Marché de Belleville : des installations vétustes et un manque de diversité

vignette marché de belleville

Après avoir saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) nous avons enfin pu prendre connaissance du bilan de l’exécution de la gestion 2014 du Marché de Belleville. il n’est pas bon et rejoint assez largement les observations des riverains qui nous sont parvenues l’an dernier.

Les installations du marché de Belleville sont dans un état de vétusté avancé

Plusieurs observations du gestionnaire concernent la gestion par les services de la Mairie de Paris et ERDF des équipements publics. Elles sont assez alarmantes.

Ainsi, le poste de transformation souterrain fournissant en électricité les marchés de Belleville et du Père Lachaise ne fonctionne plus depuis le 17 juin 2014.Il est impossible de le réparer, car les pièces détachées n’existent tout simplement plus ! ERDF aurait fait savoir au gestionnaire qu’il refuse d’effectuer un branchement sur une installation d’une telle vétusté. Le courant est actuellement fourni grâce a à un branchement sur une armoire provisoire.

S’agissant de l’alimentation en eau, le Marché de Belleville a concentré à lui seul 26 % des interventions pour des fuites d’eau des 23 marchés du Nord-Est parisien. Les fuites, sont selon le gestionnaire, sont essentiellement liées à l’usure d’un matériel vieillissant. Ce dernier regrette par ailleurs les délais d’intervention trop longs des services d’Eau de Paris.

Fréquentation : le marché fait le plein

Selon le gestionnaire, la fréquentation du Marché serait excellente et sa notoriété a largement dépassé les limites de l’arrondissement. Le Marché fait effectivement le plein (3,2% d’emplacements vacants seulement), alors que celui du Père Lachaise est déserté (34% des emplacements vacants).

Miel, champignons et vin à Bastille ; pommes de terre, ail et oignons à Belleville

En ce qui concerne l’offre commerciale, là les choses se corsent. Le manque de diversité est criant.

La moitié de l’offre du marché de Belleville est constituée de fruits et légumes et ne comporte aucun emplacement dédié au BIO. A Bastille, dans l’autre grand marché du 11e arrondissement, les fruits et légumes ne représentent qu’un quart de l’offre du marché de Bastille, mais il compte 4 revendeurs BIO. Pour la diversité on repassera donc.

Deux chiffres permettent de cerner la carence de l’offre sur le plan qualitatif. On notera d’abord qu’il y a 4 fois plus de revendeurs de pommes de terre, ail et oignons à Belleville qu’il n’y en a à Bastille, mais en revanche 3 fois moins de vendeurs de produits de crémerie. Les gastronomes de Belleville en seront donc pour leurs frais ! … sauf s’ils aiment les patates.

On croyait que Belleville était le temple de la diversité et du cosmopolitisme. En réalité, à part des produits orientaux, on ne trouve pas grand-chose. Ainsi, si on trouve sur le marché de Bastille des vendeurs de produites antillais, arméniens, auvergnats, périgourdins, grec, italien, polonais, à Belleville, il n’y en a absolument aucun. Le même constat s’impose s’agissant des charcutiers traditionnels : si Bastille en compte 6 au total, il n’y en a aucun à Belleville.

Dernier indice du manque de diversité : aucun producteur ou revendeur de vin, de champignons ou de miel n’a pu être recensé sur le marché de Belleville, alors qu’ils sont respectivement 5, 2 et 2 à Bastille.

Mais alors que vend-on à Belleville ? Eh bien, si les vendeurs de produits diversifiés y sont absents comme on vient de le voir, en revanche les revendeurs d’objets divers, souvent de mauvaise qualité, sont eux très nombreux.

En effet, en totale contradiction avec les priorités affichée par la Ville de Paris (produits frais, de qualité, et BIO), les vendeurs d’objets divers constituent à eux seuls près de 10% de l’offre du marché de Belleville, contre 3,5% à Bastille.

Enfin, on relèvera que le gestionnaire du marché indique ne pas avoir reçu de plainte concernant la mauvaise qualité des produits du marché. Il convient toutefois de certains reproches tenant à la difficulté de circuler dans les allées de marchés du Nord-Est et du bruit notamment des ventes à la criée. Si les commerçants se plaignent que les marchés du nord-est parisien ne soient pas toujours en bon état de propreté à l’ouverture, le gestionnaire le réfute.

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