CORONAVIRUS et mineurs migrants rue du Moulin Joly : Anne HIDALGO devrait être poursuivie en justice pour mise en danger de la vie d’autrui par les habitants du quartier Belleville Saint-Maur

Dans un courrier du19 mars dont nous avons eu copie, les habitants de la rue du Moulin Joly, où la Maire de Paris a installé un centre d’évaluation des mineurs migrants étrangers isoles géré par la Croix rouge, ont mis en demeure la Maire de Paris de fermer immédiatement le centre ou aucune règle de sécurité n’est appliquée et ou le niveau de tension est devenu insoutenable.

Précisons en effet que la Maire de Paris qui est également un département est juridiquement responsable de l’aide sociale à l’enfance et notamment des mineurs migrants. Le problème ici ce ne sont pas les mineurs à la rue, qui au contraire, sont en pleine panique, dans ce contexte de forte contagion du coronavirus, alors qu’aucune mesure n’a été prise pour les protéger.

En décidant, en plein confinement, de laisser ouvert ce centre et errer dans les parties communes de l’immeuble des mineurs qui sont à la rue et potentiellement contagieux, sans aucune mesure de distanciation, ni masque, ni gel hydralcoolique, la Maire de Paris met en effet clairement en danger la vie des habitants de l’immeuble et des mineurs étrangers.

Voici le texte du courrier :

Paris, le 19 mars 2020

Madame la Maire de Paris,

Cela fait quatre années que la Mairie de Paris est interpelée sur les conséquences de sa décision d’installer le Dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (DEMIE) dans notre copropriété, 5 rue du Moulin Joly, dans le quartier de la Fontaine au Roi et qu’elle refuse de façon toujours réitérée de transférer dans un lieu plus adapté, au mépris de la sécurité et de la tranquillité des riverains, ainsi que de la santé et la qualité de prise en charge des jeunes migrants.

Aujourd’hui, alors que nous sommes en pleine crise sanitaire, notre copropriété et les riverains de la rue du Moulin Joly paient encore une fois les conséquences de cette décision, où un palier a été de nouveau franchi. 

Vous avez en effet fait le choix, en dépit des décisions du Président de la République et des risques avérés pour la santé des riverains et des jeunes, de maintenir ce centre, quand l’État, lui, en responsabilité, prorogeait les titres de séjour des étrangers de 3 mois pour éviter précisément des conséquences désastreuses pour leur santé et celle des fonctionnaires d’accueil des préfectures.

Ainsi, lundi 16 mars et mardi 17 mars, de très nombreux jeunes étaient agglutinés aux grilles de notre immeuble et s’impatientaient de ne pas être reçus par la Croix Rouge, tapant, criant, cognant et se battant, contraignant la Police à intervenir.

Mercredi 18 mars, la situation est restée extrêmement tendue et non conforme aux règles de distanciation sociale et de gestion des flux. La grille sécurisée d’accès à notre immeuble a été dégradée par des jeunes souhaitant entrer au DEMIE, laissant notre copropriété libre d’accès. Je rappelle que cette grille fait partie des parties communes de notre immeuble.

Comme ailleurs, des bandes blanches ont été dessinées sur le sol pour tenter de réguler la file d’attente. Comme prévisible, cela n’a eu aucun effet sur des jeunes, qui sont en situation de souffrance et désespérés.

Ce jeudi 19 mars, la situation n’a cessé de s’aggraver. Plusieurs riverains ont été contraints d’appeler la police, donnant lieu à deux interventions de celle-ci dans l’après-midi.

Les jeunes sont collés les uns aux autres sans aucune mesure de protection

Plus que jamais, le climat dans notre immeuble et à ses abords est délétère et anxiogène. Je vous rappelle à cet égard que dans cet immeuble vivent des personnes fragiles : âgées, enfants, et qu’ils partagent partiellement l’accès aux parties communes avec ces mineurs isolés dont aucun n’a été testé au Coronavirus, dont aucun ne bénéficie d’un masque de protection et dont aucun ne respecte les règles élémentaires de distanciation.

Ainsi, en maintenant ce Centre dans notre copropriété, plutôt que de le transférer dans des locaux ou équipements appartenant à la Ville, comme les gymnases ou les mairies d’arrondissement, vous exposez ses habitants à un risque élevé de contagion au CORONAVIRUS et une charge anormale et spéciale, constitutive d’une rupture d’égalité devant les charges publiques, susceptible d’engager la responsabilité de la ville et de l’Etat.

Par ailleurs, dans un quartier où chacun -et notamment la presse- peut observer les difficultés à suivre les règles de sécurité visant à prévenir la diffusion du coronavirus parmi la population, vous organisez vous-même sa diffusion au sein de la population du quartier.

Vous prenez par ailleurs le risque inconséquent de décrédibiliser les consignes de prudence et de sécurité de l’Etat aux yeux des habitants. Comment en effet expliquer à ceux-ci l’importance des règles de prudence, quand vous concentrez devant notre immeuble sur un trottoir qui fait moins de 2 mètres de large, des dizaines de mineurs complètement délaissés ?

Compte tenu de ces éléments, je vous mets par la présente en demeure de procéder à la fermeture immédiate de ce centre. Je vous informe par ailleurs que j’ai demandé à notre SYNDIC d’étudier les suites juridiques à donner à un éventuel refus, y compris par voie de référé.

Avant, c’était la tranquillité et la sécurité des riverains qui était atteinte par votre décision. Aujourd’hui c’est leur santé, voire leur vie. Nous ne l’accepterons pas.

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