Le square Jean Aicard sera ouvert 24H sur 24

Sur la placette le long de la rue Oberkampf, il s’agira d’installer des bancs et des chaises. Une idée un peu étrange alors même que cette placette est située devant l’une des principales zones de deal du 11e arrondissement (143 rue Oberkampf) et que cette placette est, de l’avis de tous, sans doute l’endroit le plus souillé en fientes de pigeons du quartier. Ces bancs profiterons à n’en pas douter aux fêtards qui souhaitent poursuivre leur soirée.

le modèle de chaises serait celui utilisé place de la Bastille

Sur les deux placettes entre les 3 parties qui composent le square, là aussi des chaises seront installées, les pieds d’arbres végétalisés et des pavés enherbés seront prévus, avec l’idée d’organiser une forme de continuité avec le square. Là encore, une idée qui ne prend pas en compte la réalité. Le square offre déjà des bancs en nombre significatif. On craint aussi des nuisances la nuit. Alors que l’avenue est plutôt épargnée par les déchets, cela pourrait ne plus durer.

L’aire de jeu sera modernisée et diversifiée pour être accessible aux enfant à mobilité réduite. Il s’agit notamment de créer des reliefs sur un sol souple.

modèle de sol souple

Les jardinières du jardin partagé, qui ne fonctionnent pas en raison notamment du manque de soleil, seront déplacées le long de la salle Jean Aicard, qui va être rénovée.

Les terrain de pétanque sera divisé en deux espaces pour permettre aux jeunes de jouer au ballon ou pour d’autres usages. La séparation sera matérialisée par des arbustes et graminées Un filet de deux mètres sera par ailleurs installé.

La placette située entre l’espace de jeux et celui où est installée la table de ping-pong ne sera plus accessible aux voitures. Un passage piéton devant la salle Jean Aicard serait créé. Les pavés seront enherbés.

Un nouveau modèle de grille qui s’accordera difficilement avec les potelets “Champs-Élysées” et les réverbères beaucoup plus classiques

Pour limiter l’effet “couloir” de ce square long de 200M mais très étroit la Mairie veut déposer la grille historique de l’espace de jeu et du terrain de pétanque pour la remplacer par une grille plus basse et contemporaine. Un moyen assuré de favoriser les instruisons la nuit. L’espace central, qui abrite la table de ping-pong, la grille sera enlevée et ne sera pas remplacée. L’espace sera ainsi accessible 24h/24 toute l’année.

Avec les Kabyles de Ménilmontant

Nous reproduisons ici un article de Arezki Metref du Monde diplomatique. N”hésitez pas à acheter ou à vous abonner à cet excellent magazine.

Une communauté aussi bien enracinée que mal connue

Avec les Kabyles de Ménilmontant

Figurant parmi les plus anciennes communautés venues du Maghreb, les Kabyles de France se définissent souvent en réaction aux idées reçues qui circulent à leur sujet. Aux premiers arrivants, parmi lesquels une majorité de prolétaires repliés sur une solidarité régionale, ont succédé des générations mieux intégrées et plus diplômées, mais toujours soucieuses de défendre leur particularisme linguistique et culturel. par Arezki Metref  0

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Les images qui accompagnent cette enquête sont de Nicolas Wietrich. Elles sont extraites d’un travail photographique et sonore sur les chibanis

Une pluie glaciale s’abat soudain sur la place Jean-Ferrat, à proximité de la station de métro Ménilmontant, dans le 20e arrondissement de Paris. Par grappes, de vieux Kabyles quittent leurs bancs pour s’abriter tant bien que mal sous les devantures des restaurants fermés pour cause de restrictions sanitaires. Même en temps normal, ils ne se seraient pas réfugiés à l’intérieur. Une grande partie des cafés et bistrots algériens du quartier sont devenus « branchés » et ont cédé à la tendance lounge ; leur carte est onéreuse pour ceux que l’on désigne d’un mot arabe francisé, les chibanis (« vieux ») — bien que la plupart ne comprennent ni ne parlent l’arabe, ou à peine. Ils sont désormais contraints de se rassembler sur le trottoir ou d’investir une étonnante agora : le McDonald’s du coin. Même Le Soleil, mi-brasserie parisienne, mi-café maure, a fini par fermer (1). En le perdant, c’est un peu comme si les derniers représentants des anciennes générations d’immigrés kabyles avaient été privés d’un sanctuaire.

Originaire de Beni Ourtilane, en Petite Kabylie, et vendeur dans une boutique de vêtements dégriffés du boulevard de Ménilmontant, M. Abdallah B. (2) s’inquiète pour ces anciens qui, comme le reste de leur communauté, vivent essentiellement à Paris et dans sa région, mais aussi dans le nord de la France, dans la région lyonnaise et à Marseille et ses environs : « La plupart de nos anciens vivent dans des foyers ou des hôtels, dans des conditions très précaires. Ils ont déjà traversé beaucoup de crises, mais la situation sanitaire leur pèse, même s’ils ont une patience à toute épreuve. » Il désigne un vieil homme courbé, le masque de guingois, l’air absent : « Il vit en France depuis soixante ans et il est rentré en Kabylie chaque été, sauf durant la guerre d’Algérie. En 2020, la pandémie de Covid-19 l’a obligé, comme tant d’autres, à rester en France. Le pire, pour lui, serait de mourir ici sans pouvoir être enterré au bled. » Depuis mars 2020, les autorités algériennes ont fermé les frontières, y compris pour leurs ressortissants vivant à l’étranger. Pour les chibanis, s’inscrire sur l’un des rares vols de rapatriement organisés par Alger relève du parcours du combattant, comme en témoigne la petite foule qui s’amasse tous les jours devant le consulat, non loin de la place de la Nation.

Cette situation indigne de jeunes animateurs du Hirak, le mouvement de protestation populaire en Algérie (3). Nous les retrouvons devisant debout devant un café qui pratique la vente à emporter, rue de Ménilmontant. Parmi eux, M. Meziane Abane, 37 ans, ancien journaliste au quotidien francophone El-Watan, qui a dû quitter précipitamment l’Algérie en juin 2019 pour échapper à une probable arrestation. À peine arrivé en France, il s’est immergé dans la communauté kabyle pour poursuivre son combat. « Dans l’immigration, le Hirak n’est pas seulement un mouvement de jeunes, remarque-t-il. Il est aussi composé de Kabyles âgés, familiers des luttes politiques, qui viennent régulièrement aux rassemblements de la place de la République. »

Pour l’Algérien qui assiste à ces rassemblements dominicaux, une évidence saute aux yeux : l’importance numérique des Kabyles. S’ils réclament la démocratie pour leur pays, ils se distinguent de leurs compatriotes arabophones en demandant aussi la reconnaissance de l’identité berbère des Algériens. Quelques-uns, indifférents aux regards réprobateurs, vont jusqu’à revendiquer l’autonomie, voire l’indépendance, de la Kabylie. L’universitaire Mohand Khellil confirmait dès 1994 ce paradoxe : minoritaires en Algérie, où ils comptent pour un bon tiers de la population (lire « Algériens… mais pas arabes »), les Kabyles occupent une place prépondérante dans l’immigration en France (4). Cette immigration se compose de 2 millions de personnes — dont 750 000 ne possèdent que le passeport algérien, le reste étant composé de Français ou de binationaux. Salem Chaker, professeur de linguistique et auteur de plusieurs travaux sur les communautés berbères (5), estime que, parmi elles, une grande partie seraient berbérophones, avec « une grande majorité kabyle ».

Attrait pour les métiers de la restauration

Les raisons de cette prédominance sont avant tout historiques, avec pour point d’orgue la révolte en Kabylie du cheikh Mohammed El-Hadj El-Mokrani, en 1871. Un soulèvement tribal qui fut maté dans le sang. « La répression s’est accompagnée de la confiscation par les autorités coloniales de centaines de milliers d’hectares de terres », rappelle l’historien Benjamin Stora. Parmi les insurgés qui échappèrent aux exécutions sommaires, certains furent déportés en Nouvelle-Calédonie, où leurs descendants vivent encore. Pour le reste, la survie fut synonyme d’exil, comme le confirme le sociologue Abdelkader Belkhodja, ancien responsable de l’Office national algérien de la main-d’œuvre (Onamo), qui organisa, entre 1963 et 1973, le recrutement et l’envoi de travailleurs vers la France. Dans sa thèse consacrée à l’émigration algérienne (6), il rappelle que les Kabyles se dispersèrent d’abord dans le reste de l’Algérie comme « ouvriers agricoles, marchands forains et, plus tard, boutiquiers dans les villes ». En 1905, l’essor économique de la Belle Époque attira dans l’Hexagone les premiers ouvriers algériens, « pour la plupart originaires de Grande Kabylie ». Ils furent suivis par les soldats démobilisés qui décidèrent de rester en métropole après la fin de la première guerre mondiale.

M. Hocine C. est arrivé directement de son village à Ménilmontant au lendemain de l’indépendance de son pays, en juillet 1962. Quand on lui demande pourquoi ce sont les Kabyles qui ont fourni les plus forts contingents de travailleurs algériens en France, sa réponse fuse : « Je viens des montagnes des Bibans. Là-bas, la terre ne donne rien. Il n’y a pas de travail. Nous sommes plus pauvres que les pauvres. Nous n’avions pas le choix. » Malgré l’apparition d’autres points de chute (Canada, Allemagne, Royaume-Uni, Benelux), la France demeure aujourd’hui la destination première des émigrés kabyles, qu’ils soient étudiants ou à la recherche d’un emploi. En mai 2016, une polémique a éclaté en Algérie après que la presse locale eut rapporté que l’ambassadeur de France avait déclaré, lors d’une réception privée dans la ville de Tizi Ouzou, que 60 % des visas délivrés par sa chancellerie bénéficiaient aux habitants de la Kabylie et que 50 % des étudiants algériens en France venaient de cette seule région (7). Il n’en fallut pas plus pour que Paris soit accusé de favoritisme par le biais d’un « quota kabyle », obligeant les autorités françaises à démentir les propos prêtés à leur ambassadeur.

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Nicolas Wietrich

Quel rapport les immigrés kabyles entretiennent-ils avec leur pays d’accueil ? Durant notre enquête, nous avons relevé une large tendance à se définir d’abord en fonction des principaux traits qui les concernent. Le premier est relatif au réflexe migratoire grégaire qui pousserait les communautés villageoises à se regrouper dans les mêmes quartiers, selon les possibilités d’emploi. En effet, à Paris et en Île-de-France, comme à Lille, Roubaix, Marseille ou Lyon, ces travailleurs se sont longtemps rassemblés « dans les arrondissements industrialisés et ouvriers », comme nous le précise Stora.

Une autre particularité mène à assimiler les Kabyles à des propriétaires de cafés, voire de bars-restaurants ou d’hôtels. M. Abdelkrim Bouseksou, ingénieur informaticien et économiste, le confirme. Arrivé en France au début des années 1980 pour terminer ses études, il est, entre autres, propriétaire de cafés, dont La Cantine, rue des Maronites, dans le 20e arrondissement de Paris. Selon lui, jusqu’à la fin du siècle dernier, « plus de 50 % des bars d’Île-de-France étaient tenus par des Kabyles ». Les établissements pouvaient changer de mains, mais ils restaient dans la communauté : « Depuis 1941, La Cantine a toujours appartenu à un Kabyle. Mon oncle en a été le gérant entre 1950 et 1954, et nous l’avons racheté en 2003. Cela se passait toujours ainsi. Un Kabyle préfère vendre à un autre Kabyle, sauf quand l’établissement est préempté par la mairie. »

Les particularités de l’histoire expliquent cet attrait pour les métiers de la restauration et, par extension, de l’hôtellerie. Au départ, les Kabyles ouvraient de petits cafés qui furent un prolongement du village, une sorte de centre d’entraide communautaire que surent exploiter les mouvements indépendantistes, en particulier durant la guerre d’Algérie (collecte de fonds, réunions de militants et même interrogatoires de ceux qui étaient suspectés de trahir la cause). À la fin des années 1950, les Auvergnats, ou « bougnats », propriétaires de la majorité des bars et cafés-restaurants-hôtels de la capitale française, cédèrent quelques commerces de l’Est parisien aux Kabyles (8). À l’indépendance de leur pays, en 1962, les Algériens bénéficièrent d’une disposition des accords d’Évian faisant d’eux les seuls étrangers (jusqu’en 2017) à pouvoir tenir un débit de boissons licence IV (autorisant à vendre de l’alcool). C’est ainsi qu’un grand nombre de bistrots et de cafés parisiens furent rachetés par des Kabyles durant les années 1960 et 1970.

« Je porte la double culture, berbère et parisienne »

De son côté, l’historien Mohamed Harbi rappelle que, au départ, le métier de cafetier était réservé à une élite de l’immigration algérienne. « On prenait comme un mauvais sort d’appartenir à la classe ouvrière. Il fallait en sortir au plus vite. Et les plus aptes émergeaient pour aller dans le commerce ou dans d’autres activités. » Aujourd’hui encore, ce type d’activité est vu comme un débouché possible, y compris quand on a fait des études supérieures. Après un master d’économie et de droit immobilier, M. Amine Bouseksou, 33 ans, fils de M. Abdelkrim Bouseksou, a suivi la tradition familiale en acquérant à son tour un café. « Je suis né à l’hôpital Tenon, dans le 20e arrondissement, et j’ai grandi aux Lilas et à Romainville. J’ai toujours été passionné par les bistrots. C’est un lieu extraordinaire d’un point de vue humain. Je porte la double culture, berbère et parisienne. Même si j’en ai moins conscience, la culture du bistrot se transmet. Mon frère aussi, après ses études, y est revenu. »

Autre choix professionnel fréquent pour les Kabyles de Paris : le métier de chauffeur de taxi — « taxieur », comme disent les Algériens. Y compris dans les jeunes générations plus instruites. « Conduire un taxi m’a permis de financer mes études », confirme M. Bouseksou. Ici aussi, la solidarité communautaire joue à plein. Le jeune qui souhaite se lancer trouvera facilement un « cousin » pour lui sous-louer la licence, voire la lui céder, tandis que les gens de Tamurt (le pays) mettront la main à la poche pour aider à l’acheter.

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Nicolas Wietrich

Plus que les clichés concernant leurs occupations professionnelles, nos interlocuteurs insistent sur les amalgames de la société française, qui ne semble pas toujours capable de faire la distinction entre Kabyles et Arabes. « Quand je dis que je suis algérien, on me répond : “Ah, tu es arabe, alors ?” Je suis fier d’être algérien, mais je ne suis pas arabe », observe ainsi M. Nacer M., étudiant en lettres originaire de Bouira. À propos de cette confusion, Karima Dirèche, auteure d’un ouvrage sur l’histoire de l’immigration kabyle au XXe siècle (9), évoque un « immense malentendu sociologique », puisque, en France, y compris au niveau officiel, on considère les Kabyles comme « des Arabes au niveau de la catégorie de dénomination ». Ainsi, « dans les années 1980-1990, lorsque l’éducation nationale proposait à des élèves issus de l’immigration d’apprendre leur langue maternelle, elle pensait à l’arabe, alors qu’on avait affaire à des enfants qui étaient monolingues berbères et qui vivaient dans des univers linguistiques exclusivement berbérophones ». En 2020, en plein débat sur la lutte contre le « séparatisme », le président Emmanuel Macron se laissait prendre, lui aussi, à ce malentendu sociologique en présentant l’enseignement de la langue arabe comme solution ponctuelle, sans mentionner le berbère. En 1999, selon une enquête effectuée par le Comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne, 1,5 à 2 millions de personnes vivant en France parlaient les langues berbères (kabyle, chleuh, rifain, chaoui).

Pour les anciennes générations, la langue kabyle fut d’abord une langue de survie dans un milieu inconnu, comme le rappelle M. Bouseksou. « Les nouveaux arrivants, pour la plupart analphabètes, étaient totalement pris en charge par la communauté. Ils étaient logés et nourris. On leur donnait de l’argent, on leur apprenait à circuler dans Paris. On les accompagnait à leur travail jusqu’à ce qu’ils connaissent le chemin. Ils ne pouvaient pas apprendre le français, car ils continuaient à vivre dans leur communauté — d’une certaine façon, dans leur village. »

L’ancienne communauté de migrants ouvriers, que représentent les hommes assis sur les bancs de Ménilmontant, se réduit. Elle laisse place, explique l’ethno-psychothérapeute Hamid Salmi, à des Kabyles instruits, entrepreneurs, hauts cadres, élus de la République, enseignants, commerçants et travailleurs sociaux. « Cette nouvelle communauté, précise-t-il, est formée par les enfants de la troisième génération, ainsi que par des exilés culturels et politiques et des étudiants qui arrivent chaque année de Kabylie et d’autres régions d’Algérie. » Si, chez les nouveaux arrivants, la maîtrise de la langue coule de source, la situation est plus contrastée chez les jeunes générations nées en France. Mme Nadia T., qui travaille dans l’accompagnement scolaire, est arrivée en Normandie à l’âge de 1 an. « J’ai grandi dans le pays de Bray et nous étions la seule famille kabyle. J’ai été élevée par ma mère et par mon frère aîné. C’est d’ailleurs grâce à lui que je parle kabyle aujourd’hui. Dès que mon autre frère et moi parlions français à la maison, il nous assénait un “achou ?” [“quoi ?”] qui nous obligeait à poursuivre en kabyle. »

Une intégration meilleure que celle des arabophones ?

Souvent, quand les parents parlent en kabyle aux enfants, ces derniers ont tendance à leur répondre en français. « Je le comprends, mais je le parle moins bien que mes parents, confirme Mme Rachida Dabi, médecin généraliste. Avant, les voyages au pays durant l’été me permettaient de me remettre un peu à niveau. Pour un temps… » Même son de cloche chez le journaliste et écrivain Nadir Dendoune : « Mes parents voulaient que je sois un Français comme les autres, alors ils ne me parlaient que dans leur français cabossé. Je comprends assez bien le kabyle, mais je ne le parle pas très bien. Tous les ans, j’envisage de prendre des cours… » À Paris et en région parisienne, quelques associations proposent un tel enseignement, mais Mme Dabi aurait aimé que l’éducation nationale le prenne en charge.

Parmi les idées reçues qui prévalent en France à propos de l’immigration kabyle, il y a celle selon laquelle cette communauté s’illustrerait par une intégration meilleure que celles provenant des régions arabophones d’Algérie. Mieux : leur société villageoise traditionnelle se caractérisant par une séparation entre la gestion de la cité — prise en charge par les sages — et les questions religieuses — domaine de la mosquée —, les Kabyles sont souvent perçus comme plus favorables à une certaine modernité, voire à la laïcité. Il s’agit là d’une très lointaine survivance du « mythe kabyle » entretenu par les stratèges militaires et les penseurs de la colonisation. En effet, les premières études anthropologiques de la fin du XIXe siècle, notamment celles menées par le docteur Paul Topinard (1876), différenciaient Arabes et Kabyles, attribuant à ces derniers des qualités susceptibles d’en faire des alliés de la France et de la colonisation (10). Or les Kabyles, comme les Chaouias, autre communauté berbérophone, furent à la pointe du combat indépendantiste. Mais cette vision doit aussi beaucoup à l’intégration professionnelle, apparemment plus aisée, de communautés « dures au mal » et dont la pratique religieuse est peu visible.

Militant engagé en faveur de la défense de l’identité berbère, l’universitaire Hacène Hirèche vit en France depuis la fin des années 1970. Pour lui, cette perception vient surtout des « stratégies identitaires de revalorisation communautaire » que mettent en place les Kabyles pour se distancier des étiquettes « Arabe » ou « musulman ». Une stratégie qui s’appuie notamment sur la mise en avant d’une culture propre, puisant ses racines dans une époque antéislamique, et sur la « réappropriation de personnages historiques comme saint Augustin, Jugurtha, la Kahina, et l’identification à des personnalités comme Zinedine Zidane, Mouloudji, Idir et tant d’autres ».

Dans son implantation en France, et en particulier à Paris et dans sa banlieue, l’immigration kabyle semble effectivement plus encline à une certaine tolérance, notamment par rapport aux interdits de l’islam. « Dans nos cafés, ce n’est pas une hérésie qu’un ouvrier boive son demi de bière ou son ballon de rouge », confirme M. Bouseksou, qui relève néanmoins certains paradoxes : « Pour qu’un travailleur kabyle fréquente un café-restaurant, celui-ci doit réunir deux conditions apparemment incompatibles : il faut qu’il soit assuré que la viande est hallal et que, dans le même temps, il puisse boire son pichet de vin à table. »

Quand on lui demande s’il pense qu’être kabyle offre quelques avantages par rapport au fait d’être arabophone, M. Hocine C., 84 ans, se crispe. « Je suis arrivé à Ménilmontant le 13 octobre 1963. Kabyles ou pas, les Français nous méprisaient. Ils nous ignoraient ; nous n’existions pas. Nous n’étions pas instruits. Nous ne connaissions pas la langue française et nous étions tous pour eux des Arabes, sans aucune distinction. » Mme Dabi remarque quant à elle : « La réaction n’est pas la même si je dis que je suis d’origine algérienne ou que je suis kabyle. Dans le second cas, la réaction est plus avenante. » Et de préciser qu’elle préfère se présenter comme « d’origine algérienne et kabyle ».

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Nicolas Wietrich

Nos interlocuteurs évoquent l’émiettement de leur communauté, son incapacité à s’organiser dans le temps long. Ainsi, M. Chérif Benbouriche, cofondateur et actuel responsable de l’Association de culture berbère (ACB), relève que les Kabyles, pourtant installés en France depuis plus d’un siècle, ne sont jamais parvenus à imposer Yennayer, le Nouvel An berbère (12 janvier), comme un événement visible dans la société française (11), à l’image du Nouvel An chinois. Une impuissance qui relèverait d’une incapacité à s’organiser au-delà des simples liens villageois ou familiaux.

Pour M. Mahieddine Ouferhat, ancien responsable de la section immigration du Front des forces socialistes (FFS) et directeur d’un organisme de formation à Saint-Denis, ville qui abrite l’une des plus importantes communautés kabyles de France, il existe davantage « un sentiment d’appartenance communautaire kabyle qu’une communauté au sens organisé du terme, avec des dirigeants reconnus, des lieux et des occasions de rassemblement ». Un avis partagé par le journaliste Mohand Bakir, militant progressiste et acteur parisien du Hirak : il préfère parler de « communautés kabyles », qui procéderaient de liens de parentèle ou géographiques sans jamais se « cristalliser dans un mouvement plus large de type politique ou identitaire ».

« De plus en plus de membres de notre communauté sont intégrés à la société française, et leurs liens avec le pays se distendent », relève M. Bakir, qui reste sceptique quant à l’impact unificateur du Hirak. « Les Kabyles sont très fortement présents dans les mobilisations, mais cette implication est individuelle et déconnectée des appartenances traditionnelles. Le village, la tribu, l’ârch, ou confédération tribale, et l’espace étatique algérien ou l’espace public français sont vécus comme des univers parallèles. » Pour lui, l’une des fragilités du Hirak dans la diaspora est de n’avoir pas touché la grande majorité des immigrés, qui restent extérieurs à cette dynamique. « Les petites gens de l’immigration, les chibanis des foyers, demeurent influencés par ce qui reste des réseaux de l’Amicale des Algériens en Europe. D’ailleurs, ce sont ces vieux que l’on voit voter parce qu’ils craignent des représailles des consulats. »

Désormais, les Kabyles de France font face à un nouveau défi. Depuis la répression sanglante du « printemps noir » de 2001, le reflux des partis d’opposition traditionnels, comme le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ou le FFS, a ouvert la voie à un mouvement nationalitaire, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). Fondé et dirigé par l’homme politique et chanteur Ferhat Mehenni, celui-ci revendique, depuis 2013, l’indépendance de la région. Difficile de mesurer ses effectifs et son influence sur l’immigration, mais sa visibilité est croissante. Pour Hend Sadi, universitaire et militant berbériste vivant en France depuis le début des années 1970, « nombre de Kabyles rejettent l’idéologie arabo-islamique que continue de brandir un pouvoir algérien totalement discrédité. Cela fait tomber les barrières, et certains ne craignent plus de revendiquer l’indépendance de la Kabylie, alors qu’il y a quelques années un tel mot d’ordre se serait fracassé sur l’impératif de l’“unité nationale” ».

Arezki Metref

Compte-rendu de la réunion sur les reports de trafic automobile sur la rue de Ménilmontant à la suite de la création d’une piste cyclable avenue Gambetta

Jeudi 26 novembre 2020 a eu lieu une réunion publique consacrée au plan de circulation dans le 20ème par ZOOM organisée par la Maire du 20ème arrondissement. Voici un bref compte rendu élaboré par les membres du Collectif Ménilmontant ne lâchera pas que nous reproduisons

Il y a eu environ 100 participants dont pour les personnes élues et chargées de mission pour la ville de Paris :

Dans un premier temps, les élus et chargés de mission des aménagements cyclables de la ville de Paris ont expliqué les raisons de la fermeture de l’Avenue Gambetta à la circulation automobile, ainsi que l’ouverture des pistes cyclables (les coronapistes).

Cette décision politique (coronapistes) à la sortie du confinement au printemps 2020 a été prise dans l’idée de favoriser les déplacements en vélo des parisiens. Elle s’est faite sans concertation au regard du contexte de la crise sanitaire. La coronapiste de l’avenue Gambetta, s’inscrit également dans le plan du Vélopolitain.

Il est important de rappeler qu’aucune étude n’a été faite en amont prenant en compte le contexte urbain, géographique, démographique, et sociologique… des quartiers (avenue Gambetta et rue Ménilmontant). C’est une évidence pour tous qu’il s’agit là d’un gros RATÉ, les études d’impact sont bien inutiles à ce stade. C’est du bon sens. Un enfant de CP peut le comprendre…

On a d’un côté : Une avenue Gambetta de type haussmannienne (600m de long de place à place), large et bordée d’un côté par un cimetière avec de grands arbres, avec peu d’habitations et de commerces (une ligne de métro souterraine ligne 3 qui relie le Père Lachaise et place Gambetta) (deux lignes de bus 61 et 69)

Et de l’autre : un « faubourg » , Une rue Ménilmontant (longue de 1600m jusqu’à St Fargeau), étroite et très pentue, très dense en habitations et en population, avec 8 écoles et crèches (donc poussettes au niveau des pots d’échappement) et jardins publics en bordure, de nombreux commerces donc des livraisons quotidiennes, (une ligne de bus 96 sans couloir dédié qui pallie à l’absence de métro)

Pour toutes ces raisons citées plus haut, il est évident que l’avenue Gambetta peut supporter plus de trafic que Ménilmontant. Le choix d’une coronapiste sur Ménilmontant aurait été plus judicieux; Et à l’heure du vélo électrique, l’argument d’une rue trop pentue pour le vélo ne tient pas.

La situation actuelle : la coronapiste décidée sur l’avenue Gambetta a eu pour conséquence de reporter toute la circulation automobile sur la rue de Ménilmontant, qui avait déjà subi le report de la rue de Belleville. Elle est devenue la seule voie montante pour rejoindre la banlieue. Aujourd’hui et même en plein confinement, c’est une véritable autoroute, les embouteillages sont permanents, la pollution est extrême, le bruit est infernal, les accidents fréquents, le bus n’avance plus…les habitants sont en danger et en souffrance. La rue de Ménilmontant a été sacrifiée.

Voici les Propositions faites par la mairie:

Solution 1 : report rue Sorbier

Réouverture de l’avenue Gambetta entre Sorbier et la place Gambetta ce qui créerait un “appel d’air” dans la rue Sorbier en augmentant son trafic de 500%, un trafic faible sur la voie mais des nuisances. Ce trafic resterait tout de même assez faible (350 véhicules) par rapport à la capacité de la voie, mais peut générer des nuisances. Deux problèmes posés par ce report de trafic: 1. au carrefour Ménilmontant:Sorbier: problématique de mouvement tournant à droite en conflit avec les piétons qui traversent Ménilmontant. 2. Place Gambetta: rechargement de la place avec + de véhicules, risque d’aggravation de la congestion. Pas d’itinéraire malin: pas de raccourci “Waze” avéré (+ 20 véhicules uniquement)

La flèche violette correspond a la circulation rouverte

Solution 2 : retour à la situation antérieure

Retour à la situation antérieure en termes de circulation automobile Suppression du stationnement en autopartage et zones de livraison. Rétrécissements à prévoir au niveau des arrêts de bus. Travaux à prévoir au niveau de la place Gambetta. Enjeux et objectifs : le tracé de la Ligne V3 du futur “vélopolitain”. La nécessité d’avoir une piste protégée traversant et montante dans le 20ème, et faisant le lien entre le centre de Paris et les communes limitrophes (Montreuil, les Lilas, …). L’avenue Gambetta est la plus propice pour le vélo en termes de pente.

Trois possibilités de pistes cyclables:- une piste cyclable bidirectionnelle côté cimetière du Père Lachaise – une piste cyclable bidirectionnelle côté bâti – deux pistes étroites de chaque côté (impossibilité de doubler dans la montée). Possibilité à confirmer après étude des Services de la Ville.

La flèche violette correspond a la circulation rouverte

La mairie propose la création d’un Comité de suivi – Modalités et organisation10 personnes sélectionnées parmi les volontaires inscrits.

Qui habitait les11e et 20e arrondissement en 1906 ? Plongez dans le Belleville et le Bastille du début du siècle

Ce texte est extrait de la Revue des Deux Mondes et d’un article sur le “Paris des pauvres” publiée le 1er septembre 1906 (Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)

Le onzième arrondissement a des points de ressemblance avec le troisième. C’est le même assemblage de rues étroites, la même densité de population, la même activité. Seulement, le territoire est deux fois plus grand; au lieu de joujoux, on produit de puissantes machines; les maisons n’occupent plus quelques dizaines d’ouvriers, mais plusieurs centaines; le maître d’entreprise est un ingénieur, qui manie le fer, l’acier, le cuivre ou le bois. Le caractère industriel de l’arrondissement peut être précisé par cette remarque qu’à Paris il existe 25 usines qui produisent la force motrice pour la vendre; 18 d’entre elles donnent la vie à tous ces ateliers dont quelques-uns ont une réputation universelle.

L’aspect général n’est pas séduisant. Si l’on regarde une carte, on est surpris du dédale de rues, de passages, d’impasses, de cités, de cours qui encombrent l’arrondissement tout entier.

Il n’y a pas lieu, à ce point de vue, de distinguer entre les quartiers. Tous fourmillent d’ouvriers. L’industrie du bois est surtout en honneur dans le quartier Sainte-Marguerite la métallurgie occupe le reste du territoire, un peu dissimulée par les maisons d’habitation qui bordent les avenues Philippe-Auguste, de la République et les boulevards Voltaire et Richard-Lenoir.

La population y est plus considérable que dans les autres arrondissements de Paris, sauf le dix-huitième; mais ce n’est pas là qu’elle est la plus pauvre. C’est que les ressources sont nombreuses; les salaires sont généralement élevés, dans ces industries qui réclament des connaissances professionnelles très sérieuses. Il n’est pas rare, parmi les constructeurs de machines ou les faiseurs de meubles, de rencontrer des ouvriers qui gagnent 10 francs par jour, et parfois davantage. Les femmes comme les hommes, trouvent facilement à s’employer dans des professions qui rapportent; les décolteuses, brunisseuses, riveuses ont un salaire moyen de 3 francs, et les monteuses de couronnes 6 francs quelquefois. Il peut donc arriver, et il arrive en effet, que certains ménages ouvriers vivent dans l’aisance. Malheureusement, c’est l’exception. Il faut compter avec les charges de famille, avec le chômage, et aussi avec l’imprévoyance habituelle de la classe ouvrière. De plus, à côté de métiers qui payent bien, il en est d’autres qui assurent à peine la subsistance.

Dans le quartier de la Roquette, aux environs de la Bastille nous retrouvons les juifs polonais faiseurs de casquettes. Ils vivent confondus avec les chiffonniers du fer. Il s’agit là d’un groupement si important qu’il s’est créé pour lui un marché spécial où l’on trouve tous les produits alimentaires d’Auvergne, surtout des pâtes, des fromages et de la charcuterie. Le ferrailleur est vendeur et acheteur de tout objet de fer ayant servi; on trouve chez lui des clous ou des machines, et ses affaires peuvent à ce point se développer qu’on en voit parfois acheter au poids des wagons entiers qu’ils revendent ensuite au détail.

La cour de l’industrie

A l’autre extrémité du quartier, dans les terrains qui longent l’avenue Philippe-Auguste, se trouve un refuge de forains. Il y là toujours au moins soixante roulottes qui abritent des familles remarquables par le nombre des enfants. Le ménage peut parfois en compter une dizaine qui vivent littéralement les uns sur les autres. A côté des forains qui sont une exception, se trouvent en grand nombre des porteurs aux Halles et des marchands des quatre saisons. Les Halles sont assez loin pour être hors de portée de la population qui réside; il y a place, pour les loueurs de petites voitures, à un certain profit. Les loyers, sans être encore d’un prix très abordable, sont cependant beaucoup moins chers que dans le troisième. On trouve une chambre pour 100 à 200 francs et l’hôtel coûte généralement de 2 fr. 50 à 3 francs par semaine. Ces prix conviennent non seulement l’ouvrier qui fabrique en chambre les objets de bois que l’on vend le samedi,  à la Trôle. mais encore à un très grand nombre de journaliers qui constituent une bonne part de ceux qui demandent.

Les foyers indigents sont nombreux. Les plus remarquables s’appellent, dans la Roquette, la cité Levage avec 200 à 300 vieilles femmes, dont la plupart sont marchandes des quatre saisons, l’impasse Delaunay et la cité Industrielle, qui à elles deux comptent bien 150 indigents, les rues Popincourt, de Montreuil et du faubourg du Temple qui sont très malheureuses. Dans le quartier Saint-Ambroise, l’impasse Trouillot compte autant d’inscrits que la cité Industrielle. Pour le reste, la population nécessiteuse est assez uniformément répartie.

En somme, cet arrondissement mérite de fixer l’attention, à cause de sa très grosse population ouvrière, des qualités professionnelles qu’il y a lieu de lui reconnaître, et aussi de ces salaires élevés qui rendraient l’épargne possible, si les cabarets étaient plus rares et la vie moins onéreuse.

Le vingtième arrondissement est logé presque en entier sur le plateau de Romainville et de Bagnolet; seule une partie du quartier de Charonne est en plaine. Trois des quartiers touchent au onzième arrondissement Belleville, le Père-Lachaise et Charonne; Saint-Fargeau est tout à fait extérieur; il fait suite à Belleville et au Père-Lachaise. L’arrondissement compte 430 000 âmes. Il a le triste privilège d’être le plus pauvre de Paris; ou, si l’on veut, de venir au même rang que le treizième.

Par comparaison avec ses voisins, Saint-Fargeau peut passer pour aisé. Autrefois, toute cette région était occupée par des maraîchers et des horticulteurs. L’industrie devait être bonne car, sur les terrains de culture, il y a maintenant de petites villas, Ce ne sont pas des constructions luxueuses, comme à la Muette; mais de très modestes maisons.

Rue des Couronnes

Ceux de la dernière génération assurent que de leur temps tout le haut Belleville était morcelé en petits domaines bourgeois. C’était le rêve des petits boutiquiers d’avoir là maison et jardin; et comme il suffisait de peu d’argent pour s’établir, ils ont eu vite fait de former des groupements importants. Le sol ne se prête pas facilement à la construction de hautes maisons. Le sable et la terre glaise, qu’on rencontre partout, obligent au creusement de puits profonds pour les fondations, et à des travaux d’art qui supposent la mise en œuvre de gros capitaux.

Cependant, peu à peu, le quartier se modifie, la population compte déjà 13 000 âmes, les moyens de transport, dans les directions de l’Opéra et du Château-d’Eau, s’améliorent tous les jours; les maraîchers s’en vont, ne laissant derrière eux que quelques horticulteurs qui font des fleurs pour les cimetières; l’aspect champêtre du lieu est évidemment menacé. Mais la population jouit encore de commodités réelles; elle est tranquille, vit de ses rentes, ou de son travail; les mauvais garnis n’ont pas encore paru. C’est un séjour de sages, quelquefois d’heureux. Il y a des ombres dont nous n’avons rien dit; l’impasse du Progrès, l’impasse Haxo, le passage Boudin sont des refuges où les malheureux s’entassent en des maisons basses, perdues dans des espaces considérables, absolument dépeuplés, dont quelques-uns mesurent 80 000 mètres carrés. Là, c’est la solitude qui encadre la misère.

Pour le reste de l’arrondissement, ce qui frappe, ce sont les différences qu’on constate dans l’extérieur des habitants, suivant qu’on s’approche ou qu’on s’éloigne des boulevards. Il y a comme une série d’étages dans la population.

En parcourant le quartier du Combat, il a fallu formuler un regret à la vue de ces misérables garnis qui avoisinent le boulevard de la Villette. A Belleville, c’est une plaie vive qui s’étale et se prolonge tout le long de Ménilmontant et dans le Père-Lachaise. Toutes les rues, dans le bas des deux quartiers, sont remplies de ces affreux immeubles, malpropres, surpeuplés, où logent, à la semaine, souvent à la nuit, plusieurs milliers de créatures, hommes et femmes, qui vivent d’expédients et de délits. Les souteneurs, les filles, les repris de justice sont là, comme à l’affût des occasions qui peuvent s’offrir à leur portée.

Pourquoi faut-il que, sous les mêmes toits, on trouve des travailleurs ? Ils veulent payer moins cher, ou plus commodément, leur logement. Ils perdent, à ce calcul, ce qu’ils ont de bon au cœur et leur moralité. Cette clientèle se tient si mal que les logeurs, aux époques de distribution des bons de logement, reçoivent, comme des hôtes de choix, les malheureux qui leur sont envoyés par les asiles de nuit. On a beaucoup parlé d’habitations à construire pour les ouvriers. C’est ici que l’on peut mesurer l’étendue des besoins et le néant des résultats.

Il n’est pas possible de n’être pas frappé du nombre et de l’importance des coopératives ouvrières de consommation qui rayonnent sur le vingtième, sur le onzième et sur la partie du dix-neuvième qui se confond avec Belleville. Il est de ces sociétés qui comptent 20 000 membres, d’autres 10 000, toutes plusieurs milliers. Elles se proposent d’acheter au meilleur compte et de revendre au prix coûtant les objets d’alimentation, de vêtement, de chauffage qui sont indispensables pour vivre. Et par année, ou par semestre, on distribue aux adhérents les bénéfices réalisés sur les prix de vente. Cet appât du boni à toucher a fait des prodiges.

Dire quelle est la clientèle de ces institutions, c’est passer en revue tout le meilleur de la population du vingtième. Ce sont des ouvriers du fer, du bois, du bâtiment qui descendent chaque jour à leur travail dans le centre de Paris, surtout dans le onzième; ou bien se rendent par la ligne de ceinture à Montmartre, aux Ternes, même à Javel pour s’occuper dans les usines. Ce sont de petits employés qui appartiennent à des services publics, octroi, travaux, police, bureaux des préfectures ou des ministères; ou à des entreprises privées où ils sont métreurs, comptables, commis de magasins. Ce sont des ouvrières dont le métier se rapporte à la passementerie, à la confection, aux modes on peut évaluer à près de 20 000 le nombre des femmes qui, dans Belleville et le Père-Lachaise, vivent de ces professions. Tout ce monde est là, parce que les ressources sont modestes et qu’il fallait trouver au meilleur compte le logement et la nourriture.

On peut dire qu’il n’y a pas d’industrie spéciale au vingtième arrondissement. Sans doute, on pourrait citer quelques fonderies, quelques manufactures, quelques fabriques. Mais tout cela ne peut faire vivre qu’une part infime de la population. Aux premières heures du jour et le soir, quand est finie la journée de travail, c’est un mouvement fantastique de tous les adultes, hommes et femmes, qui s’en vont ou reviennent. Dans la journée, les quartiers sont comme frappés de sommeil. Seuls les marchés et la rue des Pyrénées ont encore un peu d’animation.

Les ménagères s’occupent des intérieurs, font des provisions et soignent les enfants. Ici, il y en a presque autant qu’au treizième. Il en résulte une évidente obligation d’assistance que les pouvoirs publics ont volontiers reconnue. Quant aux denrées alimentaires, elles sont d’un prix extraordinaire de bon marché. On trouve dans ces régions habitées par les pauvres, des viandes, des légumes et des fruits qu’il serait impossible de découvrir ailleurs.

Peut-être, jusqu’ici, n’avons-nous point insisté suffisamment sur les manifestations de misère que l’on rencontre partout. Nous savons que 6000 indigents reçoivent des allocations périodiques le nombre de ceux qui demandent des secours, au cours de l’année, est évalué à 40000. Il est de vieux immeubles qui sont de véritables casernements de misérables. De nombreux numéros seraient à citer; à Belleville: rues de Belleville, de Tourtille, du Pressoir, Piat; au Père-La chaise rues des Amandiers, de Ménilmontant, Orfila, des Partants, Duris; à Charonne rues des Haies, Courat, Saint-Blaise; et, entre tous, l’hôtel du passage Brémant, qui ne contient pas moins de 400 chambres ou petits logements.

Sur les terrains non construits notamment dans la rue des Pyrénées, on rencontre des agglomérations de roulottes et de baraques faites de planches, de toile, de carton bitumé, parfois de vieilles boîtes à sardines là trouvent refuge des forains, des brossiers, des repasseurs de couteaux, des rétameurs de casseroles, des fabricants de paniers, des éleveurs de pigeons, des brocanteurs et des chiffonniers. Le prix des loyers varie, de 3 francs par semaine à 5 francs par mois pour un terrain où une famille peu exigeante parvient à camper.

Le brocantage semble être une occupation répandue. On restaure du mieux qu’on peut des effets d’habillement pour les offrir aux amateurs, sur le « marché aux puces, » près la Porte de Montreuil. Les chiffonnières du treizième viennent y vendre leur travail; elles s’y rencontrent avec les biffins et chineurs de Belleville, de la rue des Amandiers et de la place de la Réunion. Toute la banlieue d’alentour, Montreuil, Bagnolet, les Lilas, concourent à la foule des acheteurs. C’est le pendant du marché aux ferrailles de la Porte d’Ivry.

Ce marché est à l’extrémité du territoire de Charonne. Comme le sol s’est abaissé, l’industrie a reparu. Voici des fabriques de coton, des brasseries, des chocolateries, des entreprises de transport, l’usine à gaz, le métropolitain on parle de construire, vers la rue Saint-Blaise, une gare aux marchandises. En attendant la suite de ce projet, les abords du boulevard Davout sont occupés par une armée de chiffonniers dont beaucoup entassent des peaux de lapins. Ils trouvent à écouler leurs provisions chez les coupeurs de poils qui préparent les chapeaux. Comme on voit, l’ouvrier peut, en cet endroit, trouver sur place un salaire, et la région se distingue tout à fait, à ce point de vue, du reste de l’arrondissement.

Dites non au transfert de la circulation et de la pollution sur la rue de Ménilmontant !

Après la mise en sens unique de la rue de Belleville, qui a généré des reports de circulation importants sur la rue des Couronnes et la rue de Ménilmontant (alors qu’on nous avait assuré la main sur le coeur que le trafic s’évaporait), c’est cette fois la décision de David Belliard, adjoint écologiste de Anne HIDALGO, de créer une coronapiste sur l’avenue GAMBETTA, qui génère des reports de circulation massifs sur la rue de Ménilmontant.

En réalité c’est tout le secteur, de la rue Oberkampf au carrefour de Ménilmontant, qui est impacté, saturé et pollué. Cette décision de David BELLIARD est d’une brutalité inouïe et injuste. Les habitants de Ménilmontant sont parmi les plus pauvres de Paris. Pourquoi leur faire payer le prix d’une piste cyclable avenue GAMBETTA ?

Les habitants commencent à se mobiliser et ont mis au point une pétition. Vous trouverez ci-après le texte de cette pétition. Nous vous encourageons à la signer et à la partager. Le lien est en bas de cet article.

La rue de Ménilmontant, par son histoire et sa situation, est un espace vivant et populaire. Le charme de sa vie de quartier a inspiré de nombreux artistes.
Bordée de commerces et de terrasses, elle offre aux passants un large choix de lieux de convivialité. Elle rassemble également écoles, crèches et jardins publics, qui accueillent les très nombreux enfants de Ménilmontant.
 
Depuis le double report de la circulation de l’avenue Gambetta et de la rue de Belleville, elle est devenue le seul axe ouvert à la circulation routière pour rejoindre les extérieurs de la ville. Ce changement d’aménagement des voies a eu un effet catastrophique sur la densité du trafic dans la rue de Ménilmontant et également sur les petites rues qui la bordent, où les embouteillages sont devenus insupportables.
 
Les conséquences sont néfastes à plusieurs niveaux :
·       Sur la santé publique: le trafic incessant génère une pollution extrême, redoublée par les démarrages en côte qui intensifient les gaz toxiques.
·       Sur la sécurité des piétons et l’augmentation des risques d’accidents : les enfants et adolescents qui se rendent dans les nombreuses écoles du secteur sont en danger. De même pour les personnes vulnérables qui doivent traverser la chaussée… L’engorgement de la rue produit également un climat pénible d’incivilités et d’agressivités entre les passants et les automobilistes.
·       Sur la fréquentation des commerces
 
Et le bruit permanent des voitures, motos, bus et camions… rend l’environnement extrêmement pollué et stressant.
 
Aujourd’hui, nous, riverains, commerçants, parents, et tous ceux qui font du quartier Ménilmontant un espace unique pour sa richesse et sa diversité :

·     Refusons que notre rue devienne un couloir de trafic routier saturé !
·     Refusons de vivre dans un environnement inhumain et pollué !
·     Refusons d’être victimes de ces dangers et nuisances insupportables !

Nous, « Les gars et les filles de Ménilmontant », voulons vivre sereinement et en toute sécurité dans notre quartier.

A l’heure où l’écologie et la réduction de la pollution sont au cœur des engagements de ceux qui administrent notre ville, il est irresponsable de laisser une telle situation perdurer.

C’est pourquoi nous demandons en urgence à la Mairie de Paris de reconsidérer le double report de la circulation de l’avenue Gambetta et de la rue de Belleville sur la rue de Ménilmontant.

Pour signer la pétition c’est ici

Marché de Belleville : les associations d’habitants et de commerçants refusent tout retour en arrière

Dans un courrier du 29 juin 2020, les associations de riverains et de commerçants du quartier demandent à la Maire de Paris de ne pas doubler le nombre de stands du marché de Belleville. Ils avancent que l’organisation mise en place depuis le déconfinement avec une seul file de stands, est la seule compatible avec l’importance de sa fréquentation, respectueuse des usagers, riverains et des cyclistes.

Vous en trouverez la teneur ci-après.

Avant : un marché saturé où il était impossible de circuler
Depuis le déconfinement : le marché est plus aéré, plus agréable
Depuis le déconfinement : le marché est plus aéré, plus agréable

Madame la Maire de Paris,

Depuis plusieurs années, les usagers, riverains, commerçants et habitants du quartier Belleville Saint-Maur demandent de dé-densifier le marché de Belleville, au sein duquel il est impossible circuler, en raison de l’organisation en double file des stands et de la largeur insuffisante du terre-plein central.

Depuis le déconfinement, un seul linéaire sur les deux a été maintenu. Cela a permis, non seulement de respecter la distanciation physique, mais également d’apaiser le marché. La situation des femmes et la sécurité s’en sont trouvées notamment grandement améliorées. Les files d’attente devant les stands ne se sont pas accrues, alors même que le nombre de stands a été diminué. Cet aménagement permet en outre au marché de Belleville d’assurer enfin sa fonction sociale, en permettant à ses usagers de s’arrêter pour se rencontrer, prendre des nouvelles, sans créer de bouchons et sans être, sans cesse, bousculés.

En divisant par deux le nombre de camions, les nuisances et la pollution générés par ce marché ont été réduites. Les places de stationnement côté 11e, qui étaient occupées en totalité par les camions des forains les jours de marchés, sont plus fréquemment disponibles, réduisant considérablement les arrêts intempestifs de véhicules sur la piste cyclable. Les commerçants sédentaires peuvent enfin utiliser les emplacements de livraison.

Compte tenu de ces éléments, un retour en arrière serait problématique et incompréhensible, alors qu’il y a de plus en plus de cyclistes qui empruntent la piste cyclable.       

Par ailleurs, il est fait observer qu’une large part des forains qui ont manifesté leur volonté de réintégrer le marché Belleville, sont des commerçants volants et qu’un emplacement sur un marché découvert ne saurait constituer un droit absolu et à durée indéterminée, en particulier pour des commerçants qui n’ont pas d’abonnement à l’année.

En outre, pour nombre d’entre-eux, ces commerçants vendent des produits non alimentaires et en particulier des textiles à bas prix ou des articles de bazar, en méconnaissance de la priorité accordée à l’offre en produits frais du Règlement des marchés découverts, comme l’a rappelé le Conseil de Paris en décembre dernier.

C’est d’ailleurs ainsi que s’explique la dérive du marché de Belleville vers le non alimentaire : trop étendu, il fallait occuper à tout prix occuper l’espace délaissé par l’alimentaire, en ayant trop souvent recours aux commerçants volants non alimentaires, plutôt que de récupérer cet espace, pour aérer le marché et le rendre plus agréable. 

Enfin, nous notons que la diminution du nombre de stands du marché a permis de redynamiser, dans une certaine mesure, les commerces sédentaires du boulevard de Belleville et de ses abords.

Réinstaller cette concurrence déloyale, reviendrait à « planter un couteau dans le dos » de ces commerçants sédentaires, dont les charges sont élevées, qui ont investi et qui permettent de diversifier le tissu commercial dans un quartier où les bars prennent de plus en plus de place et où les locaux peinent à trouver preneur.     

Compte tenu de ces éléments, nous ne pouvons qu’être opposés au doublement des stands sur le terre-plein central du boulevard de Belleville et demandons la pérennisation de la configuration actuelle du marché de Belleville.

Nous observons que le maintien de la configuration actuelle du marché permettrait de supprimer 40% des places de stationnement du boulevard de Belleville, situées le long du terre-plein central, dans la ligne de votre engagement pris devant les parisiens, et d’affecter cet espace à un autre usage.

Nous vous prions d’agréer, Madame la Maire de Paris, notre haute considération.

En pleine crise du COVID-19, Anne Hidalgo décide d’accélérer la densification du quartier de Ménilmontant et de préempter l’hôtel “Les Chansonniers”

C’est souvent dans ces périodes où les gens regardent ailleurs, comme lors de cette crise sanitaire, qu’il faut au contraire avoir les yeux et les oreilles grands ouverts. C’est aussi souvent à la veille des élections, où contre tout usage républicain, certains maires, dont la nôtre, sont tentés de passer en force et d’engager les finances de la ville pour rendre leur projet irréversible, quel que soit le résultat des élections.

Cette année n’a pas dérogé à la tradition.

C’est ainsi que la Maire de Paris a décidé le 20 février dernier de préempter l’hôtel “Les Chansonniers”, 113 boulevard de Ménilmontant et qu’elle vient de faire voter en Conseil de Paris le 18 mai dernier sa décision de le confier au bailleur social la RIVP pour le transformer en un ensemble de logements sociaux.

L’hôtel “Les Chansonniers” va bientôt disparaître

Le coût de cette opération apparait exorbitant au regard du faible nombre de logements créés (22 chambres pour étudiants) : 12M€ au total (5,3 M€ payés par la ville pour les murs, auxquels s’ajoutent 4M€ pour évincer le commerce et 2,6M€ de travaux payés par le bailleur).

C’est également une gifle pour les locataires des logements sociaux du quartier, dont certains en grande précarité,  et auxquels on a refusé de suspendre le paiement des loyers pendant le confinement, pour préserver la trésorerie des bailleurs sociaux.  

Cette décision contribuera à dégrader les conditions de vie des habitants du quartier

Ainsi, alors que chacun s’accorde à considérer que la  densité urbaine a aggravé les conséquences sanitaires du COVID, cette décision d’Anne HIDALGO et de François VAUGLIN va exercer une pression supplémentaire sur l’espace public et constitue un contre sens historique et écologique dans le quartier le plus dense d’Europe.

Nous le répétons : le problème numéro 1 dans notre quartier ce n’est pas le déficit en logements, c’est le manque d’espace et en particulier d’espaces verts, c’est la malpropreté et les nuisances sonores.

Il y a 20 ans, l’APUR alertait déjà sur la sudensification du quartier notamment à proximité du boulevard de Belleville

Le nombre important de logements est plutôt un problème. Il y a deux fois plus de logements à l’hectare dans notre quartier, qu’en moyenne à Paris. Dès 1999, l’APUR alertait sur le niveau de densité à proximité du boulevard de Belleville qui dépassait les 1.000 habitants à l’hectare (contre 553 à Paris). En dépit de cette situation, la Mairie n’a de cesse de créer des logements, sans que les rues ne soient plus larges ou les équipements plus importants. Nous vivons de plus en plus les uns sur les autres, avec tout ce que cela entraîne de tensions.

Après avoir massacré la place Jean Ferrat, Anne HIDALGO s’attaque à présent à l’esprit et à l’âme du quartier

Dès 2015, le Conseil de quartier s’inquiétait du projet de la Mairie et jugeait paradoxal d’envisager la suppression de cette activité hôtelière familiale, alors que par ailleurs la Mairie conduisait une politique de développement des auberges de jeunesse. On s’étonnera dans ces conditions que sur les 122 quartiers que compte Paris, le seul hôtel de tourisme que la Ville voulait préempter soit situé dans notre quartier !

Par ailleurs avec cette décision, la vie de quartier qui va en prendre un coup. L’hôtel, parfaitement inséré dans le quartier, organisait en effet souvent des concerts ouverts à tous et proposait des boissons à des prix abordables, chose de plus en plus rare dans le quartier.

On regrettera cet hôtel qui participait à l’animation du quartier

Anne HIDALGO a transformé les boulevards de Belleville et de Ménilmontant et leurs abords en « boulevards des foyers » au détriment des familles. Un choix qui n’est pas dénué d’arrières-pensées.    

Comment expliquer que le quartier soit systématiquement ciblé pour ce genre de projet ?

D’abord par la politique du chiffre. Quand la ville de Paris présente son effort de réalisation de logements sociaux pour atteindre les 25% de logements sociaux, une chambre d’étudiant ou en foyer de travailleurs compte autant qu’un appartement de 4 pièces, pour un prix bien moindre. Il suffit de voir les projets passés et à venir pour s’en convaincre :

37 boulevard de Belleville, foyer de jeunes travailleurs : 24 chambres. 57 boulevard de Belleville, foyer de travailleurs migrants : 43 chambres. 77 rue de la Fontaine au roi, foyer de travailleurs migrants : 189 chambres. 88-90 rue de la fontaine au roi, résidence étudiante : 46 chambres. 91-95 rue de la fontaine au roi, résidence étudiante : 62 chambres. 2-4 rue Crespin du Gast, foyer de jeunes travailleurs : 64 chambres

Certains voient également dans cette préférence pour les étudiants, plutôt que pour les familles ou les personnes âgées, des arrière-pensées financières et politiques.

Un étudiant ou un jeune actif est moins utilisateur de services de la ville qu’une famille ou une personne âgée et présente moins de besoins sociaux à la charge de la ville. Il lui coûte donc moins cher. Pas de places en crèche à financer, pas de RSA à verser.

Par ailleurs, un étudiant possède rarement une voiture et roule plutôt à vélo. C’est également un public moins exigeant en termes de propreté et qui adhère très fortement à la politique festive sur l’espace public promue par la Maire de Paris. Tous les étudiants ne votent pas à Paris, loin de là, mais ce qui est certain c’est que c’est chez les jeunes qu’Anne Hidalgo fait ses meilleurs scores.

La Mairie de Paris se comporte en prédateur vis-à-vis de notre quartier      

On s’attendait à ce que notre quartier, qui dispose d’atouts majeurs que sont sa situation relativement centrale et se très bonne desserte en transports en commun, fasse l’objet d’une spéculation immobilière de la part d’opérateurs privés. Il n’en est rien. Aucun programme de promoteur n’a été constaté dans le qaurtier depuis des années, contrairement aux quartiers voisins.

En réalité, si quelqu’un spécule et agit en prédateur sur notre quartier c’est la Mairie de Paris. Elle achète en effet tout ce qu’elle peut acheter, quitte à bouleverser les équilibres démographiques et à tuer l’activité économique, parce que c’est moins cher qu’ailleurs. Tous les locaux d’activités sont transformés en logements sociaux. Elle a ainsi des vues sur l’espace de coworking le Onzième lieu, 91bis rue Jean-Pierre Timbaud qu’elle a fait inscrire sur listes des bâtiments préemptables et va  construire un foyer de 64 chambres logements sur l’emplacement de l’actuelle imprimerie, 2-4 rue Crespin du Gast.  

Or, jamais la Mairie ne rééquilibrera les logements sociaux entre quartiers riches et pauvres du 11e. Elle n’a ainsi créé aucun logement social dans les secteurs de République ou Bastille ou encore Nation, alors qu’elle a créé près d’un millier dans notre quartier depuis 2001.  

Alors jusqu’où Anne hidalgo et François Vauglin, dont la réélection semble assurée, iront-ils dans la surdensification outrancière de notre quartier ?

La réponse est à présent claire : le plus loin possible. Chacun est prévenu.

Le Secteur Ménilmontant Oberkampf, pourtant bien pourvu en logements sociaux, fait l’objet d’un activisme que l’on constate nulle part ailleurs dans le 11e en termes de préemptions

Piétonnisation du boulevard de Belleville : le Maire du 11e tente un passage en force avec de nouvelles justifications

Alors on s’y attendait un peu, le projet de réaménagement du boulevard de Belleville ayant été rejeté par les habitants, François Vauglin le Maire du 11e, revient par la fenêtre et cherche toutes les occasions pour justifier son idée et la mettre en œuvre.

Des reports de circulation massifs et encore à l’époque interdiction de la circulation s’arrêtait à la rue de la Fontaine au Roi.
Notre pétition avait été un succès. Ses raisons d’être n’ont pas changé

C’est ainsi qu’en avril dernier, un arrêté est paru pour interdire la circulation pour entre Belleville et Couronnes (dans le projet initial cela s’arrêtait à la rue de la Fontaine au roi). Cette décision a été motivée par la très forte fréquentation piétonne due à la présence de nombreux commerces et la nécessité de faire respecter les règles de distanciation entre les clients de ces commerces et éviter le regroupement de plus de 10 personnes en cette période de pandémie.

En clair, il s’agissait de donner plus d’espace aux piétons et clients côté 11e qui en manquent, même dans une période ou tous les cafés et restaurants avec leurs terrasses étaient fermées.

Cet arrêté a été très critiqué notamment parce que la partie du boulevard comprise entre les rues Jean-Pierre Timbaud et Oberkampf est exclue de ce périmètre et que cette exclusion n’est pas motivée, alors que cette portion du boulevard accueille pourtant les enseignes DARTY et la HALLE et 8 commerces alimentaires, qu’elle est plus dense en habitations et que le trottoir y est moins large. Nous y reviendrons bientôt.

A présent, et à partir du 2 juin, on nous dit qu’on piétonnisera pour élargir les terrasses et en créer des nouvelles pour soutenir les bars, restaurants et fastfoods. Mais en réalité ces terrasses vont prendre de la place aux pétions. Ce qui est complètement contraire à la décision de l’arrêté du mois d’avril. Or, les gestes barrières, la distanciation physique et l’interdiction des regroupements reste d’actualité. La piétonisation, contrairement à la décision du mois d’avril, ne serait mise en œuvre cette fois-ci que le weekend.

S’il n’y avait pas assez d’espace au mois d’avril pour garantir la sécurité des piétons en période de COVID, alors que les terrasses étaient interdites, comme peut-on dire au mois de mai, que leur sécurité va être garantie, avec des terrasses étendues sans limite ?

Ce changement de pied successifs pour justifier la piétonisation, nous montre qu’en réalité il s’agit avant tout de mettre en œuvre une décision rejetée par les habitats du quartier, notamment ceux des rues Faubourg du Temple et de l’avenue Parmentier et de forcer la main des riverains. On notera d’ailleurs que tant Anne Hidalgo que François VAUGLIN se sont bien abstenus d’inscrire cette mesures dans leur programme pour les élections.

Alors quelles conséquences ? Honnêtement s’il y a un endroit dans le quartier ou cette décision n’est pas pertinente c’est bien sur le boulevard de Belleville côté 11e. Le trottoir n’est pas assez large pour permettre d’élargir beaucoup les terrasses. Il semble quand même compliqué de mettre des tables sur la piste cyclable pour des raisons de sécurités évidentes.

Reste la chaussée. Mais là encore, et nous l’avions dit à l’époque la décision de faire passer une nouvelle ligne de bus 71 empêche toute réappropriation par les piétons comme par les bars et restaurants. Que reste-t-il ? Le terre-plein central ? Pour nous cela doit être interdit, car on imagine mal la mairie autoriser les serveurs à traverser la chaussée, comme ça, avec des plats et des boissons en dehors des passages cloutés trop peu nombreux. Certains vont peut-être essayer quand même.

Et c’est là ou on peut craindre le pire. En effet, les bars et restaurants n’ont pas à demander d’autorisation. il leur suffit de déclarer leur projet. Aucun contrôle à priori de la pertinence et des conditions de sécurité.

on voit mal comment un élargissement des terrasses pourrait être mise en œuvre sans pb de sécurité pour les piétons et cyclistes

Si en Avril les conséquences de la piétonisation sur les reports de trafics des autres rues étaient limitées en raison du confinement, cette fois, chacun peut observer que le trafic automobile a très largement repris. Les riverains des rues Faubourg du temple et de l’avenue Parmentier risquent de souffrir et d’avoir des difficultés à ouvrir leurs fenêtres.

Quid des autre rues du quartier notamment des rues Oberkampf, Saint-Maur et Jean-Pierre Timbaud ? Pas de piétonisation mais pour le reste c’est la même chose : droit d’étendre ou même de créer une terrasse quand les bars ou restaurants n’en a pas et même quand cela leur a avait été refusé au nom des droits de piétons et de la tranquillité. Nous en ferons un bilan très prochainement.

Finalement, celle qui résume le mieux la situation et ses dangers pour les piétons, c’est la Maire du 9e arrondissement. Elle prévient : “Anne Hidalgo va faire avec les terrasses ce qu’elle a fait avec les trottinettes. Elle va laisser faire les choses en espérant que ça se régulera de soi-même” … avec les mêmes conséquences malheureuses pour les piétons.

CORONAVIRUS et mineurs migrants rue du Moulin Joly : Anne HIDALGO devrait être poursuivie en justice pour mise en danger de la vie d’autrui par les habitants du quartier Belleville Saint-Maur

Dans un courrier du19 mars dont nous avons eu copie, les habitants de la rue du Moulin Joly, où la Maire de Paris a installé un centre d’évaluation des mineurs migrants étrangers isoles géré par la Croix rouge, ont mis en demeure la Maire de Paris de fermer immédiatement le centre ou aucune règle de sécurité n’est appliquée et ou le niveau de tension est devenu insoutenable.

Précisons en effet que la Maire de Paris qui est également un département est juridiquement responsable de l’aide sociale à l’enfance et notamment des mineurs migrants. Le problème ici ce ne sont pas les mineurs à la rue, qui au contraire, sont en pleine panique, dans ce contexte de forte contagion du coronavirus, alors qu’aucune mesure n’a été prise pour les protéger.

En décidant, en plein confinement, de laisser ouvert ce centre et errer dans les parties communes de l’immeuble des mineurs qui sont à la rue et potentiellement contagieux, sans aucune mesure de distanciation, ni masque, ni gel hydralcoolique, la Maire de Paris met en effet clairement en danger la vie des habitants de l’immeuble et des mineurs étrangers.

Voici le texte du courrier :

Paris, le 19 mars 2020

Madame la Maire de Paris,

Cela fait quatre années que la Mairie de Paris est interpelée sur les conséquences de sa décision d’installer le Dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (DEMIE) dans notre copropriété, 5 rue du Moulin Joly, dans le quartier de la Fontaine au Roi et qu’elle refuse de façon toujours réitérée de transférer dans un lieu plus adapté, au mépris de la sécurité et de la tranquillité des riverains, ainsi que de la santé et la qualité de prise en charge des jeunes migrants.

Aujourd’hui, alors que nous sommes en pleine crise sanitaire, notre copropriété et les riverains de la rue du Moulin Joly paient encore une fois les conséquences de cette décision, où un palier a été de nouveau franchi. 

Vous avez en effet fait le choix, en dépit des décisions du Président de la République et des risques avérés pour la santé des riverains et des jeunes, de maintenir ce centre, quand l’État, lui, en responsabilité, prorogeait les titres de séjour des étrangers de 3 mois pour éviter précisément des conséquences désastreuses pour leur santé et celle des fonctionnaires d’accueil des préfectures.

Ainsi, lundi 16 mars et mardi 17 mars, de très nombreux jeunes étaient agglutinés aux grilles de notre immeuble et s’impatientaient de ne pas être reçus par la Croix Rouge, tapant, criant, cognant et se battant, contraignant la Police à intervenir.

Mercredi 18 mars, la situation est restée extrêmement tendue et non conforme aux règles de distanciation sociale et de gestion des flux. La grille sécurisée d’accès à notre immeuble a été dégradée par des jeunes souhaitant entrer au DEMIE, laissant notre copropriété libre d’accès. Je rappelle que cette grille fait partie des parties communes de notre immeuble.

Comme ailleurs, des bandes blanches ont été dessinées sur le sol pour tenter de réguler la file d’attente. Comme prévisible, cela n’a eu aucun effet sur des jeunes, qui sont en situation de souffrance et désespérés.

Ce jeudi 19 mars, la situation n’a cessé de s’aggraver. Plusieurs riverains ont été contraints d’appeler la police, donnant lieu à deux interventions de celle-ci dans l’après-midi.

Les jeunes sont collés les uns aux autres sans aucune mesure de protection

Plus que jamais, le climat dans notre immeuble et à ses abords est délétère et anxiogène. Je vous rappelle à cet égard que dans cet immeuble vivent des personnes fragiles : âgées, enfants, et qu’ils partagent partiellement l’accès aux parties communes avec ces mineurs isolés dont aucun n’a été testé au Coronavirus, dont aucun ne bénéficie d’un masque de protection et dont aucun ne respecte les règles élémentaires de distanciation.

Ainsi, en maintenant ce Centre dans notre copropriété, plutôt que de le transférer dans des locaux ou équipements appartenant à la Ville, comme les gymnases ou les mairies d’arrondissement, vous exposez ses habitants à un risque élevé de contagion au CORONAVIRUS et une charge anormale et spéciale, constitutive d’une rupture d’égalité devant les charges publiques, susceptible d’engager la responsabilité de la ville et de l’Etat.

Par ailleurs, dans un quartier où chacun -et notamment la presse- peut observer les difficultés à suivre les règles de sécurité visant à prévenir la diffusion du coronavirus parmi la population, vous organisez vous-même sa diffusion au sein de la population du quartier.

Vous prenez par ailleurs le risque inconséquent de décrédibiliser les consignes de prudence et de sécurité de l’Etat aux yeux des habitants. Comment en effet expliquer à ceux-ci l’importance des règles de prudence, quand vous concentrez devant notre immeuble sur un trottoir qui fait moins de 2 mètres de large, des dizaines de mineurs complètement délaissés ?

Compte tenu de ces éléments, je vous mets par la présente en demeure de procéder à la fermeture immédiate de ce centre. Je vous informe par ailleurs que j’ai demandé à notre SYNDIC d’étudier les suites juridiques à donner à un éventuel refus, y compris par voie de référé.

Avant, c’était la tranquillité et la sécurité des riverains qui était atteinte par votre décision. Aujourd’hui c’est leur santé, voire leur vie. Nous ne l’accepterons pas.

CORONAVIRUS la Mairie du 11e vous informe de la gestion de l’épidémie dans l’arrondissement et des dispositions prises

Les recommandations à suivre sont mises à jour en permanence sur le site de la Ville de Paris à cette adresse : https://www.paris.fr/pages/coronavirus-7545

Un numéro vert du Ministère de la Santé répond par ailleurs à vos questions sur le coronavirus de 9h à 19h, sept jours sur sept : 0 800 130 000

RAPPEL DES GESTES BARRIÈRES

Comme pour tous les virus hivernaux, il convient d’adopter des gestes simples qui limitent fortement les risques de contagion :

  • se laver les mains régulièrement
  • utiliser des mouchoirs à usage unique
  • tousser et éternuer dans son coude
  • éviter les poignées de mains et les embrassades
  • porter un masque uniquement si l’on est malade

L’OMS (Organisation mondiale de la santé) le dit : l’hygiène des mains a sauvé des millions de vies ces dernières années. Pensez-y !

DIMANCHE 15 MARS : POUR UN BON DÉROULEMENT DU SCRUTIN

La Ville de Paris organise le bon déroulé des élections des deux prochains week-ends et a travaillé avec la Préfecture de Région pour s’assurer que le scrutin se passe dans les meilleures conditions sanitaires.

  • Chaque bureau de vote sera nettoyé en profondeur avant et après le jour de l’élection (protocole de nettoyage validé par l’Autorité Régionale de Santé).
  • Il est demandé aux électeurs de venir avec leur propre stylo (bleu ou noir) pour signer la feuille d’émargement.
  • Lavez-vous les mains avec votre propre gel hydro-alcoolique. Si vous n’en avez pas, il vous en sera mis à votre disposition dans les bureaux de vote.
  • Restez à distance d’un mètre les uns des autres.

Les consignes d’hygiène seront affichées à l’entrée de chaque bureau de vote.

POUR TOUS LES HABITANTS ET HABITANTES DE L’ARRONDISSEMENT

Le gouvernement a annoncé ce vendredi 13 mars que les rassemblements de plus de 100 personnes étaient désormais interdits en France, et ce jusqu’au 15 avril.

À ce stade, les marchés de la Ville de Paris sont maintenus ouverts.

La Préfecture de police relaie sur son compte Twitter les informations actualisées, notamment les mesures d’interdiction d’événements que les autorités sont amenées à prendre.

Pour accompagner celles et ceux que le Gouvernement encourage à rester chez eux pour télé-travailler ou garder leurs enfants, le stationnement résidentiel sera gratuit à compter de lundi.

Plus largement, les plans de continuité du service public sont désormais activés, notamment les services de l’eau, de la propreté et de la sécurité. L’enlèvement des encombrants est suspendu, mais les rendez-vous déjà confirmés seront assurés. Merci de ne pas effectuer de dépôt pendant la suspension de ce service.

Conformément aux préconisations du Président de la République, je  vous recommande de limiter vos déplacements au strict nécessaire, en privilégiant quand cela est possible la marche à pied ou le vélo.

Tous les moyens de communication de la Ville (panneaux d’affichage, mails, sms, réseaux sociaux) seront mobilisés en temps réel pour informer les Parisiens de l’évolution de la situation.

SI VOUS AVEZ PLUS DE 70 ANS

Le ministère des solidarités et de la santé recommande aux personnes fragiles, et tout particulièrement aux séniors, de rester dans toute la mesure du possible à leur domicile afin de limiter le risque de contamination par le coronavirus.

Aussi, le Centre d’action sociale de la Ville de Paris a décidé la fermeture des lieux où les usagers sont amenés à rester pour une certaine durée. C’est le cas des clubs séniors et des activités de l’Université Permanente de Paris, jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure a été mise en œuvre dès cet après-midi.

Les clubs concernés dans le 11e arrondissement sont : 

  • le club Richard Lenoir – 61-63 boulevard Richard Lenoir
  • le club Roquette – 19 rue Merlin
  • le club Colbert – 159 rue de Charonne
  • le club Léon Frot – 39-41 rue Léon Frot
  • le club Beauharnais – 10 cité Beauharnais
  • le club Présentation –  116 rue du Faubourg du Temple

Le Centre d’action sociale va accorder un soin tout particulier à l’information des usagers.

En application des nouvelles recommandations, les visites sont suspendues dans les Ehpad de la Ville de Paris. Seules des visites exceptionnelles qui seront traitées au cas par cas par le directeur de l’établissement seront autorisées. 

Les personnels des Ehpad redoublent d’attention vis-à-vis de nos aînés, tant d’un point de vue médical que dans la proposition d’activités pour pallier l’absence de visites régulières.

Pour prévenir le risque d’isolement des usagers les plus fragiles, des appels de convivialité seront réalisés les animateurs ou avec le concours des partenaires de la Ville.

Les restaurants Émeraude pour personnes âgées ont été fermés après le service du déjeuner de ce jour. Les usagers en ont été informés par les équipes des restaurants.

SI VOUS AVEZ DES ENFANTS

Conformément aux annonces gouvernementales, les structures municipales qui accueillent des publics jeunes seront fermées. Cela concerne donc les écoles, les crèches, les collèges, les lycées et universités, à partir du lundi 16 mars.

Il en va de même pour le Conservatoire Charles Munch, les Centres Paris Anim’, l’Espace Paris Jeune Belleville, ainsi que les sections jeunesse de la bibliothèque Parmentier et de la Médiathèque Violette Leduc.

Si vous êtes personnel soignant :

Rendez-vous lundi matin dans votre école élémentaire habituelle : vos enfants y seront accueillis sur présentation de votre carte professionnelle. À partir de mardi, l’ouverture des écoles sera adaptée en fonction des besoins.

Pour les enfants en bas-âge, les crèches Saint-Sabin (au 62, rue Saint-Sabin) et Folie-Regnault (au 65, rue de la Folie-Regnault) seront ouvertes pour accueillir vos enfants dès lundi sur présentation de votre carte professionnelle.

SI VOUS ÊTES COMMERÇANT OU COMMERÇANTE

Vous pouvez afficher les recommandations sanitaires dans votre commerce. Un modèle d’affiche est téléchargeable.

Téléchargements

Si votre entreprise connait des difficultés économiques ou des pertes d’exploitation liées aux conséquences du coronavirus, des dispositifs d’aide existent.

Pour toute autre question sur l’impact du Coronavirus sur votre entreprise, vous pouvez contacter la Direction générale des entreprises : covid.dge@finances.gouv.fr

Un questions-réponses sur Coronavirus COVID-19 est en ligne sur le site du Gouvernement et actualisé régulièrement : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus

Les ministères du Travail et des Solidarités et de la Santé ont mis en ligne un questions-réponses plus spécifiquement destinés aux salariés et aux entreprises que vous trouverez sur ce lien : https://travail-emploi.gouv.fr/actualites/l-actualite-du-ministere/article/coronavirus-questions-reponses-pour-les-entreprises-et-les-salaries

LES EVENEMENTS EN MAIRIE

Dans le respect des consignes du gouvernement et afin de limiter les rassemblements, tous les évènements culturels se déroulant en mairie et à la salle Olympe de Gouges la semaine prochaine sont annulés.

Vos services en Mairie restent ouverts, et les horaires d’ouverture de la Mairie sont maintenus.

La cérémonie de commémoration du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie du jeudi 19 mars se déroulera en huis-clos. Il est donc demandé aux invités de ne pas se rendre à cette cérémonie.

Marché de Belleville, requalification de la rue Saint-Maur, création d’un espace vert, bibliothèque de quartier, piétonisation, rue du Moulin Joly : découvrez les projets des candidats pour le quartier Belleville Saint-Maur

Chers lecteurs et lectrices, vous trouverez-ci-après les réponses des candidat(e)s aux propositions que nous leur avons adressées concernant le cadre de vie dans notre quartier. Nous les remercions chaleureusement d’avoir pris le temps d’y répondre.

Le réponses sur fond de couleur correspondent à celles que nous avons jugées les plus intéressantes. Nous avons également inséré de temps à autre des illustrations des positions des candidats par projet pour vous aider à vous y retrouver.

Vous avez le choix : soit la lecture de cet article, soit de télécharger la brochure que nous avons éditée et distribuée dans le quartier en cliquant ici. N’hésitez pas à la partager auprès de vos voisins !

Dernière précision: il s’agit ci des synthèse des réponses. Vous trouverez dans l’article ci-après, les liens vers les réponses intégrales des candidat(e)s.

Cédrick ALLMANG – Liste “Parisiennes, Parisiens”

Marché de Belleville

Devant le manque de diversité de l’offre et les restrictions de circulations pour les piétons dans l’espace du marché, nous ferons preuve d’une forte volonté : le maintien d’une offre premier prix n’empêche pas de développer des stands de produits de qualité en ne marginalisant pas les vendeurs actuels de bibelots et nourritures industrielles trop rapidement. Nous sommes favorables à l’ouverture d’un jour de week-end à discuter en Conseil de quartier.

Espaces verts

Une partie de la rue St Maur, notamment, pourrait être végétalisée.

Conseil de quartier

Tout notre projet repose sur la participation des habitants à l’élaboration et la prise de décision. Remettre les conseils de quartier au centre de la vie locale est une priorité : revoir leur mode de désignation et les modalités de relais de leurs activités en mairie.

Piétonniser les rue Oberkampf et Timbaud 1 fois par mois ; Réaménager le carrefour République-Parmentier- Oberkampf

A intégrer dans le cadre d’une réflexion générale sur l’urbanisme dans le 11ème où nous envisageons d’augmenter les espaces publics piétons et les espaces verts. Nous proposons de consacrer l’entièreté des aménagements urbains pour les 6 ans à venir, au nord du 11e arrondissement où est situé le quartier Belleville Saint-Maur.           

Une conciergerie boulevard de Belleville

Ce type d’initiative recevra le soutien institutionnel et matériel plein et entier de la mairie.

Tranquillité rue du Moulin Joly

L’évaluation et la prise en charge des mineurs isolés étrangers est de la responsabilité de la mairie de Paris. Ce dispositif devrait se trouver dans ses propres locaux. Il est trop facile comme le fait aujourd’hui la Mairie de Paris, de le déléguer à une association dont les manquements ont été largement décrits et de reléguer les conséquences de ces choix dans un quartier défavorisé du 11ème. Nous proposons de transférer immédiatement les locaux du DEMIE à l’Hôtel de Ville. A minima, à la Mairie du 11ème arrondissement.

Au-delà, l’évaluation et la prise en charge des mineurs isolés doit être entièrement revue. Nous proposons de rompre avec cette logique du moindre effort et de mettre en œuvre, en lien avec les associations un plan d’ensemble (hébergement, accompagnement juridique, suivi de santé, scolarisation…).

Requalifier la rue Saint-Maur

Nous souhaitons végétaliser la rue Saint-Maur : multiplier par 3 le nombre d’arbres en pleine terre est raisonnable et cohérent avec notre volonté de doubler le nombre d’arbres en plein terre dans l’arrondissement. La circulation à vélo doit être améliorée et la rue Saint-Maur fait partie du programme.

Réaménager enfin le boulevard de Belleville côté 11e

Oui

Recréer des centralités et de lieux de convivialité dans le quartier

Faire de la place Marek Edelman un lieu de convivialité avec la création de deux terrains de pétanque. La placette de la rue des Nanettes sera valorisée et végétalisée.

Commerces : locaux vacants et concentration des bars 

La situation du quartier Belleville Saint-Maur, qui a été délaissé, par rapport aux autres quartiers, fera l’objet d’un rattrapage en termes d’acquisitions de locaux. La trop forte concentration de débits de boisson et fastfoods dans les secteurs où leur développement est le plus problématique, sera traitée.

S’agissant de la lutte contre la vacance commerciale, une priorité absolue sera accordée aux rues Moret, de l’Orillon, du Moulin Joly et Morand, dont la situation commerciale est objectivement dégradée. Une aide à la création de commerces ou à la conversion de bars vers des activités plus diversifiées et utiles sera étudiée.

Trafic de drogue rue de l’Orillon et prostitution rue Faubourg du Temple

Prévention et répression. Ne pas simplement déplacer le problème mais agir sur ses causes, notamment les addictions : ouverture de lieux d’activités pour les jeunes, lutte contre le décrochage scolaire, soutien à la parentalité, accompagnement global. Une répression structurée contre les dealers et tête de réseaux. Nous militons pour une dépénalisation du cannabis, qui ôterait immédiatement tout intérêt à une partie du trafic de drogue.

Les personnes qui se prostituent sont bien évidemment les premières victimes de ce trafic, l’ensemble du quartier est impacté négativement par la présence de cette activité. Intensifier une présence dissuasive policière dans certaines zones dans lesquelles la présence de cette activité est particulièrement gênante. Accompagnement des femmes pour favoriser la sortie vers des activités alternatives.

Téléchargez les réponses complètes de Cédrick ALLMANG

David BELLIARD – Liste “Écologie pour Paris” avec David BELLIARD

Marché de Belleville

Ce marché a une forte identité, représente une grande diversité sociale et culturelle. Il faut étudier avec l’ensemble des partenaires, les commerçants, les riverains, les clients la possibilité d’organiser le marché un jour de weekend et inciter fortement à développer l’offre de fruits et légumes qualitative, bio tout en respectant la diversité culturelle de Belleville et en maintenant une offre à prix particulièrement attractifs. Les premières mesures en priorité sont : l’interdiction de l’installation de stands à l’extrémité des terres pleins, et organiser le tri des déchets et des invendus. 

Espaces verts

Nous ferons de la petite parcelle du 11 rue des Trois couronnes un espace vert protégé, ainsi que des parcelles au cœur des résidences des bailleurs sociaux (comme le jardin entre la rue de Vaucouleurs et la rue Morand). Nous étudierons pour modifier les périmètres des jardins existants : Square Jules Verne et Georges Sarre afin de pouvoir les agrandir. Reconquérir des places de parking dans les rues permettra de planter des arbres dans ce quartier très dense. 

Conseil de quartier

Les assises de la démocratie mettront en relation l’ensemble des partenaires de l’arrondissement pendant toute l’année 2020 permettront de redéfinir le fonctionnement et les périmètres des différentes instances de démocratie.

Les Conseils de quartier doivent pouvoir se réunir régulièrement dans de bonnes conditions pour impulser des initiatives et étudier les dossiers, au plus proche des habitants. Nous travaillerons pour que les conseils soient plus autonomes, plus responsables et aient un budget dédié.

Piétonniser les rue Oberkampf et Jean-Pierre Timbaud une fois par mois

Les rues Oberkampf et Jean Pierre Timbaud sont des rues particulièrement denses, bruyantes et circulées qui doivent être apaisées. En respectant toute les contraintes, en particulier celle des trajets des bus, nous étudierons les transformations possibles. La piétonisation ne doit pas accentuer la présence des bars.

Une conciergerie boulevard de Belleville

Pour lutter contre le fort taux de chômage dans le quartier, nous préconisons de redéfinir le fonctionnement de la régie de quartier Fontaine au roi, qui est une structure trop peu stimulée depuis trop d’années. Notre objectif également est que ce quartier bénéficie de l’opération Territoires zéro chômeur.

Tranquillité rue du Moulin Joly

Nous déplorons les mauvaises conditions de l’accueil de ces jeunes. Les locaux de la croix Rouge, rue de Vaucouleurs ne sont pas adaptés pour accueillir autant de jeunes. Le nombre de travailleurs sociaux est également trop faible. C’est la raison pour laquelle le groupe des écologistes s’engage à mettre à l’abri les mineurs isolés de l’arrondissement dans un lieu plus adéquat et respectueux des parcours douloureux de ces jeunes.

Réaménager le carrefour République-Parmentier- Oberkampf

L’aménagement d’une piste cyclable sécurisée sera priorisée sur l’Avenue de la République. Cela amènera aussi à revoir l’organisation du carrefour Parmentier-Oberkampf-République. L’avenue Parmentier constitue une priorité secondaire d’aménagement de voies cyclables. Cela pourra être l’occasion de revoir le cheminement des piétons pour le faciliter, voire d’envisager une piétonisation partielle de rues adjacentes comme la rue Edouard Lockroy.

Requalifier la rue Saint-Maur

Nous nous engageons à revoir l’organisation de la rue Saint-Maur pour l’apaiser en visant, en priorité, à supprimer une voie de stationnement, élargir les trottoirs, planter des arbres et de la végétation de pleine terre si c’est possible, créer des places de stationnement mobilités douces et livraison là où c’est possible et nécessaire. Nous étudierons le projet de piste cyclable sécurisée, mais d’autres rues sont plus prioritaires sur ce point.

Apaiser la rue Faubourg du Temple entre le boulevard de Belleville et l’avenue Parmentier

Nous sommes favorables au lancement d’une réflexion autour de la rue Faubourg du Temple. En effet, l’apaisement de la rue et l’aménagement d’une voie cyclable dédiée sont intéressantes. Cependant du fait des usages multiples de la rue, des livraisons et de la présence de bus. Nous souhaitons une concertation étroite avec les riverains et usagers. En outre, la présence d’un trottoir élargi pour les piétons ne doit pas être négligée.

Réaménager enfin le boulevard de Belleville côté 11e

Lors de la dernière étude par les services de la Ville, l’option d’agrandir les trottoirs ne semblait pas possible pour des raisons techniques (réseaux). Nous demanderons une étude plus approfondie. L’entretien régulier des pistes cyclables et leur coloration sont des éléments de notre programme, tout comme une meilleure régulation et fonctionnement du marché.

Recréer des centralités et de lieux de convivialité dans le quartier

La mise en valeur de plusieurs places et placettes fera l’objet de concertations avec les riverains et collectifs : Jean Ferrat, Marek Edelman, Roger Linet, place Verte, place des Nanettes, placette passage de Ménilmontant ainsi que les abords de l’église Saint Joseph des Nations.

Commerces : locaux vacants et concentration des bars 

Les budgets alloués par la Ville pour les opérations de revitalisation commerciales sont trop faibles et ne permettent pas d’avoir une action aussi forte pour préempter et diversifier les commerces dans les quartiers. Nous avons prévu d’accroître fortement les moyens dans ce domaine. Réguler le nombre de débits de boisson dans le quartier Oberkampf est notre objectif.

Trafic de drogue rue de l’Orillon et prostitution rue Faubourg du Temple

Nous créerons une Brigade de Sécurité et de Tranquillité Publique, qui ne se substituera pas à la police nationale afin d’éviter un désengagement de l’Etat. Nous recruterons et formerons 300 agents supplémentaires pour le Nord-Est Parisien. Cela impliquera notamment la  présence de gardiens de parcs notamment pour les horaires tardifs. L’objectif est de renforcer la présence dans la rue d’agents en proximité, formés sur le terrain et en connaissance des acteurs, ayant également un lien avec la Police nationale pour les interventions qui le nécessitent.

Téléchargez les réponses complètes de David BELLIARD

Pépita CAR – Liste “Décidons Paris !” avec Danielle SIMONNET et Vikash DHORASOO

Marché de Belleville

Oui à un marché le week-end et populaire. Oui pour favoriser le bio et les circuits courts à des prix accessibles. Oui pour faire respecter les règles d’occupation de l’espace public et la fin de l’usage des sacs plastiques.

Espaces verts

Inventer un quartier plus vert, dessiné et voté par et pour les habitants, notamment en créant des zones piétonnes et des rues vertes. Par exemple, le haut de la rue de la Fontaine au Roi, pourrait devenir une rue piétonne et verte.

Conseil de quartier

Donner plus de moyens au conseil de quartier. Renforcer son rôle effectif (mise à l’ordre du jour du conseil d’arrondissement des vœux votés en conseil de quartier). Développer des assemblées d’habitants gérées par eux. Fournir de façon systématique des salles aux associations, aux collectifs d’habitants, aux comités de grève, etc.

Piétonniser les rues Oberkampf et Jean-Pierre Timbaud une fois par mois

Pourquoi seulement une fois par mois ? Oui, nous voulons renouer avec la vocation populaire, joyeuse, et ouverte à toutes les diversités de notre arrondissement.

Conciergerie boulevard de Belleville

Ce projet très social doit être pensé avec les habitants et dans le souci non seulement de l’insertion, mais aussi du développement d’échanges non marchands et d’une économie véritablement sociale, solidaire et inclusive. Nous créerons des accorderies municipales pour récréer des centralités populaires et non marchandes.

Tranquillité rue du Moulin Joly

La politique d’accueil de la ville de Paris est insuffisante et injuste, les relations avec les associations et ONG, trop opaques et déséquilibrées. La situation humanitaire est honteuse avec en effet des tensions dans les quartiers populaires. Il faut un plan cohérent au niveau parisien qui n’existe pas aujourd’hui. Nous le mettrons en place avec le tissu associatif dans sa pluralité.

Réaménagement du Carrefour République – Parmentier – Oberkampf

Oui. Ce carrefour est un calvaire à traverser quel que soit le sens emprunté en tant que piéton. Les passages piétons ne sont pas faciles à trouver, l’enchaînement des feux est mal pensé et le tout rend ce carrefour est très accidentogène.

Requalifier la rue Saint-Maur

Il faut généraliser la réduction des voies sur l’ensemble de la rue tout en favorisant la végétalisation. La piste cyclable est effectivement très insécurisée car à contre-sens de la circulation et peu visible. Il faut imaginer une solution, peut-être un revêtement de sol spécifique, qui garantisse sa visibilité.

Apaiser la Rue du faubourg du Temple

Oui.

Recréer des centralités et de lieux de convivialité dans le quartier

Co-construire avec les habitants un réaménagement de la Place Marek Edelman. Redonner leur place aux habitants place Verte. Valoriser et végétaliser la placette rue des Nanettes.

Permettre à toutes et tous d’accéder aux arts et aux propositions culturelles

Jumeler les écoles et collèges avec au moins un lieu culturel. Augmenter le nombre de places dans les conservatoires en ouvrant des antennes. Développer les cours municipaux pour adultes et les centres d’animation. Gratuité de toutes les expositions des musées de la ville de Paris.

Encourager et soutenir les artistes et artisans d’art à Paris

Mettre en place une gestion publique des tiers-lieux (comme les friches), qui travaillera avec les collectifs et répondant aux besoins des Parisiens. Une structure dédiée à̀ lutter contre la prédation de la spéculation immobilière sur les lieux culturels précaires et les aider à monter des projets stables sera créée. Pérenniser les associations et petites structures culturelles avec des conventions pluriannuelles et un suivi régulier. Faire des rez-de-chaussée vides des espaces de création artistique pour professionnels ou amateurs et les associations avec des critères d’attributions transparents.

Se réapproprier l’espace public

Créer des points d’échange de livres dans l’espace public. Réduire la pollution publicitaire dans l’espace public et utiliser ces espaces pour promouvoir des initiatives artistiques et culturelles locales. Soutenir et financer des projets d’Arts de la rue et faciliter les demandes d’autorisation. Effectuer des commandes à des artistes pour l’aménagement visuel de l’espace public.

Téléchargez les réponses complètes de Pépita CAR

Nelly GRANIER – Liste “Engagés pour changer Paris” avec Rachida DATI”

Marché de Belleville

Recentrer le marché de Belleville vers une offre en produits frais et diversifiés. Étudier la possibilité d’organiser sa tenue un jour de weekend. Fin de la tolérance, notamment en matière de propreté et de tri des déchets.

Espaces verts

Engagement d’une réflexion sur la création d’un nouveau square dans le quartier.

Conseil de quartier

Plus grande capacité d’action et autonomie. Garantir une plus grande représentativité des habitants lors des réunions plénières.

Une conciergerie boulevard de Belleville

Envisager l’installation d’une conciergerie dans le secteur Belleville – Ménilmontant.

Tranquillité rue du Moulin Joly

Ce sujet doit être réfléchi à l’échelle parisienne et régionale pour trouver la localisation la plus pertinente, qui n’est certainement pas le quartier BSM.

Réaménagement du carrefour République-Parmentier- Oberkampf

Le réaménagement de ce carrefour est incontournable, tant pour assurer la sécurité des piétons et des cyclistes que pour fluidifier le trafic automobile.

Requalifier la rue Saint-Maur

Un appel à projet d’aménagements sera lancé. Il intègrera des propositions sur l’apaisement et l’embellissement durable du quartier, ainsi que sur la sécurisation et le respect de l’équilibre de toutes les mobilités (piétons, vélos et véhicules).

Réaménager enfin le boulevard de Belleville côté 11e

Faciliter et sécuriser les parcours piétons, sécuriser les parcours cyclables, embellir les boulevards, valoriser le terre-plein central sur les boulevards de Belleville, Ménilmontant et Charonne.

Recréer des centralités et de lieux de convivialité dans le quartier

Placette de la rue des Nanettes : le potentiel de cet espace est à ce jour largement sous-exploité. Place Marek Edelman : travailler à un projet pour plus de convivialité.

Commerces : locaux vacants et concentration des bars 

Fixer des objectifs chiffrés de préemption de locaux bars fastfood et locaux vacants. Développement des commerces dans les rues Moret, de l’Orillon, du Moulin Joly et Morand. Envisager le versement d’une aide à la création ou à la conversion vers des activités plus diversifiées et utiles aux habitants.

Trafic de drogue rue de l’Orillon et prostitution rue Faubourg du Temple

Je ferai du quartier BSM l’un des zones d’action prioritaire de la politique municipale de sécurité publique que je mettrai en œuvre dans le 11ème arrondissement.

Déploiement de caméras de vidéoprotection et notamment au carrefour des rues de l’Orillon, Louis Bonnet et Vaucouleurs. Concernant votre quartier, les locaux de l’ancienne Vigie de la police nationale pourraient abriter une antenne de cette police municipale.

Culture pour tous

Nous demanderons la création d’une antenne du conservatoire dans le quartier ainsi que l’ouverture d’une bibliothèque municipale qui pourrait se situer rue Crespin du Gast.

Téléchargez les réponses complètes de Nelly GARNIER

Jacques LEFORT – Liste “Unis pour le 11e”

Marché de Belleville

Organiser le marché un jour de weekend parait pertinent, si l’on trouve assez de commerçants disponibles car ceux habitués aux marchés sont déjà installés sur d’autres marchés le week-end. Développer une offre de fruits et légumes qualitative, biologique et/ou circuits courts, en fromagerie, restauration sur place, pour plus de convivialité. Organiser le tri des déchets et des invendus avec des associations spécialisées.

Réfléchir à un autre usage du terre-plein du boulevard Ménilmontant avec les conseils de quartier.

Espaces verts

Ne pas construire pour aérer le quartier. Reconquérir les espaces verts actuels. Je proposerai au Conseil de quartier de recenser toutes les ressources potentielles de création d’espaces verts nouveaux.

Conseil de quartier

Un site internet pour les conseils de quartier. Un local pérenne pourra être étudié si l’activité du Conseil de quartier le justifie. Rétablir un observatoire parisien des Conseils de quartier indépendant. Rendre obligatoire l’inscription des vœux adoptés par les Conseil de quartier à l’ordre du jour des réunions des Conseils d’arrondissement. Payer de façon souple et rapide toutes les dépenses de fonctionnement dès lors qu’elles ont une utilité avérée pour le quartier.

Le fonctionnement des conseils de quartier doit être revu pour qu’ils soient davantage fréquentés. Tous les projets relatifs au quartier doivent y être discutés. Les commissions doivent être accompagnées par des techniciens de la mairie pour affiner les projets. Faire des réunions plénières des lieux de dialogues avec les habitants et pas des monologues d’élus.

Une conciergerie boulevard de Belleville

Bonne idée, qui pourra être testée en lien avec le Conseil de quartier et le Conseil citoyen afin de veiller à sa réelle efficacité.

Réaménager le carrefour République-Parmentier- Oberkampf

Proposer aux Conseils de quartier de prioriser ce sujet pour la mandature à venir, s’ils le souhaitent.

Requalifier la rue Saint-Maur

La plantation d’arbres sur quelques places de stationnement. Je ne suis pas favorable à la suppression d’une file de stationnement.

Apaiser la rue Faubourg du Temple entre le boulevard de Belleville et l’avenue Parmentier

Je ne souhaite pas continuer à embolir la ville avec des boulevards obstrués. La rue du Faubourg du Temple est un axe essentiel de circulation vers le centre de Paris. Par contre la rénovation des trottoirs et stationnement de cette rue me parait urgente. Le carrefour de Belleville sera en effet revu car il ne fonctionne pas.

Réaménager enfin le boulevard de Belleville côté 11e

Rénover intégralement les trottoirs côté 11e. La libération des étalages se fera toutefois avec discernement. Revaloriser le terre-plein central du boulevard en rénovant l’intégralité de son revêtement. Reprendre intégralement la piste cyclable avec des matériaux de qualité.

Commerces : locaux vacants et concentration des bars 

Mobiliser la SEMAEST non seulement pour limiter le nombre des débits de boisson, mais celui également les fastfoods, dans les secteurs où leur développement est le plus problématique. Un loyer adapté sera proposé pour les locaux dont la SEMAEST est propriétaire, dès lors qu’ils ne viennent pas en concurrence avec des commerces de même nature.

Trafic de drogue rue de l’Orillon et prostitution rue Faubourg du Temple

Reprendre en main cette situation, avec une brigade placée l’autorité directe du Maire, et un numéro de téléphone mairie disponible 24h/24 pour compenser les absences de réponse du commissariat.

Téléchargez les réponses complètes de Jacques LEFORT

Bouchra NAZZAL – Liste “Le Nouveau Paris avec Cédric VILLANI”

Marché de Belleville

Une étude préalable de faisabilité et d’impact du marché un jour de weekend, en concertation avec les habitants et les commerçants. Promouvoir les produits en circuits courts. Réforme de la gouvernance et de l’attribution des places, tout en y associant les conseils de quartiers avec l’objectif d’enrayer le déclin redynamiser le marché de Belleville et d’y encourager la diversité commerciale.

Espaces verts

Concevoir, avec les associations et les habitants, un projet alliant sport et nature sur le terrain actuel du TEP Ménilmontant

Conseil de quartier

Nous créerons une Agora citoyenne de Paris, composée pour moitié de citoyens tirés au sort.

Nous réformerons le budget participatif pour lui redonner sa légitimité. Ce budget ne doit pas servir à financer des dépenses correspondant à des compétences obligatoires, mais à des projets nouveaux portés par les habitants. Il sera possible de déposer des projets nécessitant des crédits de fonctionnement, à hauteur de 10 millions d’euros dès 2021.

Toute Parisienne et tout Parisien pourra donner de son temps, dans le cadre d’une réserve citoyenne pour assurer la solidarité entre les générations, le lien social et lutter contre l’isolement, etc.

Nous ferons un compte rendu de mandat annuel avec des échanges. Nous consulterons les Parisiennes et les Parisiens, que ce soit par référendum ou par le biais de consultations moins formelles, sur les sujets structurants, notamment les plus grands projets d’urbanisme.

Piétonniser les rue Oberkampf et Jean-Pierre Timbaud une fois par mois

Aménager, en concertation avec les habitants et les commerçants, un secteur du quartier apaisé, piétonnisé, végétalisé.

Une conciergerie boulevard de Belleville

Nous sommes ouverts à ce projet, après étude préalable. Les structures de l’économie sociale et solidaire sont insuffisamment développées à Paris : cinq fois moins qu’en moyenne sur l’ensemble du pays. Nous nous engageons à ce que le 11e arrondissement appuie fortement le développement de telles structures.

Tranquillité rue du Moulin Joly

Nous nous engageons à étudier sérieusement le départ de ce centre et de façon plus générale, à tout mettre en œuvre pour trouver une solution rapide pour mettre à l’abri les mineurs étrangers isolés qui se trouvent dans notre arrondissement. Nous saluons le travail remarquable fait par de nombreuses associations du 11e auprès de ces mineurs.

Réaménager enfin le boulevard de Belleville côté 11e

Nous proposons de réhabiliter les boulevards de Belleville, Ménilmontant et Charonne. Si nous sommes élus, nous veillerons, tout au long de notre mandat, à lutter contre la fracture territoriale que connaît le 11e, en rééquilibrant les investissements entre le nord et le sud de l’arrondissement.

Recréer des centralités et de lieux de convivialité dans le quartier

Dans certains secteurs, les principales intersections sont transformées en grandes places réservées aux piétons, aux enfants, aux familles. Par la plantation d’arbres en pleine terre. Chaque Parisien pourra y trouver un îlot de fraicheur et de calme à moins de 500 m de chez lui.

Commerces : locaux vacants et concentration des bars 

Une action publique directe sur les locaux stratégiques des quartiers en difficulté, mais aussi par l’accompagnement des porteurs de projet. Le programme Vital Quartier, mis en œuvre par la SEMAEST, sera renouvelé et étendu pour 5 ans, avec un budget de 35 M€, pour pérenniser la sauvegarde des commerces indépendants dans tous les arrondissements de Paris.

Des managers de quartier auront pour mission de faciliter la relation entre propriétaires fonciers et les porteurs de projets et de conseiller, et de faciliter la relation entre les commerçants, la mairie du 11e et les pouvoirs publics en général.

Trafic de drogue rue de l’Orillon et prostitution rue Faubourg du Temple

Alors que la Ville se défausse constamment sur l’État, il faut penser et organiser la sécurité et la tranquillité des Parisiens de façon globale. Une police municipale de 4.500 agents formés sera créée, soit 1000 agents de plus que les effectifs actuels. Assermenter les gardiens d’immeuble pour constater des délits et des infractions, ainsi que certains agents de maîtrise des services de la propreté, qui sont aujourd’hui les acteurs au plus près du quotidien de chacun.

Nous demanderons que les secteurs les plus sensibles de l’arrondissement fassent partie des sites parisiens pour lequel un plan d’action global sera envisagé, pour une sécurité renforcée.

Téléchargez les réponses complètes de Bouchra NAZZAL

François VAUGLIN – Liste « Paris en commun » avec Anne HIDALGO

François VAUGLIN a refusé de nous adresser ses réponses à notre questionnaire, comme d’ailleurs, Guillaume POITOUX, candidat de la liste « Ensemble PARIS » avec Agnès BUZYN. Toutefois, dans la mesure où comme chacun, nous disposons de son programme, nous en relatons ci-après les éléments qui concernent notre quartier.

Un marché bio ou une halle alimentaire. Une antenne du conservatoire et une bibliothèque du côté de l’Orillon.

Des pistes cyclables avenues de la République et Parmentier. Un élargissement des trottoirs des rues Faubourg du Temple et Oberkampf.

Trois immeubles de logements sociaux, dont un centre d’hébergement d’urgence, dans le secteur compris entre les rues Oberkampf, Crespin du Gast, Passage de Ménilmontant et boulevard Ménilmontant.

Densification, accès à la culture, boulevard de Belleville, espaces verts, lutte contre le trafic de drogue et commerces : Rachida DATI prend le contrepied de la politique conduite par Anne Hidalgo dans le quartier Belleville Saint-Maur depuis 20 ans et place la barre très haut.

Rachida DATI lors de sa visite boulevard de Belleville

Dans un courrier du 5 février 2020 aux habitants du quartier Belleville Saint-Maur, Rachida DATI et Nelly GARNIER, sa candidate à la Mairie du 11e arrondissement, présentent leurs orientations pour notre quartier. Ce courrier fait suite à leur visite du mois de janvier dernier.

Nous publierons naturellement tous les courriers des autres candidats dont nous aurions connaissance et nous comparerons les programmes. A ce stade de la campagne, disons-le, ces engagements sont certainement les plus ambitieux jamais présentés pour notre quartier.

Un marché de Belleville populaire, propre, plus diversifié et qui s’adresse à tous

Marché de Belleville de moins en moins régulé de moins en moins diversifié

Après des années de dérive, le marché de Belleville sera recentré sur une offre en produits frais et diversifiée. Elle étudiera également la possibilité d’organiser sa tenue un jour de semaine et un jour de weekend, pour permettre aux habitants du quartier qui travaillent en semaine, de profiter enfin de ce marché. Des espaces de convivialité seront créés. Le contrôle sur le délégataire sera renforcé et il sera mis fin à la politique de tolérance vis-à-vis des forains, qui ne respecteraient par le Règlement parisien des marchés découverts, notamment en matière de propreté et de tri des déchets.  

Le boulevard de Belleville laissé à l’abandon, côté 11e ,sera rénové et revalorisé. La piste cyclable sera sécurisée.

Conformément au vœu adopté par le Conseil de quartier Belleville Saint-Maur en avril 2015 et à la volonté exprimée par les habitants lors du budget participatif, le boulevard de Belleville côté 11e sera rénové. Les trottoirs seront intégralement repris et désencombrés. Le terre-plein central sera valorisé. La piste cyclable sera rénovée et protégée contre le stationnement sauvage.  

boulevard de Belleville : annoncé comme le grand projet pour le quartier lors des dernières élections. Son réaménagement n’ a pas eu lieu.

Rachida DATI s’engage à mettre fin à 20 ans de concentration de la précarité et de densification du quartier

Elle précise que notre quartier, le plus dense de Paris, souffre d’un manque criant de squares et n’a bénéficié dernières années d’aucun projet de création d’espace vert contrairement aux autres quartiers. Pour réparer cette injustice, elle s’engage à une réflexion sur la création d’un nouveau square dans le quartier. 

L’hôtel des Chansonniers, boulevard de Ménilmontant et l’espace de co-working, le Onzième lieu, rue Jean-Pierre Timbaud ne seront pas détruits pour être transformés en immeubles de logements sociaux.

Elle relève que c’est également dans notre quartier que les préemptions d’immeubles et de locaux d’activité pour réaliser du logement social sont les plus importantes dans le 11e, alors que Belleville Saint-Maur est déjà le quartier le plus pauvre de l’arrondissement et souffre d’un déficit d’emplois, quand les quartiers de République, Bastille et Nation sont exemptés de tout effort en matière de logements sociaux.  

La candidate s’engage donc à réviser le plan local de l’habitat (PLH) et le plan local de l’urbanisme (PLU) pour mettre un terme à cette politique de concentration des logements sociaux dans le quartier, qui ne profite d’ailleurs pas à ses habitants. Si cet engagement est mis en œuvre, l’hôtel “Les Chansonniers” et le Onzième lieu que la Mairie prévoit de préempter pour en faire des logements sociaux, seraient sauvés.

Le long du boulevard de Belleville le quartier est saturé en logements sociaux quand du côté de République aucun logement social n’a été créé.
Le secteur Ménilmontant/Crespin du Gast/ Bluets : la Mairie est en train d’acheter tous les immeubles à vendre les uns après les autres alors que le secteur est déjà socialement mixte.

Elle indique qu’elle veillera à ce que les bailleurs sociaux assument enfin leurs responsabilités vis-à-vis des locataires, notamment en matière d’entretien des parties communes et de propreté.   

Une bibliothèque à l’architecture respectueuse du quartier, plutôt qu’un immeuble de logements de 6 étages

Après des années de massacre urbanistique qui ont l’architecture des faubourgs de notre quartier mise à mal, la candidate prévoit de mettre en place des protections d’urbanisme pour les rues Oberkampf, Jean-Pierre Timbaud et Faubourg du temple, dont l’histoire et le caractère doivent être préservés. Cela devrait notamment empêcher la destruction de maisons et la sur-lélévation des dents creuses qui font le charme de notre quartier.

Concernant l’avenir de l’imprimerie située au 2-4 rue Crespin du Gast/angle rue Oberkampf, où la Mairie prévoit d’édifier un foyer de plusieurs étages, Rachida DATI s’engage à examiner la faisabilité d’un projet alternatif plus respectueux de cohérence urbaine. Sa candidate; Nelly GARNIER, nous a fait savoir depuis qu’elle demandera qu’on y installe une bibliothèque dont notre quartier est dépourvu.

l’immeuble du 2-4 rue Crespin du Gast

Rue du Moulin Joly : respect de riverains et dignité pour mes mineurs migrants

Les habitants de la rue du Moulin Joly retrouveront le calme mis à mal par l’installation du Dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (DEMIE) géré par la Croix Rouge, dans une copropriété privée et dans une rue étroite. Le centre sera transféré dans des locaux plus adaptés et un autre quartier.

Les mineurs migrants condamnés à errer dans le secteur de la rue du Moulin Joly en raison d’un gestion calamiteuse par la Mairie du dispositif d’évaluation

La rue Saint-Maur fera l’objet d’une opération d’aménagement et de végétalisation ambitieuse

Elle initiera un appel à projet d’aménagements qui intègrera des propositions sur l’apaisement et l’embellissement durable, ainsi que sur la sécurisation et le respect de l’équilibre de toutes les mobilités (piétons, vélos et véhicules).

Rue de l’Orillon : installation d’un poste de police municipale et d’une caméra de vidéoprotection pour mettre un terme à 40 ans de trafic de drogue et sécuriser le secteur

Elle indique qu’elle ne peut pas se satisfaire de la persistance du trafic de drogue rue de l’Orillon, à proximité des écoles et de l’Espace Jeunes. Elle demandera donc au Préfet de Police l’installation d’une caméra de vidéoprotection au carrefour des rues de l’Orillon, Louis Bonnet et Vaucouleurs pour dissuader les dealers de se livrer au trafic en pleine rue . Au besoin, les locaux de l’ancienne Vigie de la police nationale pourront abriter une antenne de la police municipale qu’elle mettra en place.  

Extrait d’un article du Journal Le Monde de 1981 : déjà la gangrène de la drogue dans le quartier.

Le cœur du quartier devenu un désert commercial sera revitalisé. Les rues Oberkampf, Timbaud et Saint-Maur seront apaisées.

Enfin, elle fixera des objectifs chiffrés à la SEMAEST concernant la lutte contre la vacance commerciale et la lutte contre la monoactivité des bars et fastfoods dans votre quartier. Elle se dit par ailleurs prête à examiner les possibilités d’expérimenter la mise en place d’une aide financière aux commerçants qui reprendraient des locaux vacants depuis 2 ans au moins ou envisageraient de muter un bar ou un restaurant en activité répondant aux besoins des habitants et à des critères de diversification de l’offre.

Pour télécharger le courrier de Rachida DATI et Nelly GARNIER

Des femmes en situation de grande fragilité accueillies dans le 11e arrondissement dans des conditions indignes

Par Danielle Simonnet, candidate à la mairie de Paris et dans le 20ème arrondissement pour Décidons Paris, Pépita Car et Laurent Bussière, binôme candidat à la Mairie du 11ème arrondissement pour Décidons Paris

« Le Palais de la Femme est un établissement dédié à la prévention de l’exclusion sociale et à l’insertion, réservé aux femmes majeures » peut-on lire sur le site de l’Armée du Salut, en charge de cette institution.Le Palais de la Femme est censé accueillir et accompagner entre 300 et 400 femmes en grande précarité, victimes pour nombre d’entre elles de violences sexuelles dans le cadre de relations conjugales ou de la prostitution. L’Armée du Salut promet « un toit pour celles qui ont connu les “bas de la vie” ». Mais aujourd’hui, le Palais semble s’être transformé en « Enfer de la femme »

Il y a 3 ans, le Palais de la Femme décidait d’accueillir des hommes en situation de grande précarité. Mais comment concilier les parcours de vie de ces hommes avec ceux des résidentes ? Comment peut-on encore parler de Palais de la Femme quand les femmes se sentent inquiètes au sein même de l’institution où elles sont venues chercher refuge? « On ne se sent plus en sécurité depuis leur arrivée » témoigne une résidente, d’autres témoignent d’actes sexuels effectués contre de l’argent. Mais pour la direction cette présence d’hommes dans le Palais de la Femme correspond à une étape de « socialisation », pour remettre les résidentes en contact avec la gent masculine! Et le pire arrive.

Cette semaine une résidente témoigne avoir été victime d’un viol. Elle vient de porter plainte.

La violence se vit aussi à bas bruit, concrètement dans le quotidien de la vie des femmes et du fonctionnement de l’institution. Les griefs des résidentes sont nombreux. En voici quelques-uns que nous avons pu constater nous-même et qui avaient déjà été publiquement relatés :

Conditions de vies indignes dans des studios de moins de 12m2 pour un loyer entre 426 et 490 € par mois. Saleté des communs, peintures craquelées, rats, souris, cafards, punaises de lit, chaleur intenable en été. Certains studios n’ont pas de kitchenette et les résidentes doivent utiliser des cuisines communes vétustes. Les éviers ne fonctionnent pas. Certaines ont dû manger froid pendant des mois faute d’accès à des plaques chauffantes ou des fours en état de marche. D’autres n’ont pas de frigo. Le tout sans jamais de compensation ni baisse de loyer, ici appelé redevance!

Accompagnement à la réinsertion qui semble être à la tête du client. Des dossiers traînent sans raison, des aides aux logements ne sont pas déclenchées et conduisent à l’endettement de certaines femmes qui n’ont rien. Des femmes censées rester en moyenne 3 ans sont ainsi là depuis plus de 15 ans!

La bibliothèque des résidentes, un des rares lieux communs permettant d’échapper à l’exiguïté des chambres, lire, utiliser un poste informatique, échanger ou se ressourcer, est de fait privatisée depuis des mois. Une convention d’occupation gratuite a livré ce bien commun pour une épicerie soi-disant « solidaire » qui vend des produits avariés, refuse les achats de moins de 5 euros – somme considérable pour des femmes précaires ! – et se tourne aussi vers une clientèle extérieure qui va et vient sans contrôle dans cet établissement où il faut pourtant montrer patte blanche pour rendre visite aux résidentes!

Le  sous-sol du bâtiment et les commandes des réseaux d’eau, de gaz et d’électricité (leviers de sécurité, compteurs, etc.) sont en accès libre! Le premier venu y entre comme dans un moulin, au risque notamment qu’un des enfants qui jouent dans les parages n’y provoque par inconscience un accident.

Pourtant le Palais de la Femme ne manque pas de moyens et de financements publiques, avec notamment 121 millions d’euros de subventions annuelles (chiffre de 2016), et un modèle économique reposant aussi sur la location des parties historiques du Palais, en plus des loyers-redevances de toutes les résidentes!

Tout cela a déjà été dénoncé. Les autorités sont au courant. Les femmes du Palais se sont organisées en collectif et elles rédigent en juin 2019 un appel qu’elles adressent très largement à la presse, à la Mairie de Paris, à la Mairie du 11ème, à la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes mais pour quelles réactions ? Aucune.

Aujourd’hui, nous ne pouvons plus faire semblant que tout va bien. L’enfer est à leur porte. Et nous ne pouvons pas les ignorer.

Danielle Simonnet, candidate à la mairie de Paris et dans le 20ème arrondissement pour Décidons Paris

Pépita Car et Laurent Bussière, binôme candidat à la Mairie du 11ème arrondissement pour Décidons Paris

Le texte original est ici

L’Afrofuturisme écologique s’expose à Oberkampf à partir du 12 mars prochain

Situé à l’angle de la rue Oberkampf et de l’avenue Jean Aicard, l’Espace OBERKAMPF propose depuis 2019 un nouveau concept de galerie proposant deux modes d’exposition intérieur / extérieur.

Le mur Espace OBERKAMPF, situé avenue Jean AICARD, fait 21 mètres de long et constitue une avant-scène de l’espace intérieur et accueille des fresques murales. La galerie, propose à l’intérieur l’accrochage de grands formats que la création d’installations ou de la projection vidéo. La galerie est ouverte du mercredi au samedi, de 14h à 18h30.

Du 12 mars au 18 avril prochain, vous pourrez admirer la nouvelle exposition de l’artiste Raphaël Féderici. Raphaël Federici, est un artiste plasticien anciennement connu sous le pseudo ParisSketchCulture (PSC). D’origine Corse et Camerounaise, il vit et travaille à Paris. Mais il se consacre quasiment exclusivement au voyage où il va à la recherche de murs à peindre. Raphaël Federici porte un regard témoin d’un écosystème en danger, convoquant la responsabilité de l’Homme face à son environnement.

Son exposition de peinture, sculpture et illustration, entièrement réalisées sur le principe de l’ »Upcycling » (objet réutilisés), sera à l’honneur durant un mois au cœur de notre quartier. L’artiste s’est engagé à utiliser le maximum d’éléments naturels pour ses créations, et ou recyclés, dans une démarche globale de prise de conscience environnementale.

Une fresque sera réalisée sur le mur extérieur de la galerie sur le thème de la déforestation Africaine, le 12 Mars 2020.

Les électeurs face au piège des promesses de piétonisation

Il ne se passe pas un jour sans que les candidats aux élections municipales n’annoncent des projets de piétonisation. Tantôt aux abords des écoles, tantôt des rues entières, tantôt des arrondissements entiers. Ainsi, si Anne Hidalgo est élue, les 4 anciens arrondissements du centre de PARIS et le Canal Saint-Martin seront rendus piétons, avec des conséquences sur le 11e arrondissement voisin, sur lesquelles nous reviendrons  

Le projet de piétonisation du Canal Saint de la Maire du 10e dans le cadre de sa campagne, aura des effets massifs sur la circulation dans le 11e arrondissement sans que ses habitants aient la possibilité de donner leur avis.

Alors, évidemment et spontanément on peut se dire « la piétonisation c’est super ! » Devant de telles promesses, chacun peut se projeter et espérer que cela soit piétonnisé devant chez lui lors de la prochaine mandature.

Mais soyons lucides. Il ne s’agit pas tant d’apaiser l’espace public ou de favoriser la place des piétons, que de lutter contre le trafic automobile. L’objectif premier est de « libérer Paris de la voiture » comme dirait David Belliard, candidat écologiste. Il suffit d’ailleurs de lire le rapport accablant de l’Inspection de la ville de Paris sur la gestion des terrasses, qui sont le problème numéro 1 dans notre quartier. Jamais l’espace public n’a été à ce point privatisé et sur-occupé.

La circulation ne va pas s’évaporer. Elle va se reporter sur les rues avoisinantes et parfois sur des rues moins adaptées pour accueillir un surcroit de trafic automobile, soit parce que la pollution y est déjà importante, soit parce qu’elles sont étroites. Ces projets de piétonisation ne feront pas que des gagnants, il y aura donc des perdants et des victimes.

On se rappelle d’ailleurs assez bien de l’opposition des habitants du quartier devant le projet de piétonisation partielle du boulevard de Belleville. Ce sont les secteurs les plus pauvres ou les plus pollués du quartier qui auraient été victimes du report. Ceux qui prennent le bus 89 auront pu également mesure l’impact de la piétonisation des berges de seine sur les quais hauts : des bouchons, toujours plus de bouchons. Parfois, un simple changement de sens de la circulation dans une rue suffit à pourrir la vie des riverains des rues avoisinantes comme ce fut le cas rue des Maronites, après la suppression d’un sens de circulation sur la rue de Ménilmontant.    

Les reports de circulation prévus s’agissant du transit en cas de piétonisation partielle du boulevard de Belleville

Penser que les futurs élus vont veiller à limiter les reports ou à les rendre soutenables est selon nous une vue de l’esprit. Ce n’est pas leur intérêt. En piétonnisant, on reporte augmente la circulation sur les riverains des rues avoisinantes, qui à leur  tour qui vont réclamer le départ des voitures, et ainsi de suite, par capillarité, jusqu’à éradication complète de la bagnole. En rendant la situation insupportable, on augmente le rejet social de la voiture et l’on gagne de nouveaux militants de la lutte contre les voitures. C’est un vieux principe : inoculer le mal est reste le meilleur moyen de développer des défenses naturelles.

Le Journal Le Parisien le montre très bien. La réduction de l’espace de la voiture ne signifie pas baisse de la pollution et moins de bouchons.  

Ces promesses de piétonisation posent également la question des critères d’identification des rares rues concernées. L’expérience nous montre que ce sont surtout les habitants les plus influents auprès de la Mairie, les plus mobilisés qui remportent la mise dans les projets d’aménagement, au détriment des sans-voix et des moins informés.

Rien n’indique donc que ces choix seront justes, ne serait-ce que socialement, ni même concertés. Mais les élus concernés auront beau jeu de dire « c’était dans notre programme », phrase très souvent entendue, oubliant au passage qu’ils s’étaient bien gardés de dire où et quelles en seraient les conséquences pour les autres rues des quartiers ou arrondissements voisins.

Un marché de dupe qui peut parfois se retourner contre les riverains des rues piétonnisées.

Y compris pour les rues piétonnisées, l’apaisement n’est pas toujours au rendez-vous. Il suffit de regarder ce qui se passe aux Halles ou rue Montorgueil faute de volonté de la ville de faire respecter leur caractère piétons.

Et s’il fallait choisir une rue dans le 11E arrondissement à piétonniser personne peut sérieusement penser que cela sera dans notre quartier. Piétonniser les rues Oberkampf, Saint-Maur ou Jean-Pierre Timbaud et ce sont aussi les clients des bars qui déferleront sur la chaussée au milieu de la nuit. Piétonniser la rue Faubourg du Temple et c’est la prostitution qui s’étendrait sur la chaussée. Piétonniser les rues de l’Orillon ou Louis Bonnet c’est offrir un cadre idéal et apaisé aux dealeurs.

Enfin, quand cela marche et que l’on parvient à apaiser la rue et y éviter que d’autres nuisances prennent le relais, on créera  un effet d’aubaine massif pour les propriétaires des immeubles de la rue concernée. On peut dès lors légitimement se demander au nom de quel principe et de quelle justice, on revaloriserait ainsi des biens immobiliers, déjà hors de prix, aux frais du contribuable. Est-ce d’ailleurs le rôle d’une collectivité territoriale de favoriser la spéculation ?

En conclusion, et on le voit, ce type de promesse est politiquement très habile, car chacun peut espérer le temps de la campagne que ce sera devant chez lui. En pratique, chacun aura moins de 1% de chance de voir ce rêve devenir réalité et au moins autant de chances d’en faire les frais.

Découvrez le questionnaire adressé aux candidats à la Mairie du 11e arrondissement

Notre quartier souffre d’un retard considérable d’entretien de voirie, de manque d’espaces verts. son tissu commercial rencontre de nombreuses problématiques comme les locaux vacants dans le cœur du quartier et la monoactvité de bars dans les rues Oberkampf, Timbaud et Saint-Maur.

A quelques semaines des élections, nous avons voulu savoir ce que proposaient les candidats pour notre quartier. Vous trouverez ci-après le message qui leur a été adressé et plus bas, un lien vers le questionnaire. Nous publierons les réponses reçues, ainsi que l’analyse que nous en faisons.

Mesdames et Messieurs les candidats et candidates,

Nous vous prions de bien vouloir trouver en pièce-jointe une questionnaire qui vous est adressé dans la perspective des prochaines échéances. Naturellement, vous êtes libres d’y apporter des compléments d’information sur d’autres propositions qui concerneraient le quartier ou de ne pas répondre à certaine d’entre-elles. Un retour est attendu pour le lundi 24 février 2020, 20h.

L’analyse qui en sera faire fera l’objet d’une publication sur notre site internet (22.000 vues annuelles) et d’une édition papier tirée à 5.000 exemplaires. Les réponses seront également toutes publiées.


S’il n’entre pas dans vos intentions d’y répondre, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous le faire savoir, pour ne pas pénaliser les autres candidats et le débat démocratique, en retardant inutilement l’exercice. Dans ce cas, le candidats/la candidate est réputé(e) être défavorable à ces propositions/ ne pas souhaiter les mettre en œuvre dans le cadre de son programme

En transparence avec vous, nous informons que les propositions qui vous sont soumises, ont fait l’objet d’une cotation réalisée à partir des votes des habitants du quartier. Le nombre de soutiens s’échelonne de 48 votes pour le projet le moins populaire à 1.673 pour le plus populaire.

Vous le savez, le taux d’abstention dans notre quartier est de 5 à 10 point inférieur à celui  constaté dans l’arrondissement. Nous nous fixons comme objectif de réduire cet écart d’un tiers à l’occasion de cette échéance. Vous avez, comme candidat(e), une responsabilité particulière pour raccrocher ses habitants de notre quartier aux institutions et les intéresser au débat démocratique.

Nous vous en fournissons ici l’occasion.

POUR TELECHARGER LE QUESTIONNAIRE CLIQUEZ ICI

Quels commerces pour le quartier Belleville Saint-Maur en 2020 ? découvrez nos propositions

Le quartier souffre historiquement d’un problème important de vacance commerciale  dans ses rues intérieures. Cela avait conduit la ville a créé la SEMAEST un organisme chargé de préempter les locaux vacants pour y installer des commerces depuis 2004.

En 2016, l’objectif a été élargi à la lutte contre la prolifération des bars, avec l’objectif d’y diversifier les commerces.

Un bilan marqué par l’abandon de notre quartier et l’aggravation des fractures commerciales.   

Après 15 ans, il y a dans le quartier deux fois moins de commerces pour 1.000 habitants qu’en moyenne,  dans le 11e arrondissement.

La situation de l’artisanat est catastrophique. Il est assez notable par exemple d’observer par exemple que sur les très nombreux lauréats du Concours « Fabriqué à Paris » en 2019, aucun n’est établi dans notre quartier.   

La mairie a aggravé la situation en accordant des autorisations visant à transformer des locaux d’activité en logements, intensifiant ainsi la désertification commerciales de nos rues. 

Contrairement aux engagements pris par le Maire du 11e arrondissement et la présidente de la SEMAEST aucun local n’a été préempté pour lutter contre la prolifération des bars. Les activités d’hôtellerie et de restauration sont surreprésentées : 27 %, contre 16 % à Paris.

Selon le bilan dressé en 2018 par le Conseil de quartier, le nombre d’acquisitions de locaux par la SEMAEST dans notre quartier est 5 fois inférieur à l’investissement dont elle fait montre dans le quartier Sedaine-Popincourt.

Cette asymétrie dans le traitement des quartiers du 11e arrondissement, qui ne peut qu’accélérer le décrochage de notre quartier vis-à-vis des quartiers, n’est pas admissible.

Nous ne pouvons pas non plus souscrire à la tentation de la SEMAEST de privilégier dans sa politique d’intervention, l’acquisition de locaux présentant les meilleurs potentiels de revente. Il nous semble, au contraire, qu’il faut intervenir sur les situations les plus difficiles, sauf à envisager un renforcement de la partition commerciale du quartier, qui serait intolérable.

Propositions :

La lutte contre le développement des bars passe par des préemptions mais également par une politique  cohérente

Nous demandons d’abord que la situation du quartier Belleville Saint-Maur fasse l’objet d’un traitement paritaire avec celle de quartier Sedaine-Popincourt et pour y parvenir, qu’un rattrapage en termes d’acquisitions de locaux soit engagé et opéré sans tarder.

La Mairie de Paris n’est par ailleurs pas démunie de moyens juridiques. Et le droit de préemption ne saurait constituer le seul mode de régulation des débits de boisson dans notre quartier.

La cohérence militerait ainsi pour que le refus de droit d’occupation du domaine public (terrasses) soit plus systématiquement envisagé et opposé pour dissuader l’installation des débits de boisson ou faciliter leur départ, dans les zones les plus concernées par cette problématique.

En effet, nombre de projets d’installation de débits de boisson dans le quartier n’auraient pu voir le jour, s’ils n’avaient fait l’objet d’une de la part des services de la mairie d’une très grande bienveillance. 

Par ailleurs, il doit être constaté que la Mairie n’utilise pas ses prérogatives en matière d’urbanisme commercial.

La multiplication des devantures de restaurants et débits de boisson, intégralement escamotables, génère une amplification du bruit à des niveaux sonores insoutenables pour les riverains, en particulier le soir et la nuit, en particulier rue Jean-Pierre Timbaud.

Une réflexion doit également s’ouvrir sur détournement des licences de restauration.

Alors que la loi prévoit que pour les restaurants, la boisson n’est que l’accessoire du repas, celle-ci tend, dans certains restaurants du quartier, à devenir la principale prestation et source de revenus, accompagnée dans le meilleur des cas, par une simple planche de fromages ou de charcuteries. Chacun connait les dérives engendrées par cette pratique, en termes d’ivresse sur la voie publique et de nuisances sonores.

L’expérience récente montre par ailleurs que le développement de brasseries artisanales, de restaurants ou d’auberges de jeunesse, promu par la Mairie, a favorisé le développement des nuisances.

En effet, la multiplication des évènements visant à attraire des publics supplémentaires, l’organisation de soirées musicales dans ces établissements, l’intensité de leur utilisation du domaine public produisent les mêmes effets que les débits de boisson.

La SEMAEST doit donc être mobilisée non seulement pour limiter le nombre des débits de boisson, mais celui également des restaurants, dans les secteurs ou leur développement est le plus problématique.

Les secteurs prioritaires     

En termes de densité de débits de boisson et restaurants, la rue Oberkampf est presque à saturation. La priorité parait donc devoir être donnée à l’acquisition des locaux des débits de boisson existants, pour en faire diminuer le nombre. A cet égard, un objectif de 20% en 6 ans paraît raisonnable

S’agissant de rues Jean-Pierre Timbaud et Saint-Maur, il subsiste, un potentiel de développement supplémentaire des débits de boisson, qui appelle une politique volontaire de prévention, qui passe par le repérage de locaux commerciaux qui sont susceptibles d’accueillir cette activité et leur acquisition.

Une attention particulière doit être portée à la rue Edouard Locroy sur laquelle est en train de se créer un véritable corridor de nuisances entre Timbaud et Oberkampf.

Sur ces 4 rues, une réflexion doit également s’ouvrir concernant l’acquisition des locaux commerciaux exigus, propices à l’installation de vendeurs d’alcool ou de produits de restauration rapide, responsables pour une large part des souillures qui affectent ce secteur. 

La lutte contre la vacance commerciale

Il est essentiel de ne pas diluer l’intervention de la SEMAEST, mais au contraire de concentrer ses efforts sur le cœur de quartier, qui est dépourvu de commerces, ainsi qu’en atteste les travaux de l’APUR.

Il est suggéré de retenir les rues Moret, de l’Orillon, du Moulin Joly et Morand, dont la situation commerciale est objectivement dégradée, voire quasi-inexistante, avec pour objectif d’y créer des polarités commerciales.

Les expériences récentes montrent que l’acquisition par la SEMAEST d’un unique local isolé dans une rue est particulièrement difficile à louer et ne suffit pas à créer une dynamique commerciale.

Les projets d’acquisition doivent donc impérativement porter sur plusieurs locaux et s’accompagner d’un travail sur la complémentarité des commerces. Un magasin de jeux trouvera ainsi plus facilement sa place à proximité d’une librairie et une crèmerie serait plus pertinente à proximité d’une boucherie ou d’un caviste. 

Il conviendra là encore de veiller à la cohérence des choix politiques opérés par la Mairie du 11e arrondissement. Ainsi, la création d’un centre d’Évaluation des Mineurs Isolés Étrangers au 5 rue du Moulin Joly, qui génère le stationnement sur la voie publique de mineurs ou jeunes majeurs migrants souvent agités, en nombre important et la distribution non encadrée de repas sur l’espace public, juste en face d’un local commercial pour lequel la SEMAEST a eu énormément de difficultés à trouver preneur, est incompatible avec le développement commercial de ce secteur, souhaité par les habitants.

Typologie des commerces

La nature des commerces installés par la SEMAEST doit faire l’objet d’une vigilance particulière et répondre aux besoins effectifs des habitants du quartier.

Dans un contexte où l’actuelle mandature a vu se renforcer la fracturation commerciale au sein du quartier, le maintien de commerces accessibles à tous au sud du quartier et la promotion d’une plus grande diversité commerciale et d’une offre de meilleure qualité au nord doit être recherchée.

Nous observons à cet égard que le quartier accuse un retard certain en termes d’offre en produits biologiques et issus des circuits courts, par rapport aux autres quartiers du 11e arrondissement, ce que confirme l’analyse de la BDCOM.

Une attention particulière doit également être portée à la démographie médicale dans le quartier tant pour les médecins généralistes, que pour les spécialistes pour un meilleur service aux habitants dont les besoins sont importants.

Si le quartier apparait particulièrement bien doté en librairies généralistes, il n’en va pas de même des magasins de presse qui ont tous fermé contrairement à la situation qui prévaut à Belleville (20e). Un effort pourrait être envisagé.

La question des salons de thé-chicha est fréquemment évoquée, notamment leur concentration sur la rue Saint-Maur. Toutefois en l’absence de problème avéré et au regard de leur importance pour la socialisation, notamment des jeunes, nous ne proposons pas d’action particulière à ce stade, si ce n’est, en cas de cession, de parer à l’installation d’un débit de boisson.

La situation des populations immigrées doit également appeler une réponse dans un contexte où la quasi-totalité des cafés dits communautaires ont été remplacés par des bars qui leur sont inaccessibles (à l’exception des cafés tabacs/ PMU) et la tendance des bars et brasseries du quartier à refuser de servir des boissons chaudes après 16H.

Les intéressés se voient aujourd’hui privés de lieux de socialisation bon marché où jouer aux cartes et aux dominos. Cette situation est accentuée par la politique de transformation des hôtels de location dits « au mois » en logement social. Aujourd’hui, les mosquées et salles de prière, le Mac Donald et les bancs publics constituent les derniers lieux de socialisation de ces habitants, notamment des Chibanis. La création d’un café associatif au sein du quartier répondrait à cette problématique. 

Enfin, nous ne sommes pas opposés à l’installation d’activités « calmes » de services (hors commerce) aux particuliers ou aux entreprises dans le quartier, ainsi qu’au développement d’activité artisanales. Celles-ci doivent toutefois être en priorité ciblées et localisées sur les artères les plus concernées par les nuisances et non sur les rues souffrant déjà d’un déficit d’animation.

Ainsi, l’installation par la SEMAEST de la Fontaine O Livres, rue de Vaucouleurs a permis de mettre fin à la vacance d’un local. Toutefois, Cet établissement étant complètement fermé au quartier, il ne contribue pas à son animation, dans un secteur pourtant déjà sans vie. De la même manière, l’installation par un bailleur social des bureaux du théâtre de Belleville, rue de l’Orillon, répond pas aux attentes et aux besoins des habitants, ni aux enjeux de ce secteur.

Expérimenter une aide à la création ou la conversion de commerces dans le quartier

Il est proposé d’accompagner une évolution nécessaire de ces commerces et locaux commerciaux, par le versement d’une aide à la création ou à la conversion vers des activités plus diversifiées et utiles aux habitants telles que la vente de  produits alimentaires biologiques, issus de circuits courts, habillement, équipement de la maison,  produits culturels, etc…

Le montant de l’aide à l’investissement sera plafonné à 30.000€ par commerce.  La nature des  dépenses prise en charge sera très large : travaux de transformation intérieure et extérieure du commerce, mobilier, présentation des produits, hygiène, attractivité, environnement de travail, sécurité, économies d’énergie, tri, recyclage,  etc..

L’allocation de l’aide se fera dans le cadre d’un appel à projets.

Pour télécharger nos propositions cliquez ici

Des nouvelles du réaménagement du square Jean Aicard

Les habitants ont voté deux années de suite pour le réaménagement du square Jean Aicard dans le cadre du budget participatif pour un budget de 450.000€. Une 1ère réunion de diagnostic et d’échanges de vues entre les porteurs de projet a eu lieu à la Maire du 11e arrondissement.

Diagnostic :

Le square est divisé en 3 parties séparées, séparées par deux placettes, dont l’une est fermée à la circulation.

Le square est installé sur un terre-plein. C’est en réalité un couloir de  200 m de long et seulement 12,5M de large. Entouré d’immeubles assez hauts, il ne bénéficie pas d’un important ensoleillement. L’absence d’ouverture latérale le rend peu accueillant. La largeur insuffisante du square explique qu’il ne compte pour seule végétation que les haies qui l’enserrent. On pourra difficilement faire mieux. Les douze arbres autour du square pourraient éventuellement voir leurs pieds végétalisés.

1ere partie : l’aire de jeu de 330m² est en mauvais état. Des équipements ont été retirés non remplacés, d’autres sont dégradés. Ils seront remplacés.

Le 2ème espace, qui est le plus petit des trois, comporte une table de ping-pong, des bancs pour se poser et 4 jardinières partagées, qui sont également en mauvais état, mais leur remplacement est prévu. Une équipe du centre d’accueil thérapeutique est présente une fois par semaine pour s’en occuper, mais leur usage doit être dynamisé.

Le boulodrome, qui est le 3ème espace du square, est très vaste (54 m de long). Selon la Mairie et certains riverains, il reste sous-utilisé. Seule une partie sert aux parties de pétanques, l’autre est en générale libre, sauf évènement particulier.

Débats :

Les possibilités de réaménagement du square sont objectivement limitées. La présence importante de réseaux souterrains empêchent par exemple de déplacer les grilles ou d’étendre le square en reprenant de l’espace sur les placettes situées entre les 3 parties du square.

Pour le boulodrome, l’idée serait que cet espace (qui est en théorie ouvert à tous à l’exception du club house) serve également à d’autres activités. Le partage de l’espace simultané pose toutefois la question de la protection contre le jet de boules de pétanque.

Les débats ont également porté sur le sort des placettes. Elles pourraient être agrémentées d’assises. Les pavés pourraient être enherbés. Le Conseil de quartier a toutefois insisté sur la nécessité de consulter les riverains devant le risque de nuisances.

Les associations (prévention spécialisée et Centre Victor Gelez) ont alerté sur le fait que l’un d’elle sert de terrain de foot pour les jeunes du quartier et proposent de transférer cette activité sur l’espace dédié table de ping-pong et au repos ou sur le boulodrome. Une autre solution, moins satisfaisante, pourrait consister à faire fermer cette  placette pour leur permettre de jouer en toute sécurité.

On peut comprendre la demande d’espace pour faire du foot. Toutefois, il y a un problème de cohérence, la Mairie a détruit le TEP de l’Orillon pour le transformer en gymnase et le TEP Ménilmontant a également été détruit. Elle a également refusé de discuter des usages de la place Jean Ferrat, en y installant des rochers d’escalade.

Nous ne sommes pas certains que transformer un square aussi petit en terrain de foot, dans un quartier dépourvu d’espaces verts, soit la solution. Nous tenons au maintien d’un espace de respiration. En outre, la table de ping-pong a été financée par le Conseil de quartier et c’est le seul équipement de ce type dans le quartier.  

Enfin, cette idée sur laquelle les associations ont très largement insisté pose la question de la place des filles dans l’espace public. Nous serons très attentifs.

Une solution aurait été de récupérer l’intégralité du boulodrome. Mais on peut comprendre le refus des boulistes de quitter leur espace. Ils l’entretiennent et régulent le secteur depuis des années et des années. Encore fallait-il leur proposer un autre espace. Pour notre part, nous étions et restons partisans de la création d’un terrain de pétanque sur la place jean Ferrat, ce qui permettrait de libérer complètement le square de cet usage quasi-privatif.

Enfin le cas de pigeons a été évoqué. Ce problème est bien connu des riverains et des usagers du square. Une solution devra être trouvée avec par exemple la création d’un pigeonnier.

En conclusion, à ce stade rien n’est arrêté.  Nous vous donnons rendez-vous après les élections municipales pour une réunion ouverte aux habitants et riverains.

Galeries d’art à Belleville : la fin d’une époque ?

Le Journal des Arts, dans un article récent, alerte sur le devenir des galeries de Belleville.

Le Journal des Arts nous annonce ainsi le départ d’Antoine Levi, une galerie majeure de Belleville et de la rue Ramponeau, qui quitte le 20e arrondissement pour rejoindre le centre de Paris. Il rappelle que plusieurs espaces d’exposition ont fermé récemment.

Après une décennie d’effervescence, Belleville aurait perdu de son éclat.

Quand tout commence en 2003, le quartier présentait des atouts en termes à la fois de centralité et de loyer raisonnable. C’était aussi une zone de mixité sociale et cela correspondait aux valeurs progressistes des artistes. C’est à Belleville que les choses se faisaient. Selon un galeriste, “ces galeries ont été les premières à montrer l’art émergent d’artistes internationaux”.

Parmi celles qui ont réussi à se faire une place dans le monde de l’art grâce à Belleville, comme High Art, Gaudel de Stampa, et bientôt Antoine Levi, plusieurs ont dû déménager car le quartier ne permet pas de se développer. Selon une de ces galerie, “les loyers de Belleville ont augmenté et il y a très peu d’opportunités en termes d’espace pour s’agrandir”.

Pour Philippe Joppin, de High Art, qui a déménagé en 2017 dans le 9e arrondissement, c’était aussi une question d’image. « Notre espace ne correspondait plus à ce que l’on voulait refléter. Nous voulions plus de visibilité, plus de passage et renouveler les expositions de nos artistes »,

Belleville rassemblait jusqu’ici neuf galeries en son épicentre et vingt à l’échelle de l’arrondissement. L’association « Le Grand Belleville » rassemble désormais la plupart des galeries du quartier. Il y a une véritable volonté de faire de Belleville un lieu culturel, un passage obligé dans le parcours des collectionneurs. Il règne un réel « esprit de quartier » entre les galeries, qui organisent des événements en commun comme des dîners et vernissages.

Toutefois, outre la question du loyer, le temps de l’effervescence serait révolu. « Il faut reconnaître un certain essoufflement de Belleville qui est lié notamment à l’implosion du marché de l’art, analyse Antoine Levi. Il y a un affaissement des visites à Paris, un trop-plein de foires et le public se dilue. ».

Pour de nombreux galeristes, le foisonnement de l’offre à Paris rend caduque la notion de “quartier“. “ Il y a une telle dispersion et Paris est si cher qu’il n’y aura plus d’espace fédérateur pour les galeries », estime Denis Gaudel. « Bientôt, avec le Grand Paris, les frontières géographiques de la ville vont évoluer, il n’y aura plus d’idée de quartier », ajoute Philippe Joppin.