre par ailleurs que le développement de brasseries artisanales, de restaurants ou d’auberges de jeunesse, promu par la Mairie, a favorisé le développement des nuisances.

En effet, la multiplication des évènements visant à attraire des publics supplémentaires, l’organisation de soirées musicales dans ces établissements, l’intensité de leur utilisation du domaine public produisent les mêmes effets que les débits de boisson.

La SEMAEST doit donc être mobilisée non seulement pour limiter le nombre des débits de boisson, mais celui également des restaurants, dans les secteurs ou leur développement est le plus problématique.

Les secteurs prioritaires     

En termes de densité de débits de boisson et restaurants, la rue Oberkampf est presque à saturation. La priorité parait donc devoir être donnée à l’acquisition des locaux des débits de boisson existants, pour en faire diminuer le nombre. A cet égard, un objectif de 20% en 6 ans paraît raisonnable

S’agissant de rues Jean-Pierre Timbaud et Saint-Maur, il subsiste, un potentiel de développement supplémentaire des débits de boisson, qui appelle une politique volontaire de prévention, qui passe par le repérage de locaux commerciaux qui sont susceptibles d’accueillir cette activité et leur acquisition.

Une attention particulière doit être portée à la rue Edouard Locroy sur laquelle est en train de se créer un véritable corridor de nuisances entre Timbaud et Oberkampf.

Sur ces 4 rues, une réflexion doit également s’ouvrir concernant l’acquisition des locaux commerciaux exigus, propices à l’installation de vendeurs d’alcool ou de produits de restauration rapide, responsables pour une large part des souillures qui affectent ce secteur. 

La lutte contre la vacance commerciale

Il est essentiel de ne pas diluer l’intervention de la SEMAEST, mais au contraire de concentrer ses efforts sur le cœur de quartier, qui est dépourvu de commerces, ainsi qu’en atteste les travaux de l’APUR.

Il est suggéré de retenir les rues Moret, de l’Orillon, du Moulin Joly et Morand, dont la situation commerciale est objectivement dégradée, voire quasi-inexistante, avec pour objectif d’y créer des polarités commerciales.

Les expériences récentes montrent que l’acquisition par la SEMAEST d’un unique local isolé dans une rue est particulièrement difficile à louer et ne suffit pas à créer une dynamique commerciale.

Les projets d’acquisition doivent donc impérativement porter sur plusieurs locaux et s’accompagner d’un travail sur la complémentarité des commerces. Un magasin de jeux trouvera ainsi plus facilement sa place à proximité d’une librairie et une crèmerie serait plus pertinente à proximité d’une boucherie ou d’un caviste. 

Il conviendra là encore de veiller à la cohérence des choix politiques opérés par la Mairie du 11e arrondissement. Ainsi, la création d’un centre d’Évaluation des Mineurs Isolés Étrangers au 5 rue du Moulin Joly, qui génère le stationnement sur la voie publique de mineurs ou jeunes majeurs migrants souvent agités, en nombre important et la distribution non encadrée de repas sur l’espace public, juste en face d’un local commercial pour lequel la SEMAEST a eu énormément de difficultés à trouver preneur, est incompatible avec le développement commercial de ce secteur, souhaité par les habitants.

Typologie des commerces

La nature des commerces installés par la SEMAEST doit faire l’objet d’une vigilance particulière et répondre aux besoins effectifs des habitants du quartier.

Dans un contexte où l’actuelle mandature a vu se renforcer la fracturation commerciale au sein du quartier, le maintien de commerces accessibles à tous au sud du quartier et la promotion d’une plus grande diversité commerciale et d’une offre de meilleure qualité au nord doit être recherchée.

Nous observons à cet égard que le quartier accuse un retard certain en termes d’offre en produits biologiques et issus des circuits courts, par rapport aux autres quartiers du 11e arrondissement, ce que confirme l’analyse de la BDCOM.

Une attention particulière doit également être portée à la démographie médicale dans le quartier tant pour les médecins généralistes, que pour les spécialistes pour un meilleur service aux habitants dont les besoins sont importants.

Si le quartier apparait particulièrement bien doté en librairies généralistes, il n’en va pas de même des magasins de presse qui ont tous fermé contrairement à la situation qui prévaut à Belleville (20e). Un effort pourrait être envisagé.

La question des salons de thé-chicha est fréquemment évoquée, notamment leur concentration sur la rue Saint-Maur. Toutefois en l’absence de problème avéré et au regard de leur importance pour la socialisation, notamment des jeunes, nous ne proposons pas d’action particulière à ce stade, si ce n’est, en cas de cession, de parer à l’installation d’un débit de boisson.

La situation des populations immigrées doit également appeler une réponse dans un contexte où la quasi-totalité des cafés dits communautaires ont été remplacés par des bars qui leur sont inaccessibles (à l’exception des cafés tabacs/ PMU) et la tendance des bars et brasseries du quartier à refuser de servir des boissons chaudes après 16H.

Les intéressés se voient aujourd’hui privés de lieux de socialisation bon marché où jouer aux cartes et aux dominos. Cette situation est accentuée par la politique de transformation des hôtels de location dits « au mois » en logement social. Aujourd’hui, les mosquées et salles de prière, le Mac Donald et les bancs publics constituent les derniers lieux de socialisation de ces habitants, notamment des Chibanis. La création d’un café associatif au sein du quartier répondrait à cette problématique. 

Enfin, nous ne sommes pas opposés à l’installation d’activités « calmes » de services (hors commerce) aux particuliers ou aux entreprises dans le quartier, ainsi qu’au développement d’activité artisanales. Celles-ci doivent toutefois être en priorité ciblées et localisées sur les artères les plus concernées par les nuisances et non sur les rues souffrant déjà d’un déficit d’animation.

Ainsi, l’installation par la SEMAEST de la Fontaine O Livres, rue de Vaucouleurs a permis de mettre fin à la vacance d’un local. Toutefois, Cet établissement étant complètement fermé au quartier, il ne contribue pas à son animation, dans un secteur pourtant déjà sans vie. De la même manière, l’installation par un bailleur social des bureaux du théâtre de Belleville, rue de l’Orillon, répond pas aux attentes et aux besoins des habitants, ni aux enjeux de ce secteur.

Expérimenter une aide à la création ou la conversion de commerces dans le quartier

Il est proposé d’accompagner une évolution nécessaire de ces commerces et locaux commerciaux, par le versement d’une aide à la création ou à la conversion vers des activités plus diversifiées et utiles aux habitants telles que la vente de  produits alimentaires biologiques, issus de circuits courts, habillement, équipement de la maison,  produits culturels, etc…

Le montant de l’aide à l’investissement sera plafonné à 30.000€ par commerce.  La nature des  dépenses prise en charge sera très large : travaux de transformation intérieure et extérieure du commerce, mobilier, présentation des produits, hygiène, attractivité, environnement de travail, sécurité, économies d’énergie, tri, recyclage,  etc..

L’allocation de l’aide se fera dans le cadre d’un appel à projets.

Pour télécharger nos propositions cliquez ici

Des nouvelles du réaménagement du square Jean Aicard

Les habitants ont voté deux années de suite pour le réaménagement du square Jean Aicard dans le cadre du budget participatif pour un budget de 450.000€. Une 1ère réunion de diagnostic et d’échanges de vues entre les porteurs de projet a eu lieu à la Maire du 11e arrondissement.

Diagnostic :

Le square est divisé en 3 parties séparées, séparées par deux placettes, dont l’une est fermée à la circulation.

Le square est installé sur un terre-plein. C’est en réalité un couloir de  200 m de long et seulement 12,5M de large. Entouré d’immeubles assez hauts, il ne bénéficie pas d’un important ensoleillement. L’absence d’ouverture latérale le rend peu accueillant. La largeur insuffisante du square explique qu’il ne compte pour seule végétation que les haies qui l’enserrent. On pourra difficilement faire mieux. Les douze arbres autour du square pourraient éventuellement voir leurs pieds végétalisés.

1ere partie : l’aire de jeu de 330m² est en mauvais état. Des équipements ont été retirés non remplacés, d’autres sont dégradés. Ils seront remplacés.

Le 2ème espace, qui est le plus petit des trois, comporte une table de ping-pong, des bancs pour se poser et 4 jardinières partagées, qui sont également en mauvais état, mais leur remplacement est prévu. Une équipe du centre d’accueil thérapeutique est présente une fois par semaine pour s’en occuper, mais leur usage doit être dynamisé.

Le boulodrome, qui est le 3ème espace du square, est très vaste (54 m de long). Selon la Mairie et certains riverains, il reste sous-utilisé. Seule une partie sert aux parties de pétanques, l’autre est en générale libre, sauf évènement particulier.

Débats :

Les possibilités de réaménagement du square sont objectivement limitées. La présence importante de réseaux souterrains empêchent par exemple de déplacer les grilles ou d’étendre le square en reprenant de l’espace sur les placettes situées entre les 3 parties du square.

Pour le boulodrome, l’idée serait que cet espace (qui est en théorie ouvert à tous à l’exception du club house) serve également à d’autres activités. Le partage de l’espace simultané pose toutefois la question de la protection contre le jet de boules de pétanque.

Les débats ont également porté sur le sort des placettes. Elles pourraient être agrémentées d’assises. Les pavés pourraient être enherbés. Le Conseil de quartier a toutefois insisté sur la nécessité de consulter les riverains devant le risque de nuisances.

Les associations (prévention spécialisée et Centre Victor Gelez) ont alerté sur le fait que l’un d’elle sert de terrain de foot pour les jeunes du quartier et proposent de transférer cette activité sur l’espace dédié table de ping-pong et au repos ou sur le boulodrome. Une autre solution, moins satisfaisante, pourrait consister à faire fermer cette  placette pour leur permettre de jouer en toute sécurité.

On peut comprendre la demande d’espace pour faire du foot. Toutefois, il y a un problème de cohérence, la Mairie a détruit le TEP de l’Orillon pour le transformer en gymnase et le TEP Ménilmontant a également été détruit. Elle a également refusé de discuter des usages de la place Jean Ferrat, en y installant des rochers d’escalade.

Nous ne sommes pas certains que transformer un square aussi petit en terrain de foot, dans un quartier dépourvu d’espaces verts, soit la solution. Nous tenons au maintien d’un espace de respiration. En outre, la table de ping-pong a été financée par le Conseil de quartier et c’est le seul équipement de ce type dans le quartier.  

Enfin, cette idée sur laquelle les associations ont très largement insisté pose la question de la place des filles dans l’espace public. Nous serons très attentifs.

Une solution aurait été de récupérer l’intégralité du boulodrome. Mais on peut comprendre le refus des boulistes de quitter leur espace. Ils l’entretiennent et régulent le secteur depuis des années et des années. Encore fallait-il leur proposer un autre espace. Pour notre part, nous étions et restons partisans de la création d’un terrain de pétanque sur la place jean Ferrat, ce qui permettrait de libérer complètement le square de cet usage quasi-privatif.

Enfin le cas de pigeons a été évoqué. Ce problème est bien connu des riverains et des usagers du square. Une solution devra être trouvée avec par exemple la création d’un pigeonnier.

En conclusion, à ce stade rien n’est arrêté.  Nous vous donnons rendez-vous après les élections municipales pour une réunion ouverte aux habitants et riverains.

Galeries d’art à Belleville : la fin d’une époque ?

Le Journal des Arts, dans un article récent, alerte sur le devenir des galeries de Belleville.

Le Journal des Arts nous annonce ainsi le départ d’Antoine Levi, une galerie majeure de Belleville et de la rue Ramponeau, qui quitte le 20e arrondissement pour rejoindre le centre de Paris. Il rappelle que plusieurs espaces d’exposition ont fermé récemment.

Après une décennie d’effervescence, Belleville aurait perdu de son éclat.

Quand tout commence en 2003, le quartier présentait des atouts en termes à la fois de centralité et de loyer raisonnable. C’était aussi une zone de mixité sociale et cela correspondait aux valeurs progressistes des artistes. C’est à Belleville que les choses se faisaient. Selon un galeriste, “ces galeries ont été les premières à montrer l’art émergent d’artistes internationaux”.

Parmi celles qui ont réussi à se faire une place dans le monde de l’art grâce à Belleville, comme High Art, Gaudel de Stampa, et bientôt Antoine Levi, plusieurs ont dû déménager car le quartier ne permet pas de se développer. Selon une de ces galerie, “les loyers de Belleville ont augmenté et il y a très peu d’opportunités en termes d’espace pour s’agrandir”.

Pour Philippe Joppin, de High Art, qui a déménagé en 2017 dans le 9e arrondissement, c’était aussi une question d’image. « Notre espace ne correspondait plus à ce que l’on voulait refléter. Nous voulions plus de visibilité, plus de passage et renouveler les expositions de nos artistes »,

Belleville rassemblait jusqu’ici neuf galeries en son épicentre et vingt à l’échelle de l’arrondissement. L’association « Le Grand Belleville » rassemble désormais la plupart des galeries du quartier. Il y a une véritable volonté de faire de Belleville un lieu culturel, un passage obligé dans le parcours des collectionneurs. Il règne un réel « esprit de quartier » entre les galeries, qui organisent des événements en commun comme des dîners et vernissages.

Toutefois, outre la question du loyer, le temps de l’effervescence serait révolu. « Il faut reconnaître un certain essoufflement de Belleville qui est lié notamment à l’implosion du marché de l’art, analyse Antoine Levi. Il y a un affaissement des visites à Paris, un trop-plein de foires et le public se dilue. ».

Pour de nombreux galeristes, le foisonnement de l’offre à Paris rend caduque la notion de “quartier“. “ Il y a une telle dispersion et Paris est si cher qu’il n’y aura plus d’espace fédérateur pour les galeries », estime Denis Gaudel. « Bientôt, avec le Grand Paris, les frontières géographiques de la ville vont évoluer, il n’y aura plus d’idée de quartier », ajoute Philippe Joppin.

Le Mécano bar, institution de la rue Oberkampf, pourrait être remplacé par une chaîne de fastfood.

Le Mécano Bar, qui fait aussi restaurant et salle de concert, est ouvert depuis plus de 20 ans. C’est une institution de la rue Oberkampf. Il tire sont nom de l’ancien atelier de petite mécanique, dans lequel il s’est installé.

Nous avons appris sa fermeture.

Un changement reste possible, mais le Mécano Bar pourrait être remplacé par une chaîne de fastfood. Nous pensons qu’il pourrait alors s’agir de la société TGB « The Good Burger » qui appartient au groupe espagnol RESTALIA (780 établissements dans 11 pays). TGB  aurait acheté à la fois le fonds de commerce et les murs du Mécano bar.

Cette perspective, si elle se confirmait, serait un très très mauvaise nouvelle pour le quartier et il y aurait objectivement de quoi être en colère.

Le Conseil de quartier, dans un courrier de juillet 2018 avait en effet mis en garde le Maire du 11e arrondissement et Joëlle Morel adjointe écologiste et présidente de la Semaest, sur la nécessité de préempter les locaux en pied d’immeubles rue Oberkampf, la situation ne cessant de se détériorer.

Ils ont refusé d’agir et choisi de privilégier d’autres quartiers du 11e arrondissement. Le résultat de l’inaction de la Mairie du 11e et de la SEMAEST se fait aujourd’hui durement sentir, avec des effets difficilement réversibles.

En achetant les murs, la société espagnole fait en effet un pari de long terme, celui du maintien de la vocation exclusivement festive de ce secteur de la rue Oberkampf et de l’inaction durable des pouvoirs publics.

Est-ce d’ailleurs un total hasard si cette société a choisi précisément notre quartier pour y implanter ce qui sera son premier établissement en France et à Paris ? Nous pensons malheureusement que non.

Cette situation illustre également l’hypocrisie des élus. Toujours prompts à se mobiliser, comme récemment, contre l’installation d’un McDo place de la Nation, rénovée à grands frais, au nom de la lutte contre la malbouffe, mais qui dans notre quartier, alors qu’ils en avaient les moyens juridiques et financiers, ne se sont pas opposés à cette transaction.

Ils n’ont pas bougé le petit doigt, alors que non loin de là, nous avons déjà un Mc DO et un KFC et plus largement, la plus forte concentration de fastfood du 11e  arrondissement. On peut ainsi manger des produits saturés en graisses et en sucres dans le quartier Belleville Saint-Maur, mais surtout pas Place de la Nation.   

C’est également la qualité de vie des habitants qui va s’en trouverait à nouveau dégradée. Chacun a pu mesurer les effets dévastateurs du développement des livraisons du Mac-Do et du KFC avec la multiplication des trajets des scooteurs bruyants et polluants et leur stationnement sur les trottoirs, sans qu’aucune verbalisation n’intervienne.

Il est assez probable que le nouveau fastfood ait lui aussi recours à Deliveroo et Ubereats, intensifiant le trafic des 2 roues moteur dans le quartier. Le nombre de livraisons sera d’ailleurs d’autant plus important, qu’étant le seul établissement de la chaîne, sa zone de chalandise sera très vaste, avec des livraisons dans tout Paris.

Au-delà, c’est la production des déchets et les livraisons en camion qui vont augmenter. Un contresens total.

Cet épisode met enfin en exergue que ce n’est pas tant contre la malbouffe, que contre l’installation d’une multinationale qu’il s’agissait de lutter place de la Nation dans un contexte préélectoral. Il s’agit comme trop souvent d’une posture politicienne et d’affichage, plus que de défendre l’intérêt des habitants.

Pour nous, il n’y a pas d’un côté la malbouffe inacceptable des multinationales et de l’autre, celle qui serait acceptable, parce qu’elle serait vendue par des autres sociétés ou des entrepreneurs individuels.

La comédie a assez duré.      

Découvrez les 3 candidates à la Mairie du 11e arrondissement et leurs premières propositions pour le quartier Belleville Saint-Maur

Il est grand temps de vous présenter les 3 candidates à la Mairie du 11e arrondissement, issues de mouvement politiques différents, elles ont en commun d’êtres très attachées au 11e arrondissement et de bien le connaître. Elles nous parlent de leur parcours, de l’arrondissement et du quartier. Elle émettent leurs premières propositions pour le quartier Belleville Saint-Maur.

Elles vous sont présentées par ordre alphabétique.

Pépita CAR (Liste “Décidons Paris”, avec Danielle Simonnet et Vikash Dhorasoo )

J’ai 31 ans. Je suis écolo féministe et gilet jaune.

Formée à l’EM Lyon (Grande Ecole de Commerce) et à l’ENSATT (management culturel), je travaille ou ai travaillé à la direction, au développement et à l’accompagnement de projets culturels en France et à l’étranger (services culturels des Ambassades de France). J’ai toujours considéré mon métier comme politique, l’art vivant étant un médium d’expression, de contestation mais aussi de rassemblement et de vivre ensemble.

Militante chez Greenpeace et Gilet Jaune depuis les premiers samedis, je suis notamment à l’origine de l’appel des artistes « Nous ne sommes pas dupes » en solidarité avec les Gilets Jaunes.

Le 11ème arrondissement représente à la fois : mes études en colocation dans le quartier de Belleville Saint-Maur ; mon travail, ce quartier étant culturel par excellence ; et aussi notre futur où je veux porter cette vision « communaliste », défendue par Décidons Paris.

Pour moi le « communalisme », c’est reprendre le contrôle de sa vie et de sa ville par une démocratie radicale, plus participative, plus directe, avec tout.e.s les habitant.e.s. Concrètement, aux niveaux des quartiers, c’est la mise en place d’assemblées des communs. Pour aujourd’hui, c’est co-élaborer notre programme et constituer des listes populaires. Et demain, exercer ensemble notre rôle de citoyen.ne.

Le 11ème arrondissement est l’arrondissement le plus dense de Paris et aujourd’hui il souffre d’un manque d’espace public et d’espace vert, d’un déséquilibre entre les quartiers et d’éco-gentrification (une écologie aveugle aux questions sociales, qui ne profite qu’à certaines personnes et certains quartiers).

Avec Décidons Paris, nous défendons une écologie sociale populaire qui profitera à tou.te.s, en développant localement des systèmes d’entraides et d’auto-organisation. Nous défendons un vrai plan d’investissement public pour plus d’espaces communs verts, pour retrouver du lien social. Nous misons sur la jeunesse et un quotidien apaisé, notamment avec des loyers encadrés. Enfin, nous voulons d’une campagne dans la rue, auprès des habitant.e.s et des luttes qu’ils-elles portent comme au TEP de Ménilmontant, au Palais de la Femme ou encore à La Générale.

Signez l’appel de Décidons Paris et rejoignez-nous dans les Assemblées des communs, au niveau de Paris et des arrondissements : https://decidons.paris/lappel/ Construisons des listes citoyennes ensemble, portez-vous candidat.e.s ici : https://decidonsparis.typeform.com/to/LscUeD

Co-élaborons un programme et rejoignez nos groupes de travail thématique : https://nous.decidons.paris/groupes

Suivez notre actualité sur nos pages Facebook : Pour le 11ème : https://www.facebook.com/decidonsparis11 Pour tout Paris : https://www.facebook.com/DecidonsParis/

Nelly GRANIER (Liste Rachida Dati)

J’ai 35 ans. Je suis mariée et j’ai 2 enfants. Je suis titulaire d’un Master de littérature française et d’un Master Affaires publiques à Sciences Po Paris. Je suis directrice associée en agence de communication

Membre du conseil de quartier Arsenal de 2012 à 2014, j’habite le quartier Bastille depuis 12 ans, après avoir habité boulevard Beaumarchais. Plusieurs membres de ma famille ou amis proches habitent le 11e arrondissement, rue Amelot, Boulevard de Ménilmontant, rue Saint-Maur, etc. C’est un arrondissement où, avec ma famille, nous nous sommes ancrés et avons noué de nombreuses amitiés depuis des années.

Engagée à l’UMP puis aux Républicains depuis 2007, où j’ai notamment exercé les fonctions de directrice des études. Je suis actuellement la directrice de la campagne de Rachida Dati pour les élections municipales à Paris.

L’équipe sortante a complètement délaissé cet arrondissement qu’elle considère comme lui étant acquis. Aujourd’hui, le 11ème arrondissement résume à lui seul ce dont les Parisiens ne veulent plus avec :

Un espace public négligé, comme le montre le boulevard Richard Lenoir, où pullulent les terriers de rats, la rue Oberkampf souillée par nombre d’incivilités, le boulevard de Belleville laissé à l’abandon. Les poubelles et les encombrants sont légion, la voirie est défoncée, le mobilier urbain tout comme la végétation ne sont pas entretenus…

Une mixité sociale qui ne fonctionne plus, où les habitants se côtoient de plus en plus sans se mélanger car rien n’est fait pour favoriser la vie de quartier et le lien humain. C’est notamment le cas rue du Moulin Joly.

Un logement social dégradé, au mépris de ses habitants, avec une concentration des projets de logements sociaux toujours dans les mêmes quartiers, comme rue Jean-Pierre Timbaud. Ces projets continuels de préemption sont faits au détriment de l’entretien et de la rénovation d’un parc social existant de plus en plus délabré (parties communes, installations électriques, ascenseurs…).

L’anarchie et le chaos dans les rues suite à des travaux et des aménagements ubuesques qui complexifient la vie des habitants au lieu de la simplifier, comme boulevard Beaumarchais ou place de la Bastille.

Aucun effort pour améliorer le cadre de vie des habitants du 11ème, leur créer des espaces de respiration, leur donner envie de s’enraciner et d’élever leurs enfants dans l’arrondissement. Quand des espaces verts ou de loisirs sont créés, comme le jardin Truillot, les risques de nuisances pour les riverains ne sont absolument pas pris en compte, où ils sont complètement hors de propos comme les rochers d’escalade de la place Jean Ferrat.

Par ailleurs, les opérations de « cosmétique végétale » menées par la Ville ne viennent pas compenser le manque et le mauvais entretien de la végétation en pleine terre dans notre arrondissement où de nombreux arbres – pour certains centenaires – ont été tronçonnés car malades ou lors des opérations de réaménagement des places.

En ce qui concerne le quartier Belleville-Saint-Maur, il constitue le stéréotype du quartier laissé à l’abandon, à l’écart des politiques municipales de ces vingt dernières années. Citons notamment :

L’absence de réponse concrète et coordonnée avec la Préfecture de police face aux trafics et à l’insécurité.

Le manque de la volonté nécessaire à la lutte contre la mono-activité festive, comme autour des rues Timbaud, Saint-Maur et Oberkampf, alors que des leviers d’actions existent, notamment au niveau de la SEMAEST.

Le manque d’ambition autour de l’espace public qui reste sale, terne et très abimé.

Le défaut d’entretien du parc de logement (social mais aussi privé), notamment dans le nord-est du quartier. La dernière opération de réhabilitation lourde dans le quartier BSM ayant été menée par Alain Devaquet et Jacques Chirac (autour de la rue Robert Houdin).

Le sentiment d’abandon de ce quartier populaire alors que les moyens matériels de la Ville pourraient avoir un effet significatif sur le lien humain et l’ascenseur social.

Nous voulons faire de Paris une ville où les familles peuvent s’enraciner.

L’ensemble des tarifs municipaux seront diminués pour soulager le budget des familles, à commencer par le prix de la cantine dont le tarif maximum sera abaissé à 3,50 euros contre 7 euros aujourd’hui.

Alors que les Parisiens qui quittent la capitale sont très souvent des jeunes couples à l’arrivée du premier ou du deuxième enfant, je m’engage à créer un chèque Paris d’avenir pour aider les familles de classe moyenne à rester dans Paris à l’arrivée d’un nouvel enfant. Les familles de classe moyenne qui déménagent à l’occasion de l’arrivée d’un nouvel enfant recevront une aide de 1200 euros par an, pendant 3 ans. Et cela dès l’arrivée du 1er enfant.

Il est temps de réorienter le curseur en faveur des habitants, et de leur assurer un espace public propre, entretenu et agréable à vivre, rétablir la sécurité grâce à une police municipale armée dédiée à la lutte contre la délinquance du quotidien.

Notre projet avec Rachida Dati visera notamment à soutenir les familles qui doivent pouvoir s’enraciner dans l’arrondissement et les personnes âgées qui doivent pouvoir rester dans le quartier où elles ont toujours vécu. Nous croyons en la valeur du lien humain, qu’il soit au sein de la famille ou du voisinage : c’est ce lien, soutenu par une action municipale forte et volontariste, qui assurera à notre arrondissement son dynamisme et sa solidarité pour les années à venir. Nous voulons retrouver un 11ème arrondissement où il fait bon vivre.

Comment nous rejoindre ou être informé(e) de notre actualité ? Vous pouvez vous rendre sur la rubrique « Rejoignez-ma campagne » du site datipourparis.com ou me contacter sur nellygarnier11@gmail.com

Bouchra NAZZAL (Liste Villani, le nouveau Paris)

J’ai 44 ans, j’élève mes 3 enfants dans le 11e, où je suis arrivée en 1995, à l’âge de 20 ans. J’ai  notamment vécu 6 ans dans le quartier Belleville Saint-Maur. Je suis issue d’une famille modeste, ouvrière, qui a ses racines au Maroc. Diplômée de l’ESCP Europe – école de commerce située dans le 11e -, je suis aujourd’hui cadre dans la fonction publique.

Députée suppléante à Paris dans la 6e circonscription (qui regroupe notamment les quartiers de Belleville, Ménilmontant et Père Lachaise) depuis juin 2017, je veux aujourd’hui aller plus loin dans mon engagement au service des parisiennes et des parisiens, et avoir le pouvoir d’agir au plus près de leurs préoccupations.

Que ce soit à Paris, ou dans le 11e, et notamment le quartier de Belleville, la qualité de vie s’est fortement dégradée ces dernières années. Une fois élue, je m’engage notamment à :

– à faire du 11e un arrondissement plus accueillant pour les familles et les classes moyennes, et qui protège mieux les plus vulnérables d’entre nous.

Le quartier de Belleville Saint-Maur, seul quartier politique de la Ville dans le 11e et quartier le plus pauvre de l’arrondissement, fera l’objet d’une attention particulière. A Paris, de manière générale,  il faut agir davantage dans les quartiers qui concentrent le plus de difficultés : aux côtés de l’Etat, de la région et des associations, la ville de Paris doit agir de manière plus efficace et plus constructive, pour réduire les inégalités à l’école, améliorer l’accès à l’emploi et au logement.

– à faire du 11e un arrondissement plus apaisé, en préservant et en créant des îlots de respiration, dans cette zone la plus dense d’Europe. Dans le quartier de Belleville Saint-Maur, plusieurs secteurs nécessitent d’être apaisés, comme par exemple la rue du Faubourg du temple, le boulevard de Belleville ou la rue Saint-Maur.

– à traiter la question de la propreté à bras le corps, avec volontarisme et rigueur, en modernisant par exemple l’équipement et en favorisant le recyclage des déchets organiques

écouter vraiment les habitants du 11e, en passant d’une démocratie participative (qui fonctionne extrêmement mal aujourd’hui) à une véritable démocratie active, où chaque habitant puisse s’exprimer.

Comment rejoindre la liste/l’équipe de campagne/ être informé(e) de l’actualité de la candidate ?

Pour rejoindre la campagne, vous pouvez contacter Bouchra NAZZAL via l’adresse mail vivonsparis11@cedricvillani.paris. Si vous désirez participer au tirage au sort organisé sur la liste d’arrondissement, RV sur www.candidater.cedricvillani.paris.

Pour connaître toutes les actualités et évènements de sa campagne, vous pouvez vous rendre sur la page Facebook Villani Paris 11e, ou les comptes Twitter et Instagram qui portent les mêmes noms.

Nous proposons qu’une rue de Ménilmontant porte le nom de Rachid TAHA

Paris, le 20 novembre 2019

Madame la Maire du 20e arrondissement,

Rachid TAHA est décédé le 12 septembre 2018. 

Sa carrière a été marquée par 13 albums, la composition de musiques des films et des apparitions dans des films ou téléfilms. En 2016, Rachid TAHA a reçu une Victoire de la musique pour l’ensemble de sa carrière.

Né en Algérie, il est arrivé en France où il a passé le reste de son existence. Porte-drapeau de la communauté française d’origine maghrébine de seconde génération, il a apporté une contribution majeure à la reconnaissance du chaâbi qu’il a fait connaître à travers le monde.

Vous le savez, Rachid TAHA partageait avec le quartier de Ménilmontant une histoire singulière. Il était un habitué des cafés de Ménilmontant, tels que Ma Pomme ou le Café des sports, rue de Ménilmontant.

Et c’est assez logiquement, que notre quartier fut le 1er à lui rendre hommage le 2 décembre 2018 dans le cadre du Gala des artistes de Ménilmontant organisé par l’association Ménil Mon Temps, dont l’artiste était un proche.

Au-delà des origines et d’un répertoire métissé, les thèmes de ses chansons qui parlaient de démocratie, racisme et d’intolérance font largement écho aux préoccupations des habitants du quartier de Ménilmontant.

C’est la raison pour laquelle, nous avons l’honneur de vous demander de conférer le nom de Rachid TAHA à une rue du quartier de Ménilmontant. Nous souhaitons que le choix de cette artère, sa configuration et sa taille soient en cohérence avec le charisme et l’importance de l’artiste.

Nous souhaiterions évidement que cet hommage puisse intervenir, par dérogation, pour les deux ans de sa disparition, en septembre 2020. La Mairie de Paris vient en effet de conférer le nom de Georges SARRE à un square du 11e arrondissement, à peine 9 mois après le décès de celui-ci. Il nous semble, dès lors, que l’on peut sans trop de débats, hâter également la procédure pour un artiste mondialement connu.

Nous nous tenons à la disposition de votre Cabinet pour travailler à l’identification d’une voie qui rendre justice au talent de Rachid TAHA et vous prions d’agréer notre haute considération.

Téléchargez le courrier ici

Requalifier la rue Saint-Maur, apaiser la rue Faubourg du Temple, réaménager le boulevard de Belleville et le carrefour Parmentier : découvrez nos propositions pour les élections municipales

Le quartier Belleville Saint-Maur, le plus dense de Paris, souffre d’un déficit d’espace public et d’entretien de celui-ci. Les trottoirs, très largement privatisés, notamment par les commerces et leurs clients, deviennent inaccessibles aux habitants.

Si les places du XIe arrondissement comme celles de Léon Blum, République, Bastille et Nation ont fait l’objet de réaménagements et d’investissement couteux, notre quartier lui n’a pas eu droit à de tels investissements.

Si les boulevards Haussmann, de la Villette,  et Magenta ou plus récemment, les boulevards de la Chapelle et Voltaire ont fait l’objet d’une requalification, cela n’a pas été le cas du boulevard de Belleville (côté 11e)  en dépit des discours et des promesses.    

Après vingt ans d’abandon de notre quartier, la réponse doit être forte et le rattrapage en termes d’investissement dans l’espace public doit être massif. C’est ce que nous proposons.

N’hésitez pas à nous donner votre avis à la fin de cet article et à vous associer à notre projet ! Vous pouvez également télécharger le document complet en bas.

1- Réaménager le carrefour République-Parmentier- Oberkampf

Pour tous ceux qui en ont fait l’expérience, traverser ce carrefour relève de la gageure. Il représente une frontière difficilement franchissable entre le quartier Belleville Saint-Maur et le reste du 11e arrondissement, dont il se trouve isolé.

Le carrefour est difficilement franchissable pour les piétons.

Sa configuration et ses aménagements ralentissent et compliquent le cheminement des piétons qui doivent s’arrêter aux feux et contourner les barrières. La rue Oberkampf est littéralement sectionnée, ce qui nuit en particulier aux commerces et dissuadent leurs clients de faire leurs courses de l’autre côté du carrefour.

Proposition

L’objectif est ici de prévoir un réaménagement d’ampleur qui favoriser le cheminement des piétons et apaise la circulation automobile.

2- Requalifier la rue Saint-Maur en élargissant les trottoirs et en plantant 40 arbres

A cheval sur deux arrondissements et trois quartiers, la rue Saint-Maur fait elle aussi partie des grande oubliées des opérations d’aménagement. C’est l’une des plus longues des Paris (2km). Elle souffre de nombreux maux.

Les trottoirs sont trop étroits sur une large portion de la rue, alors qu’ils sont très empruntés.

La rue Saint-Maur ne compte par ailleurs que 21 arbres, soit un arbre tous les 92 m, alors qu’elle compte deux files de stationnement dans un quartier qui est en surcapacité de places stationnement par rapport à l’équipement des ménages.

Y circuler à vélo est perçu comme dangereux, en l’absence d’aménagement sécurisé. Cette carence n’est tenable si l’on souhaite développer l’usage du vélo dans notre quartier.  

La rue Saint-Maur : deux files de stationnement de voitures et presqu’aucun arbre

Proposition

La priorité sera donnée à la plantation d’arbres, avec un objectif d’en multiplier le nombre par trois.

Une seule file de stationnement, sur deux files actuelles, serait maintenue. L’espace gagné sera dédié à l’élargissement des trottoirs là où il est trop étroit et à la plantation d’arbres.

La création d’une piste cyclable sécurisée sera mise à l’étude et concertée.

3- Apaiser la rue Faubourg du Temple entre le boulevard de Belleville et l’avenue Parmentier

La rue du Faubourg du Temple présente une valeur patrimoniale et historique importante pour le quartier. Elle ne peut plus continuer à être maltraitée. Très encombrée, cette rue commerçante est également très minérale et bruyante.

La rue, dans sa partie haute, avait fait l’objet d’une opération d’aménagement dans les années 2000, mais sans que la question du trafic automobile et de la place des vélos n’aient été traitée, alors que le problème était déjà identifié.

Dans la période récente (2016), seule sa partie basse au niveau de la place de la République, a été apaisée avec la création d’une zone de rencontre.

Aucun projet n’a émergé concernant la vaste portion de cette rue située au Nord-Est dans les quartiers populaires de Belleville Saint-Maur (11e) et Hôpital Saint-Louis Faubourg du Temple (10e).

Or, selon un décompte réalisé dans le cadre du réaménagement de la place de la République, la circulation automobile y était plus intense que sur le boulevard Voltaire ou l’avenue de la République (937 véhicules/heure de pointe le matin, contre respectivement 779 et 751 véhicules).

C’est en outre peu dire que les riverains et les commerces ont très fortement souffert des travaux de la RATP pour la création d’accès supplémentaires dans le cadre du prolongement de la ligne 11 du métro.

Il est plus que temps de prendre en compte les attentes légitimes des riverains et commerçants de cette rue.

 Proposition

L’objectif sera pour l’essentiel d’apaiser la rue en limitant la circulation automobile. La possibilité de la création d’une zone de rencontre pourrait être mise à l’étude.

Il conviendra également de réaménager le carrefour de Belleville  complètement embolisé. Le Maire du 11e arrondissement s’était engagé à le réaménager. Cette promesse comme tant d’autres n’a jamais été tenue.

4- Réaménager enfin le boulevard de Belleville côté 11e

Nous devons prendre acte du refus du Maire du 11e de réaménager le boulevard de Belleville côté 11e contrairement à ses promesses de campagne et au vote du budget participatif.

Cela ne doit pas empêcher de poursuivre le combat en espérant trouver une oreille plus attentive chez les autres candidats à la Mairie du 11e.

Proposition

Les trottoirs côté 11e seront intégralement rénovés et, parce qu’ils sont trop étroits (2,35m), ils seront libérés des emprises (étalages et terrasses) pour rétablir un cheminement normal de piétons.

Des fosses seraient créées dans le trottoir pour végétaliser les façades des immeubles après appel à participation des copropriétés et bailleurs sociaux. Une aide financière de la ville pourrait être envisagée.

Il s’agira également de revaloriser le terre-plein central du boulevard en installant des réverbères historiques de la ville de Paris, plutôt que le modèle froid et bas de gamme actuel, pour rester en harmonie et cohérence avec ceux du boulevard de La Villette voisin et de l’avenue Jean Aicard.

Le modèle des bancs sera changé pour un modèle plus confortable. Ils seront également déplacés sur le côté opposé aux habitations pour limiter les nuisances nocturnes.

L’intégralité du revêtement du terre-plein sera rénovée. Des discussions seront engagées avec la RAPT pour revoir le format de sa bouche d’aération à la fois trop grande, disgracieuse et détournée de son usage.

La piste cyclable sera intégralement reprise avec des matériaux de qualité. Pour garantir leur intégrité contre le stationnement de voitures et camions, des croix de Saint-André et des potelets seraient installés sur les trottoirs.

Pour permettre aux livraisons des commerces de s’effectuer normalement les jours de marché, les emplacements de livraison le long du terre-plein central seraient inaccessibles aux forains du marché et laissés libres.  

5- Recréer des centralités et de lieux de convivialité dans le quartier

C’est le résultat de l’histoire, mais aussi de choix récents d’aménagement qui ont privilégié l’encombrement et la saturation de l’espace public : le quartier ne dispose pas de place publique en son sein. Résultat : les habitants se croisent, mais ne se rencontrent plus.

Il est proposé d’y remédier et de recréer de l’espace au bénéfice des habitants.

La place Marek Edelman (Angle Fontaine au Roi et Moulin Joly)

Cela fait des années que les habitants demandent l’aménagement de cette place, mais le Maire du 11e n’a rien voulu savoir.

Celui-ci a imposé l’installation d’agrès sportifs et d’un babyfoot, qui ne profitent qu’aux hommes et sont mal entretenus.

De l’autre côté de la place, le Maire a accordé un droit de terrasse à l’auberge de jeunesse « Les Piaules » et donc aux touristes, privant là encore les habitants du rare espace disponible.

Proposition

Il est proposé de faire de la place Marek Edelman un lieu de convivialité avec la création de deux terrains de pétanque de part et d’autre de la rue de la Fontaine au roi. On pourrait également envisager l’installation de barrières mobiles qui fermeraient la place à la circulation chaque  dimanche pour permettre aux habitants de profiter pleinement de cet espace reconquis.

Des bancs publics seraient installés. Les agréés et le babyfoot démontés pour être déplacés dans un lieu plus adapté.

La place Verte (angle Oberkampf et Saint-Maur)

Cette place est trop souvent privatisée et son potentiel n’est pas assez exploité.

Entre les terrasses (fermée et ouverte) de 100M² accordés au café, la sanisette Decaux, le container à bouteilles et les nombreux scooters illégalement garés, on ne peut actuellement pas faire grand-chose sur cette place, si ce n’est la traverser.

Désencombrer les trottoirs du boulevard de Belleville  permettrait de redonner aux pétons leur place dont ils ont été privés, sans nécessiter leur élargissement coûteux au détriment de la piste cyclable.

Proposition

Il est proposé de reprendre 70 M² sur la terrasse et la délimiter à l’aide de barrières dites « Croix de Saint-André », comme sur la place Saint-Catherine pour sanctuariser l’espace public. Le container à bouteilles serait déplacé et le stationnement des scooters rendu impossible.

 Deux ou trois bancs seraient installés pour permettre aux habitants et notamment à ceux qui ne peuvent profiter de la terrasse du café de profiter de la place. Une fontaine pourrait enfin être créée.

Une végétalisation basse pourrait être plantée en lisière de la rue pour délimiter la place et l’agrémenter.

Désencombrer les trottoirs du boulevard de Belleville  permettrait de redonner aux pétons leur place dont ils ont été privés, sans nécessiter leur élargissement coûteux au détriment de la piste cyclable.

ET VOUS ? QU’EN PENSEZ-VOUS ?

Nos propositions de réaménagement de l'espace public
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La rénovation des trottoirs de la rue Saint-Maur a commencé

Dans un précédent article, nous vous annoncions le début de la mise en œuvre de du projet de rénovation des trottoirs des rues Saint-Maur, Oberkampf, et Jean-pierre Timbaud que nous avions déposé au budget participatif en 2018.

Nous avons le plaisir de vous informer pour ceux qui l’auraient pas remarqué que les travaux ont commencé sur Saint-Maur. Ce sera long. Nous n’avons pas encore le calendrier précis pour les rues Oberkampf et Jean-Pierre Timbaud devraient suivre. On avance.

Pour mémoire, le budget alloué pour l’opération est de 1, 1M€.

Élections municipales : découvrez nos propositions pour rendre la culture accessible aux habitants du quartier Belleville Saint-Maur

Disons simplement les choses : nous habitons le 11e arrondissement au prix, parfois, de grands sacrifices en termes de nuisances, d’appartements étroits, d’absence d’espaces verts, de prix élevés, sans toujours bénéficier de ses potentialités.

Notre objectif est donc de remettre les habitants du quartier, pris dans leur diversité, au centre de l’offre culturelle proposée dans le quartier. Certes, celle-ci doit s’adresser aux parisiens et au-delà, elle ne peut continuer à ignorer ceux qui habitent juste à côté.

Comme à l’habitude, vous pourrez donner votre avis en fin d’article.

1- OUVRIR ENFIN LA MAISON DES MÉTALLOS SUR LES QUARTIER ET SES HABITANTS

La Maison Métallos est un établissement culturel de la ville de Paris. Trop d’habitants du quartier n’y vont jamais, ne connaissent pas sa programmation. L’établissement s’adresse plutôt à des initiés, dotés d’un fort capital culturel résidant dans la Métropole du Grand Paris.

Bien sur, la Maison des Métallos propose des activités aux habitants du quartier comme la fête des familles, a noué des partenariats avec les associations et s’implique dans la fête de quartier et soutient le Conseil de quartier.

Mais ces activités sont périphériques. Elles ne sont que ponctuelles et n’attiraient qu’une part infime des habitants du quartier. Aucun effort n’est réalisé en terme de programmation culturelle (qui est la vocation première des Métallos) qu’il s’agisse de théâtre, de danse ou de musique, pour intéresser les habitants du quartier.

Les Métallos abritent bien un café. Mais là encore, il ne sert pas vraiment de lieu de vie pour les habitants. Contrairement à d’autres établissements culturels dans les quartiers populaires comme le 104 ou le FGO Barbara, le lieu n’est pas assez ouvert sur le quartier. On y entre pas facilement et spontanément. Le lieu reste intimidant pour beaucoup d’habitants.

La Maison des Métallos

Proposition

Ouvrir enfin la Maison des Métallos sur le quartier et ses habitants : réorienter sa programmation élitiste essentiellement destinée aux cadres supérieurs. Promouvoir les cultures urbaines et du monde. Soutenir les artistes en exil. Donner de la visibilité au travail des artistes du quartier Belleville Saint-Maur. Accorder une carte blanche chaque année aux jeunes du quartier. S’inspirer des réussites identifiées dans les autres quartiers populaires : le Centquatre et le FGO Barbara  

2- OUVRIR UNE BIBLIOTHÈQUE DE QUARTIER

Contrairement aux quartiers voisins de Belleville, Ménilmontant, Hopital Saint-Louis Faubourg du Temple et Léon Blum Folie Régnault, notre quartier ne dispose pas d’une bibliothèque. C’est une inégalité majeure d’accès à la culture. On sait en effet toute l’importance de la lecture dans le développement de l’enfant et la réussite scolaire. Par ailleurs, le quartier compte une population non francophone importante, qui n’est pas nécessairement argentée et dont l’accès à la culture est difficile.

Le quartier Belleville Saint-Maur est le seul du Grand Belleville à ne pas disposer d’une bibliothèque. Une injustice majeure.

Il se trouve qu’un immeuble a été préempté par la Mairie à l’angle des rues Crespin du Gast et Oberkampf pour y réaliser une crèche (alors même que le quartier n’est pas en sous capacité d’accueil) et y construire un foyer de travailleurs de plusieurs étages. Ce projet pourrait défigurer le caractère faubourien de la rue Oberkampf et densifier encore davantage votre quartier.

La localisation centrale du site et sa configuration paraissent, selon nous, davantage intéressantes pour accueillir une bibliothèque de quartier très attendue des habitants. Ce projet permettrait en ouvre de rénover cet élément du patrimoine industriel de notre quartier et de le valoriser.

Le site sur lequel une bibliothèque de quartier pourrait être créée au 2-4 rue Crespin du Gast à l’angle avec la rue Oberkampf

Proposition

Ouvrir une bibliothèque de quartier au 2-4 rue Crespin du Gast pour favoriser l’accès des habitants, et notamment des plus jeunes, à la lecture. Mettre en réseau l’établissement avec les bibliothèques Couronnes et Sorbier

3- DE LA MUSIQUE POUR TOUS

Jusqu’en 2014, un festival de musique entièrement gratuit se tenait sur le terre-plein du boulevard Ménilmontant. C’était la seule animation sur le secteur. Depuis, mis à part le marché, il ne se passe plus grand chose. Au point que ce boulevard est devenu un no man’s land. Il est proposé de renouer avec cette tradition de culture populaire et accessible à tous.

Proposition

Rétablir le Menil’Fest, festival de musique entièrement gratuit,  qui se tenait chaque année pendant trois jours sur le boulevard de Ménilmontant, jusqu’en 2014. Lancer un appel à projet en ce sens dès 2020

4- MIEUX FAIRE CONNAITRE LE PATRIMOINE ET LES RESSOURCES DU QUARTIER

On ne le sait pas toujours mais notre quartier est riche d’une histoire politique sociale et industrielle. Il suffit souvent de lever les yeux pour en observer les témoignages, mais on y pense pas toujours. Il en va de même des nombreux acteurs culturels ou sociaux du quartier. Qui sait que le Passage de Ménilmontant abrite les Ateliers du Chaudron ou la rue Saint-Maur, une ancienne cartonnerie ?

Ancienne cartonnerie du quartier : un patrimoine à faire connaitre et à préserver

Proposition

Valoriser le patrimoine urbain et industriel du quartier : mettre en œuvre sans délai le projet “De l’art et de la culture dans les rues du 11e”, lauréat du budget participatif, qui prévoit la création la création d’un itinéraire avec une vingtaine de panneaux historiques identifiant les lieux les plus significatifs du quartier

5- ASSUMER NOTRE DIVERSITÉ CULTURELLE

Notre quartier est l’un des principaux centres islamiques de PARIS. Il concentre la quasi totalité des places des mosquées et des salles de prière du grand Belleville. Le haut de la rue Jean-Pierre Timbaud comporte également un nombre important de commerces confessionnels.

Or, nombre d’habitants ne connaissent pas toujours la culture arabo-musulmane et ne l’appréhendent qu’à travers les tragédies récentes traversées par notre arrondissement. Dans les débats récents, la question a été parfois résumées à la question du port du Hijab.

Il se trouve que notre quartier partage avec celui de la Goutte-d’Or cette diversité religieuse. L’Institut des Cultures d’Islam est un établissement culturel de la Ville de Paris qui a été créé chez nos voisins du 18e arrondissement. Il est à la fois un centre d’art contemporain, une scène musicale, un lieu de dialogue et d’apprentissage, fréquenté par une grande diversité de publics. Son objectif est de connaître, comprendre, partager.

L’institut des Cultures d’Islam
L’Institut des Cultures d’Islam

Nous nous demandons s’il ne serait pas pertinent de mettre à l’étude l’ouverture d’une antenne de cet établissement dans notre quartier. Un tel projet s’inscrirait dans un objectif de promouvoir le “vivre ensemble”. Nous n’en avons jamais eu autant besoin.

Proposition

Engager une réflexion sur l’installation d’une antenne de l’Institut des Cultures d’Islam situé à la Goutte d’Or pour meilleure compréhension des cultures des habitants du quartier, leur permettre de s’y rencontrer, valoriser les cultures d’origine.

rendre la culture accessible aux habitants du quartier Belleville Saint-Maur
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Paris : Belleville, devenue «cour des miracles», veut des actions ciblées sur la propreté

Vous trouverez ci-après l’article du journal Le Parisien à paraître le 13 novembre 2019, dans lequel notre Collectif s’exprime sur le bilan en matière de propreté dans le quartier et propose des pistes d’amélioration pour les prochaines élections.

Encombrants, marchés sauvages, tags et effluves d’urine : les habitants du populaire quartier de Belleville (XIe et XXe) se désespèrent des incivilités.

 Les déchets s’accumulent impasse Questre (Paris, XIe).
Les déchets s’accumulent impasse Questre (Paris, XIe).  LP/C.B.

Par Cécile Beaulieu Le 12 novembre 2019 à 12h56

Ici un matelas abandonné contre un mur, là un canapé souillé, l’assise couverte de déchets. Des poubelles débordantes, des vêtements en tas, des tags et aussi… des bidets cassés emplis d’ordures.

Aux confins des XI e et XX e arrondissements de Paris, le quartier populaire de Belleville, en voie de gentrification dans certains secteurs, coche à peu près tous les problèmes liés à la propreté.

Palettes et étalages de commerçants sur les trottoirs

Dense, ponctué de ruelles, d’impasses propices aux dépôts sauvages d’objets en tous genres, Belleville, cher au cœur de ses habitants, n’en excède pas moins nombre d’entre eux, qui souhaiteraient pouvoir profiter plus paisiblement d’un espace public souvent confisqué.

Ici, l’étroitesse des appartements pousse leurs occupants à vivre ou manger à l’extérieur, en jetant leurs déchets sur les trottoirs. Les très nombreux et modestes petits commerces de quartier, eux-mêmes exigus, contraignent leurs gérants à entreposer sur les trottoirs palettes et étalages.

Rue du Moulin-Joly (Paris, XIe).LP/C.B
Rue du Moulin-Joly (Paris, XIe).LP/C.B  

Sur le terre-plein du boulevard de Belleville (XI e et XX e ), un jeudi par mois, s’installe le food-market, de 18 heures à 22 heures. Un marché-cantine, certes convivial, mais qui présente un inconvénient majeur, selon un animateur du collectif pour l’amélioration du quartier Belleville-Saint-Maur : « Les restaurateurs emballent correctement les déchets dans des sacs-poubelles… Mais les services de la propreté ne les évacuent pas, et le lendemain, les forains du marché du vendredi les déposent devant les portes des habitants avant d’installer leurs étals! »

L’un des plus vastes marchés alimentaires de Paris

Car, sur le même boulevard, se tient deux fois par semaine l’un des plus vastes marchés alimentaires de la capitale. Au cœur, lui aussi, de toutes les polémiques. « C’est la cour des miracles après le départ des commerçants, s’insurge une riveraine. Sans parler du marché de la misère, non officiel celui-ci, qui s’installe également sur le terre-plein : après leur départ, les biffins laissent des montagnes de déchets. Des vêtements, des objets cassés, des cartons des papiers… Les habitants de ces quartiers populaires ont l’impression d’être des laissés pour compte. »

Frédérique Calandra, la maire (ex-PS) depuis 2008 du XX e arrondissement, qui a annoncé son ralliement au candidat LREM Benjamin Griveaux pour les municipales de mars 2020, assure pourtant n’avoir pas ménagé ses efforts. « Cela fait 11 ans que je lutte avec la police, les habitants, contre la dérégulation de l’espace public. Avec des résultats, notamment porte de Montreuil, où une recyclerie a été créée. Mais il est vrai qu’il faudrait peut-être revoir également le système de collecte et de balayage. Infliger aussi plus de contraventions. »

Boulevard de Belleville (Paris, XXe).LP/C.B
Boulevard de Belleville (Paris, XXe).LP/C.B  

« Les personnes qui vendent sur ces marchés de la misère ne sont pas les biffins, qui, eux, savaient trier dans les poubelles, les objets qui les intéressaient et laissaient l’espace public propre, assure Frédérique Calandra. Ce sont des sauvettes. Certes en très grande précarité, mais nombre d’entre eux pillent sauvagement les bennes de collecte de vêtements et de chaussures, vendent des denrées alimentaires dont on ne sait d’où elles proviennent et abandonnent des tonnes de déchets sur les trottoirs. »

Des propositions soumises aux candidats

Dans la perspective des municipales, le collectif Belleville-Saint-Maur, très actif dans le quartier, s’est fendu d’un programme qui sera soumis aux candidats. Cœur de cible : la propreté, avec un maître mot : communiquer publiquement sur l’état du quartier dont, affirme le collectif, 80% des habitants interrogés dénoncent la saleté « avec un fort sentiment de délaissement et de déclassement ».

Parmi les propositions : des actions ciblées sur les commerces du boulevard de Belleville, des rues Saint-Maur, Jean-Pierre Timbaud et du Faubourg-du-Temple, sur les dépôts de cartons et emballages alimentaires, les jets de mégots et de canettes devant les établissements. Avec des visites régulières des services de la Ville et des verbalisations.

Pourquoi pas, également, une exposition sur la propreté dans les artères les plus passantes du quartier, où seraient précisés le coût des incivilités et les volumes de déchets. Chaque année, enfin, serait réalisé un bilan de l’évolution de la propreté en réunion plénière du conseil de quartier…

Plus d’espaces verts dans le quartier ? Nos propositions pour les élections municipales en 2020

Chacun peut s’en rendre compte. Nous n’avons quasiment pas d’espaces verts dans le quartier. Nous avons voulu regarder les chiffres. Ils confirment non seulement que nous avons peu d’espaces végétalisés, mais en outre que nous en avons 10 fois moins par habitants qu’à Paris.

Si ces dernières années des jardins ont été créés dans le 11e arrondissement, ils l’ont été exclusivement dans les 4 autres quartiers de l’arrondissement. Cela a accru le retard de notre quartier en terme de qualité de vie par rapport aux autres quartiers

Il est donc urgent d’agir. Vous trouverez ci-après notre diagnostic et des propositions. Vous pourrez voter en bas de l’article.

Le manque criant d’espaces verts dans le quartier Belleville Saint-Maur.

Notre quartier ne dispose d’aucun parc, d’aucun jardin, mais uniquement de deux squares minuscules.

Dans le square Jean Aicard, la part de la végétation est résiduelle. Il est composé d’un espace de jeu pour enfants et d’un espace de détente. Il est  prolongé par un terrain de pétanque privatisé par quelques habitants. Il date de 1964.

Que dire du square Jules Verne, ouvert en 2000, si ce n’est qu’il est le plus fréquenté au m² de l’arrondissement et complètement saturé, alors qu’il est situé dans le secteur le plus pauvre du 11e arrondissement. 

Alors que notre quartier rassemble 20% de la population du 11e arrondissement,  il ne compte que 4,3% de ses espaces verts.

C’est une inégalité de plus dont souffre notre quartier, mais une inégalité majeure, alors que les appartements sont les plus exigus : les deux tiers  des logements ne sont composés que d’une ou deux pièces (65,7%) et la densité de logements est presque le double de la moyenne  parisienne. 

Ainsi donc, alors que les besoins d’espace public et notamment de lieux de respiration sont considérables, le quartier ne compte que 4 684 M² d’espaces verts ou assimilés, sur les 107 832 M² d’espaces verts du 11e arrondissement.

La part  de nos espaces verts a même reculé depuis l’an 2000, où elle était proche de 5% du total de l’arrondissement (4,8%).

Depuis 20 ans, la priorité a été donnée aux quartiers les plus riches du 11e arrondissement.

Cette situation est la conséquence de la priorité accordée par la Mairie du 11e aux autres quartiers, plus riches et qui étaient déjà mieux dotés en espaces verts. Les inégalités se sont donc creusées.        

En 2003, création du Square Francis LEMARQUE, 1 030 M² : quartier Bastille Popincourt.

En 2005 et 2006, les Squares FROT-PHALSBOURG et OLGA BANCIC sont inaugurés (500 M² environ chacun) : quartier Léon Blum Folie-Regnault.

En 2007, ouverture du Jardin de la FOLIE TITON : 4 660 M², soit autant que la totalité des espaces verts de notre quartier. Quartier Nation Alexandre Dumas.

En 2018, le Jardin de L’IMPASSE TRUILLOT, sort de terre, 5 600 M², soit plus que la totalité des espaces verts de notre quartier. Quartier République Saint-Ambroise.

En 2019, c’est au tour du Jardin BREGUET de naître, 913 m² : quartier Bastille Popincourt.

En 2019, les jardinières de la place de la Nation sont installées, 2 094 M² : quartier Nation Alexandre Dumas.

L’abandon de notre quartier a des conséquences concrètes pour la santé et le bien-être de ses habitants, dont certains vivent déjà dans la précarité: îlots de chaleur, pollution et stress.

L’extrême promiscuité et l’absence d’espace de plein air sont en outre génératrices de tensions liées à la suroccupation de l’espace public et favorise le départ des familles.

Au total, le nombre de m² d’espaces verts par habitant dans notre quartier (1,2 M²/habitant) est 8 fois inférieur à ce que recommande l’Organisation mondiale de la Santé (10 M²/habitant) et à la moyenne parisienne (11,4M²/habitant).   

Cette situation est aggravée par les décisions de la Mairie

  • Le choix de saturer l’espace public avec notamment la construction d’un gymnase en forme de bloc futuriste, en lieu et place du TEP de l’Orillon ;
  • La destruction des 680 M² de jardinières place Jean Ferrat à Ménilmontant, pour être remplacées notamment par des rochers  d’escalade.
  • Refus de mettre en œuvre le projet « Végétalisons le quartier Belleville Saint-Maur » voté au budget participatif en 2017 qui prévoyait la végétalisation du boulevard de Ménilmontant ;

En 2020, l’urgence sera donc à la création d’un ou plusieurs espaces verts dans notre quartier. L’objectif doit être de doubler, lors de la prochaine mandature, la surface en espaces verts dans notre quartier.

Ayons l’honnêteté de reconnaitre que cela ne sera pas simple, tant les réserves foncières sont limitées et ont été asséchées par la Mairie pour y construire des logements.

Mais disons-le tout aussi clairement. Cela coûtera cher, très cher, mais la création de jardins dignes de ce nom dans le quartier n’est pas un caprice ou une lubie. C’est une question de justice sociale territoriale et écologique et c’est un investissement pour l’avenir.

L’urgence commandera une révision du Plan local de l’urbanisme (PLU) et que la Mairie entre rapidement en négociation avec les propriétaires des sites concernés, sans attente qu’ils décident de les mettre peut-être un jour en vente.

Propositions :

un bloc de béton qui pourrait être remplacé par un jardin

Le 71 rue de la Fontaine au roi, abrite dans un bâtiment ancien, mais assez peu remarquable, de bureaux, ainsi qu’un espace évènementiel.

Le site de 2000 m².est situé au cœur du quartier. Il profiterait à toutes les familles et aux habitants du foyer situé à proximité. Surtout, il permettrait de ramener de la vie dans cette partie de la rue, complétement morte.

La transformation de cette parcelle en jardin permettrait de créer une continuité écologique avec l’espace vert de la copropriété située derrière.

Au 91 bis de la rue Jean-Pierre Timbaud, la Mairie a inscrit une réserve pour y faire du logement social contre l’avis du Conseil de quartier, alors que ce secteur est déjà le plus pauvre du 11e arrondissement.

Depuis lors, un espace de coworking, le Onzième lieu, s’y est installé Plutôt que de densifier encore notre quartier, c’est un espace vert qui serait créé.

Le 91 bis rue Jean-pierre Timbaud avant de devenir un espace de coworking

Ce secteur du quartier est toutefois très largement fréquenté par des personnes qui n’y habitent pas, mais y viennent faire leurs courses. Un square à cet endroit serait donc immédiatement saturé, la parcelle ne dépassant pas 300m². C’est pourquoi la création d’un jardin partagé serait plus indiquée. Cela favoriserait également le lien social.    

Les parcelles situées aux n°9 et 11 de la rue des 3 Couronnes doivent également être mobilisées. La Mairie souhaite y faire du logement social. Nous proposons de revoir le projet pour en faire un espace vert ouvert à tous. L’espace situé au n°11 est déjà entretenu par le Collectif des Trois Couronnes. Le Conseil de quartier avait souhaité en faire un jardin partagé.

Le 137 boulevard de Ménilmontant accueille l’hôtel LE TAMGOUT, fermé depuis plusieurs années et très mal en point. Cette parcelle de 178 M² pourrait accueillir un espace végétalisé et offrir de l’ombre  notamment aux Chibanis de la place Jean Ferrat, trop minérale.

Localisation des sites :

ET VOUS ?

Plus d'espaces verts ? pour ou contre ?
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Vous avez repéré des lieux dans le quartier qui permettraient de réaliser un espace vert ? Signalez-le nous !    belleville.saint-maur@outlook.fr

Téléchargez notre diagnostic et nos propositions ici

Budget participatif : carton plein pour nos projets de revalorisation et sécurisation des rues du quartier Belleville Saint-Maur

Dans le cadre du budget participatif 2019, nous avions proposé deux projets qui visaient à rénover et sécuriser la rue MORET, réaliser une fresque de Pop art Boulevard de BELLEVILLE, installer des panneaux d’information sur le PATRIMOINE HISTORIQUE du quartier, rénover la rue de l’ORILLON, transformer les potelets de la rue du MOULIN JOLY en œuvres d’art….

Grâce au soutien et à la mobilisation des habitants, ces projets sont lauréats du budget participatif. Nous vous tiendrons informés du calendrier de leur réalisation.   

Projet n°17 “De l’art et de la culture dans les rues du 11e” 

Le projet prévoit :

la réalisation d’une fresque de Pop art boulevard de Belleville au niveau du n°51

la création d’un itinéraire avec une vingtaine de panneaux historiques identifiant les lieux remarquables du quartier

l’embellissement des grilles du square Jules Verne avec des motifs colorés

la transformation des potelets de la rue du Moulin Joly en œuvres d’art

Projet n° 21 “Rénover et sécuriser les rues du quartier Belleville Saint-Maur”

Le projet prévoit :

La rue Moret est petite et très fréquentée, ses trottoirs et sa chaussée sont dégradés. Il est proposé de refaire la voirie en expérimentant de nouveaux revêtements (anti-bruit, anti-pollution, anti-chaleur, etc.). Le revêtement des trottoirs serait composé de dalles. La voie vélo serait colorée pour être plus visible. Un ralentisseur serait également créé en amont de l’intersection avec la rue Jean-Pierre Timbaud.

La rue de l’Orillon dans sa partie comprise entre le boulevard de Belleville et la rue de Vaucouleurs présente de nombreux problèmes d’entretien. Il est proposé une reprise complète de la voirie sur cette partie de la rue. Il est également proposé de créer un emplacement de livraison devant le n°42 de la rue.

La crèche de la rue du Moulin Joly ne dispose d’aucune protection pérenne. Des barrières Vauban ont été placées devant l’établissement mais sont régulièrement déplacées. Il est proposé de les remplacer par des croix de Saint-André, scellées au sol et plus esthétiques, comme c’est le cas ailleurs à Paris devant les écoles.



La fermeture du bureau de Poste, 103 avenue de la République est effective

Cette fois c’est fait. Le bureau de Poste du 103, avenue de la République est fermé.

La direction de La Poste indique être contrainte de fermer son établissement, le propriétaire des lieux ayant signifié le non renouvellement du bail.

Le Maire du 11e arrondissement et tous les groupes politiques du Conseil d’arrondissement ont exprimé leur désaccord. Il est convenu que la ville et La Poste travaillent ensemble à trouver un nouveau lieu d’accueil en mobilisant les bailleurs sociaux. Pas certain toutefois qu’ils y parviennent, le nombre de locaux répondant aux conditions d’accueil d’un tel service étant très peu nombreux dans le secteur.

En attendant, les particuliers seront invités à déposer et aller rechercher leurs colis et recommandés dans un des trois points de contact (commerces).

Concernant l’activité bancaire, les usagers seront invités à aller à la Poste de Ménilmontant (9 rue Étienne Dolet dans le 20e) ou au bureau de l’avenue Parmentier (au n°7). La Poste promet de renforcer les effectifs de ces bureaux pour accueillir les nouveaux usagers.

Au-delà du scepticisme des habitants et de leur colère, les commerçants de l’avenue de la République sont inquiets à la perspective de perdre une locomotive commerciale.

C’est un très rude coup pour le quartier.

Le réaménagement du terre-plein des Maronites a commencé

Contrairement à ce qui se passe pour le projet concernant le boulevard de Belleville côté 11e arrondissement, le projet concernant le boulevard de Belleville côté 20e arrondissement, et voté dans le cadre du budget participatif dans le 20e, sera lui mis en œuvre.

Il concerne le terre-plein nord du boulevard dit “terre-plein des Maronites” car perpendiculaire à la rue ainsi nommée, entre Couronnes et Ménilmontant.

Le travaux s’étaleront jusque en février 2020.

Les pieds d’arbre sont végétalisés au moyen de jardinières en pleine terre protégées par des grilles. Cinq arbres supplémentaires seront plantés. Une allée centrale de couleur claire sera créée.

Six bancs en métal colorés seront posés, ainsi que des agrès sportifs et une fontaine à boire. Une traversée piétonne reliant le terre-plein des Maronites au terre-plein central sera créée face au n°28. Elle est très attendue.

Le trottoir côté 20e sera également intégralement refait, là encore contrairement au trottoir côté 11e arrondissement. Les pieds d’arbres rénovés.

La contre-allée verra son sens de circulation inversé. La vitesse de circulation sera limitée à 20 km/h et deviendra une zone rencontre ouverte aux cyclistes. Le stationnement dédié aux voitures sera supprimé (à l’exception des zones de livraison, de transport de fonds, emplacement pour personnes handicapées et station véhicule en libre service. Des emplacements de stationnement pour les vélos seront créés.

Installons une conciergerie de quartier sur le boulevard de Belleville

Vous trouverez ci-après une nouvelle proposition élaborée avec les habitants dans la perspective des élections municipales de 2020. N’hésitez à voter en bas de l’article.

Une conciergerie se matérialise par un kiosque sur l’espace public qui met en relation des particuliers avec des habitants qui ont du temps disponible et des compétences pour rendre des services contre une rémunération modeste : monter un meuble, promener le chien, repasser du linge, dépanner un ordinateur et plus encore.

Ces personnes, qui rendent ces services, sont fréquemment des bénéficiaires du RSA ou inscrits dans un parcours d’insertion. Autoentrepreneurs, ils bénéficient d’un accompagnement socioprofessionnel. Ce dispositif permet donc la création d’activités accessibles à tous, notamment pour les personnes éloignées de l’emploi.

A Paris, un partenariat avec l’Adie a été mis en place, permettant à 50% des intéressés de bénéficier de microcrédits ainsi que d’un accompagnement pour le développement de leur projet (comme créer une entreprise).

Les activités générées par les conciergeries répondent à une demande des Parisiens. Dans les 7 kiosques existant déjà à Paris, entre 80 et 100 personnes visitent le kiosque quotidiennement. Des réunions festives sont organisées mensuellement afin de permettre aux habitants d’échanger et de se connaître. En janvier 2018, on recensait 200 demandes de services quotidiennes par kiosque.

Proposition :

Notre quartier affiche l’un des plus forts taux de chômage à Paris. Dans le même temps, le lien social se délite, les gens ne se rencontrent plus, ne se parlent plus.

Pour retisser le lien social dans notre quartier, favoriser l’insertion des publics les plus fragiles, il est proposé d’installer une conciergerie sur le boulevard de Belleville à la limite des 10e, 11e, 19e et 20e arrondissements, pour permettre à tous les habitants du Grand Belleville de se rencontrer.
 

Pour ou contre une conciergerie de quartier sur le boulevard de Belleville ?
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Restaurants : du nouveau du côté de la rue Saint-Maur

Le moins que l’on puisse dire c’est que la rue Saint-Maur et ses alentours n’en finit pas se se renouveler sur le plan gastronomique. Revue de détail :

Maison by Sota, 3 rue Saint-Hubert

Une quarantaine de couverts dans un cadre original (ancien lieu de stockage de vin, puis atelier de réparation de machine à café notamment). On se restaure sur la mezzanine devant la cuisine ouverte.

Le restaurant a été ouvert par Sota Atsumi, ancien du Clown Bar. Le chef y propose  une cuisine bistronomique très subtile. Comptez 55 € (hors vins), pour le menu dégustation le midi (90 à 140€ le soir). Excellents accord mets-vins.

Plus d’info ici

YUMI au 133 rue Saint-Maur

Après la rue du Château d’eau, c’est dans notre quartier que s’installe cette cantine végétarienne qui promet des légumes crus, des potions vitaminées, de micro-pousses comestibles. Ils choisissent les légumes et les fruits bio les plus goûtus (chou kale, carotte, betterave, gingembre, curcuma…).

La carte comporte des wraps aux légumes, des veggie bowls, des salades et des tartines, mais aussi des cakes de patates douces/chocolat ou des financiers courgette/amandes…

On y trouve également des jus de légumes fabriqués pour conserver tous leurs bienfaits (extraction à froid et conservation par haute pression).

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Maison Saint-Maur, 129 Rue Saint-Maur

Cuisine bistrot revisitée qui regarde vers l’Italie. Décoration  chinée dans un esprit années 50. La Maison organise parfois des concerts et propose un brunch.

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Le Myrobolant, 140 rue Saint-Maur

A remplacé le « Café Tomate ». On peut y boire et manger (tendance franco-italienne) notamment des assiettes à partager le soir ou un menu sympathique à prix raisonnable le midi.

Plus d’info ici

Développement du tourisme festif dans le quartier, Valérie PECRESSE porte le coup de grâce aux familles du 11e

Paris, le 17 octobre 2019

Madame la Présidente du Conseil régional

Le quartier Belleville Saint-Maur est l’un des plus pauvres de Paris, classé en politique de la ville. Il présente par ailleurs l’une des plus fortes concentrations de débits de boisson et d’établissements festifs de Paris.

Aussi, nous ne pouvons que nous inquiéter de votre décision d’expérimenter l’ouverture du métro toute la nuit pour favoriser le développement d’une économie de la nuit.

L’étude de l’IAU est parfaitement claire sur les objectifs poursuivis par cette ouverture nocturne du métro : « le tourisme urbain nocturne se développe: promouvoir la nuit permet de capter une clientèle jeune, en quête de fêtes et de rencontres, ainsi que des touristes (individuels ou d’affaires) à la recherche de divertissement et de l’atmosphère particulière qu’offre la nuit parisienne. »

Vous avez choisi de cibler particulièrement notre quartier en décidant d’ouvrir toute la nuit les stations du Père Lachaise, de Belleville et Oberkampf qui le délimitent.

Dans notre quartier, le plus dense d’Europe, aux rues particulièrement étroites, cette orientation, visant à y développer la fête jusqu’au matin, va dégrader un peu plus les conditions de vie de ses habitants.

Chacun sait que ce ne sont pas de théâtres et des musées ou des cafés-concerts qui resteront ouverts jusque 5H du matin. Par cette mesure, c’est la consommation d’alcool des jeunes qui est encouragée. On ne boit pas en effet la même quantité d’alcool quand un bar ferme à 2H du matin, que lorsqu’il ferme à 5H. C’est également la prise de stimulants, qu’ils soient légaux ou non, qui est encouragée, pour tenir jusqu’au bout de la nuit.

Favoriser par ailleurs le développement d’activités nocturnes bruyantes, alors que toutes les études, dont celle de l’OMS, convergent pour alerter sur l’impact du bruit sur la santé physique et mentale des habitants des métropoles est irresponsable. Les chartes de la vie nocturne et le Conseil de la nuit sont un échec. Ils n’ont d’autre objet que de légitimer un état de fait. Personne n’est en mesure de réguler, 3 fois par semaine, des centaines de jeunes gens ivres sur les trottoirs de notre quartier. La fête sans bruit est un mythe.

Alors que toutes les études de l’APUR démontrent que l’espace public dans le quartier Belleville Saint-Maur est trop restreint pour accueillir autant d’usagers, votre décision va contribuer à exercer une pression supplémentaire sur nos trottoirs déjà sur-fréquentés et favoriser l’augmentation des souillures. Ce n’est pas devant la porte de l’exécutif régional que les fêtards vomissent ou urinent, c’est devant les entrées de nos immeubles.

Vous ne manquez jamais de dénoncer -à raison – la fuite des classes moyennes et des familles de la capitale. Votre décision ne pourra pourtant qu’y contribuer.

Nous doutons en effet que l’augmentation des nuisances nocturnes et la solvabilisation de débits de boisson qui sont destinés aux jeunes et aux touristes et qui tendent à phagocyter les commerces généralistes, soit favorable aux familles de notre quartier. Cette orientation ne peut qu’intensifier la fuite des familles et des seniors. Quand votre enfant ne peut pas dormir, quand votre poussette ne peut circuler sur le trottoir parce qu’il est totalement occupé par les clients d’un bar, vous déménagez.

Votre volonté de promouvoir le tourisme festif se traduira en outre par un développement d’auberges de jeunesse et par la transformation de logements en hébergements touristiques Air BnB au détriment du logement des classes moyennes. Le mouvement est d’ailleurs déjà lancé.

Or, ce ne sont pas les étudiants, ni les touristes qui créent de la mixité sociale et favorisent l’intégration des immigrés de notre quartier, qu’ils ne côtoient d’ailleurs jamais, ce sont les familles des classes moyennes. 

Contrairement à vous et à la Maire de Paris, nous pensons que l’économie de notre quartier ne peut reposer que sur la consommation -excessive- d’alcool. C’est au contraire une politique de diversification de l’activité économique qui doit être conduite.

La nouvelle hiérarchie des priorités que votre décision est en train de dessiner, ne peut en outre que nous inquiéter : le rôle des services publics est-il de favoriser l’accès à la fête parisienne ou est-il,au contraire, permettre aux habitants de vivre dans des conditions honorables et d’accéder, par les transports en commun, propres et fiables, aux zones d’emploi ?

Manifestement, vous avez fait votre choix, ce n’est pas le nôtre.

Enfin, votre décision pose un problème démocratique.

Cette orientation vers le tout festif conforte la politique conduite par la Maire de Paris. Toutefois, les habitants de la région Ile-de-France ont fait le choix en 2015 d’élire une majorité différente de celle de la capitale, élue en 2014. Est-il, dans ces conditions, logique que la politique suivie soit la même ?

Dans un contexte d’accroissement des inégalités territoriales au sein de la région, cette orientation, qui favorise l’économie de la ville-centre, est également contestable.  

Est-ce aux habitants de Seine-et-Marne de payer pour développer la nuit parisienne et son économie, qui s’adresse de fait d’abord aux touristes et aux habitants de Paris, alors que les retombées économiques sur leur territoire seront nulles ?

Ne soyons pas naïfs, les touristes noctambules de la rue Oberkampf ne se rendront pas le lendemain matin au château de Fontainebleau. Ils préfèreront à l’évidence dormir et se remettre. Ils ne logeront pas non plus en Seine-et-Marne.

Compte-tenu de ces éléments, nous vous engageons à renoncer à cette politique et à réorienter les moyens vers des actions utiles pour les habitants et par exemple, dans notre quartier complètement oublié du Grand Paris des bus :

  • à renforcer la fréquence des bus 46 et 69 ;
  • à trouver une solution pour la ligne de bus 96, la 4ème la plus fréquentée de Paris, complètement saturée et qui ne dispose d’aucune infrastructure en site propre.

Nous vous prions d’agréer, Madame la présidente, notre haute considération.

Le Collectif

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