Galeries d’art à Belleville : la fin d’une époque ?

Le Journal des Arts, dans un article récent, alerte sur le devenir des galeries de Belleville.

Le Journal des Arts nous annonce ainsi le départ d’Antoine Levi, une galerie majeure de Belleville et de la rue Ramponeau, qui quitte le 20e arrondissement pour rejoindre le centre de Paris. Il rappelle que plusieurs espaces d’exposition ont fermé récemment.

Après une décennie d’effervescence, Belleville aurait perdu de son éclat.

Quand tout commence en 2003, le quartier présentait des atouts en termes à la fois de centralité et de loyer raisonnable. C’était aussi une zone de mixité sociale et cela correspondait aux valeurs progressistes des artistes. C’est à Belleville que les choses se faisaient. Selon un galeriste, “ces galeries ont été les premières à montrer l’art émergent d’artistes internationaux”.

Parmi celles qui ont réussi à se faire une place dans le monde de l’art grâce à Belleville, comme High Art, Gaudel de Stampa, et bientôt Antoine Levi, plusieurs ont dû déménager car le quartier ne permet pas de se développer. Selon une de ces galerie, “les loyers de Belleville ont augmenté et il y a très peu d’opportunités en termes d’espace pour s’agrandir”.

Pour Philippe Joppin, de High Art, qui a déménagé en 2017 dans le 9e arrondissement, c’était aussi une question d’image. « Notre espace ne correspondait plus à ce que l’on voulait refléter. Nous voulions plus de visibilité, plus de passage et renouveler les expositions de nos artistes »,

Belleville rassemblait jusqu’ici neuf galeries en son épicentre et vingt à l’échelle de l’arrondissement. L’association « Le Grand Belleville » rassemble désormais la plupart des galeries du quartier. Il y a une véritable volonté de faire de Belleville un lieu culturel, un passage obligé dans le parcours des collectionneurs. Il règne un réel « esprit de quartier » entre les galeries, qui organisent des événements en commun comme des dîners et vernissages.

Toutefois, outre la question du loyer, le temps de l’effervescence serait révolu. « Il faut reconnaître un certain essoufflement de Belleville qui est lié notamment à l’implosion du marché de l’art, analyse Antoine Levi. Il y a un affaissement des visites à Paris, un trop-plein de foires et le public se dilue. ».

Pour de nombreux galeristes, le foisonnement de l’offre à Paris rend caduque la notion de “quartier“. “ Il y a une telle dispersion et Paris est si cher qu’il n’y aura plus d’espace fédérateur pour les galeries », estime Denis Gaudel. « Bientôt, avec le Grand Paris, les frontières géographiques de la ville vont évoluer, il n’y aura plus d’idée de quartier », ajoute Philippe Joppin.

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